Grand vainqueur du festival Fant-Asia édition 2012, Doomsday Book surfe comme beaucoup sur la vague de films à sketches orientés fantastique. Deux réalisateurs et scénaristes, Jee-woon Kim (J’ai rencontré le diable) et Pil-Sung Yim (Hansel et Gretel), et trois segments aux genres totalement différents afin d’assurer un spectacle varié autant que possible.
Brave New World signé Pil-Sung Yim revient sur le mythe de la pomme et du pêcher originel dans une version zombie. Gore, humour, absurdité, combats, il y en a pour tous les goûts. Pas démesurément originale, cette partie tient sa réussite de par les rires qu’il procure, ainsi qu’un talent qu’a le réalisateur de nous servir des plans totalement géniaux, dont celui de la caméra slalomant entre les ordures.
Heavenly Creature est quant à lui dirigé par Jee-woon Kim et s’éloigne totalement du très mauvais J’ai rencontré le diable. Le cinéaste a quelque chose à dire et nous invite à une interrogation nous renvoyant au coeur d’un problème métaphysique devenant de plus en plus présent dans les films et consciences actuelles (bien qu’il eut été largement étudié par des écrivains influents il y a plus d’un demi-siècle), à savoir est-ce que la machine peut-être dotée d’une âme ? Plus fort, est-ce que le bouddha lui-même pourrait venir se réincarner dans l’un de ces corps faits de circuits imprimés et processeurs ? Jee-woon Kim traite bien son sujet et nous sert un discours étonnant au point que Siddhartha Gautama semble lui avoir chuchoté. Un sketch qui casse le rythme de l’ensemble, certes, mais un sketch qui n’en reste pas moins passionnant, pour peu que l’on soit intéressé par le sujet.
Happy Birthday clôt le recueil, et cela de façon assez surprenante, le coeur du récit étant l’apocalypse, et bien que le sujet soit très souvent dénué d’humour, car la fin de tout n’est jamais drôle, Pil-Sung Yim réussit à remanier le genre afin de faire la fin du monde la plus gaie, plus gaie encore qu’un Southland Tales. Une improbable erreur de commande sur internet et c’est une boule de billard de la taille d’une météorite qui fonce droit sur la Terre. Une famille s’organise son abri, tandis que le réalisateur s’amuse à renouveler les gags hilarants, dont la découverte de la fameuse erreur, en plus de scènes de télé achat et flashs infos qui virent au chaos total. Post-apocalyptique, Happy Birthday reste pourtant gorgé d’espoir et réussit à donner plus de légèreté à toutes ces fins du monde annoncées, le message est clair, vos fins du monde sont aussi plausibles que cette boule de billard détruisant la Terre et au lieu de craindre le pire profitez de votre vie.
Doomsday Book se place donc parmi les meilleurs films à sketches, bien que son rythme soit accidentellement cassé par un second segment très lent, alors que pourtant très bon, mais bien trop en opposition avec le reste. C’est un peu comme une mousse au chocolat dans laquelle des morceaux n’auraient pas fondu, il y en a que ça gène et d’autres qui adorent, à vous de voir de quel groupe vous faites partie.



















