Ciné Manuel (Hernán Mauricio Ocampo) Julian (Nolberto Sánchez) Poca Luz (Genaro Aristizábal)

Publié le 26 avril 2011 | par Mr Méchant

0

Les couleurs de la montagne (Los colores de la montaña)

Il était une fois en

(Date de sortie cinéma : 27 avril 2011 – Titre original : Los Colores de la montaña)


Voilà 50 ans que la vit dans un conflit armé. Comment réagit sa population ? Comment grandir dans cet univers ? A quoi ressemble l’enfance d’un enfant vivant dans la peur de marcher sur un mine ? C’est ce qu’a essayé d’expliquer, à sa manière, , qui signe d’ailleurs ici son premier long-métrage.
La Pradera, un village dans la cordillère des Andes en Manuel () a un vieux ballon avec lequel il joue chaque jour au football avec les garçons de son âge.
Pour ses 9 ans, Ernesto (), son père, lui offre un nouveau ballon et une paire de gants de gardien de but.
Un jour, Manuel et Julian (), son copain de toujours, envoient le ballon sur un champ de mines par inadvertance. Malgré le danger, toute la bande de gamins décide d’aller le récupérer coûte que coûte…
Derrière les jeux d’enfants, les signes d’un conflit armé gangrènent la vie quotidienne, la plupart des habitants étant poussés inexorablement à quitter les lieux.


Un sujet difficile, mais pour autant , le réalisateur, ne tente pas d’expliquer le confit armé qui étreint son pays, se focalisant sur ces petites gens, des paysans pacifistes et sans défenses, survivant difficilement sans avoir besoin qu’une guerre vienne leur rendre la vie encore plus compliquée.
Arbeláez construit son récit de manière intéressante, nous offrant deux situations, parallèles, mais tout aussi effrayantes et stressantes. Les enfants ont peur de ce qu’il pourrait leur arriver s’il s’aventuraient à essayer d’aller récupérer le ballon, alors que les parents eux vivent dans l’angoisse constante que les rebelles viennent s’en prendre à eux. Deux bombes à retardement, et une peur partagée du spectateur, s’inquiétant aussi bien pour ces enfants, que pour leur devenir et celui de leurs parents.
Arbeláez, en plus de mettre l’accent sur le désarroi de populations devant quitter leurs terres, nous montre la détermination mais aussi la peine d’une enseignante, et surtout l’impact de ces affrontements, empêchant le bon déroulement de l’éducation en , et qui pourrait servir de leçon aux jeunes occidentaux, plus préoccupés par Facebook et leur Nintendo DS que par leurs devoirs ou les joies simples de l’enfance.
Point de réalisation intéressant, plutôt que jouer les metteurs-en-scène dirigistes, transformant les enfants en marionnettes sans vie, Arbeláez choisit de leur laisser s’amuser avec leur texte, réussissant à donner un côté improvisé et naturel, savoureux pour le spectateur, qui aurait presque l’impression d’être redevenu haut comme trois pommes et de faire partie de cette bande de gamins. Néanmoins on revient rapidement à la réalité, nos yeux d’adultes voyant plus loin que ceux de ces enfants, et sentant le vent tourner, alors qu’eux, contre vents et marées, continueront à penser à leur tournoi de foot.
Pas de dramatisation excessive, tout est traité de manière pudique, la violence n’est jamais clairement montrée, les indices laissés étant suffisamment clairs pour que le public comprenne les situations. Arbeláez voulait un film qui puisse s’adresser à tous les publics, que ce soit les adultes, pour leur montrer la réalité des choses, ainsi que les enfants, pour leur expliquer que dans le monde des enfants souffrent, dont les libertés sont volées, même celle de jouer au ballon.


Bref, Les couleurs de la montagne est un formidable , aux enjeux puissants, communicatif et intelligent, et ne cherchant jamais à obtenir les lamentations du spectateur ou à lui tirer des larmes. La tension est constante, comme une épée de Damoclès, tenant en haleine le spectateur, mais l’instruisant également, lui faisant découvrir une réalité très peu médiatisée.
Rappelant Kamchatka, Mon ami Machuca, ainsi que Paisito, Les couleurs de la montagne vient s’inscrire dans la lignée des films confrontant l’enfance à la violence des dictatures sud-américaines. Mieux encore, plutôt que de servir de film résumant les faits à sa sauce ou manipulant son auditoire comme beaucoup le font, il pousse en revanche le spectateur à se renseigner, pour mieux comprendre la gravité de cette situation qui dure depuis bien trop longtemps, remontant jusqu’au début des années 60.
Pour conclure, les personnes intéressées par la perspective de la découverte d’une guerre à travers les yeux d’enfants ne pourront qu’applaudir cette oeuvre poignante. Les plus pompeux qui réclament sans cesse du Wikipédia-movie, histoire d’apprendre sans comprendre devant un film chiant ne seront pas à la bonne.
Mention spéciale dure à attribuer, tant cette pléiade de mômes est attachante, tout comme l’institutrice ou le père de Manuel. Personnellement c’est , dans son rôle d’enseignante déterminée, qui m’a le plus ému.

Note finale

4



Les Couleurs de la montagne - Extrait VOST

A propos de l'auteur

Fan d'Uwe Boll et Paul W.S. Anderson. Aime à l'occasion oublier les nanars pour regarder du vrai cinéma comme celui de Robert Parrish, Franklin J. Schaffner ou Rudolph Maté, de la bonne sci-fi tu vois, pas du singe teubé.

Tags: , , , , , , , , ,


  • Fiche Film

  • Pays : Colombia, Panama.
    Genre : Drame.
    Réalisation : Carlos César Arbeláez.
    Scénario : N/A.
    Distribution : Hernán Mauricio Ocampo, Nolberto Sánchez, Genaro Aristizábal, Hernán Méndez.
    Durée : 90 min
    Certification : N/A
    Année : 2010
    Langue originale : Espagnol
    Titre original : The Colors of the Mountain
    Acheter en ligne sur:
    Voir la fiche IMDb

    tomatometer

    100

    Note Moyenne: 7.6/10
    Votes Comptés: 8
    Frais: 8 | Pourri: 0

    N/A

    Revenir en-haut ↑