Hua pi, ou Painted Skin, la légende du démon-renard-vampire chinois revient, pour le plus grand plaisir des amateurs de fresques romantiques à base d’amour impossible.
La direction passe cependant des mains de Gordon Chan à celles de Wuershan, guère acclamé pour son médiocre The Butcher, the Chef, and the Swordsman, et à cent lieues de l’esprit de Painted Skin. En revanche pour le casting la carte de la sécurité a été jouée, et nous retrouvons le sublime duo du premier opus, à savoir Zhou Xun en démon et Zhao Wei en princesse. La première reprend son rôle, alors que la seconde quant à elle interprète à nouveau une princesse, mais pas la même (ce qui crée une certaine confusion au début).
Point également important, le budget est passé du simple au double, permettant à la production de se sentir moins étriquée que dans ses 10 millions de dollars. Mais est-ce une aide ou un handicap ? Nous sommes en droit de nous le demander car si le premier opus optait pour des CGI minimalistes et avait plus recourt à des effets et maquillages sortis de théâtres chinois, celui-ci n’y va pas avec le dos de la cuillère avec les modèles en trois dimensions (d’ailleurs le film est en relief). Certains sont assez laids mais heureusement assez peu exposés (l’ours par exemple, néanmoins plus « réussi » qu’il ne le paressait dans la bande-annonce), puis d’autres, même si techniquement pas toujours au point, ont l’avantage d’être contrebalancés par une direction artistique de toute beauté (costumes, décors, maquillages…) et des plans toujours plus enchanteurs. Au panthéon figurera l’envole du démon-oiseau, d’une beauté lyrique sublime faisant transpirer les glandes lacrymales.
D’ailleurs ça les larmes vont couler, la formule étant similaire au premier volet tout en étant différente. Plus question de voler le mari, car ce sont les deux femmes qui se rapprochent d’abord, toutes deux voulant prendre la place de l’autre, chacune haïssant sa condition, la princesse étant partiellement défigurée, et l’autre condamner à faire quelque chose qu’elle réprouve, se nourrir de coeurs d’hommes, ce qui nous vaudra une pléiade de moments intimistes d’une touchante beauté.
Une bonne variation de la légende, certes pas très originale, mais une nouvelle fois portée par deux actrices d’un talent immense, en plus de passages étant parmi les plus beaux du cinéma romantique, dont le héros sacrifiant sa vue afin de prouver à sa bienaimée qu’il se moque des apparences.
Certains points ont été également améliorés, comme le chasseur de démons, cette fois-ci incarné par Shaofeng Feng ne s’embourbant pas dans les pitreries comme son homologue du premier opus, Betty Sun.
Les amateurs de combats resteront quant à eux un peu sur leur faim. Pas vraiment de wushu, le tout régresse par rapport au précédent volume, et hormis une ou deux batailles (servant majoritairement à mettre en avant le côté héroïque du personnage de Kun Chen), nous avons clairement affaire à une bobine davantage destinée au coeur d’artichaut plus qu’au maniaque de chinois qui s’entretuent (même s’il y a quand même pas mal de morts à la fin…).
Ce Painted Skin: The Resurrection est donc une surprise relativement appréciable, bien qu’inférieure à son prédécesseur. L’histoire a une fâcheuse tendance à broder pour s’étirer jusqu’à 130 minutes et se vendre comme une grande épopée, rendant la première partie légèrement laborieuse à suivre, se résumant à un enchevêtrement de sous-trames.
La seconde est quant à elle très clairement aboutie, et les deux romances réussissant à faire mouche sans se gêner l’une l’autre, permettant à la bobine de laisser un souvenir plus que savoureux.


















