La seconde partie du volet de l’Encyclopedia Massivas Burnas vient d’arriver, et c’était avec une certaine frénésie qu’elle était attendu, son lot de nouvelles têtes ayant tout pour combler ceux qui avaient été déçus de leur absence durant le premier opus. Jean-Claude Van Damme est de la partie, Arnold Schwarzenegger et Bruce Willis ne se limitent plus au simple caméo, et Chuck Norris, coqueluche du genre, dépasse la fiction et en profite pour revenir sur le grand écran, endroit dont il a été privé depuis très longtemps.
Aux commandes il y a Simon West, affreux petit réalisateur qui a tantôt fait l’un des piliers du film d’action, anthologie de grandes gueules lui-aussi, à savoir Les ailes de l’enfer, avant d’enchaîner les réalisations médiocres ou juste passables, que ça soit le long-métrage Tomb Raider, Terreur sur la ligne ou encore Le Flingueur avec Jason Statham.
A l’écriture on retrouve Stallone secondé par Richard Wenk, celui-là même qui avait écrit Le Flingueur, et soyons francs, les punchlines sont légion et font mouche. En revanche ce qui le fait moins c’est le manque absolu de rythme. La séquence d’ouverture ne fait pas dans la dentelle, reléguant le quatrième opus des aventures de Rambo au rang de film tout public. 10 headshots à la seconde, des corps démembrés qui volent dans tous les sens, déchiquetés par nos héros aux commandes de véhicules tous droits sortis de l’univers post-apocalyptique de Mad Max. Pendant 10 minutes le spectateur en prend littéralement plein la gueule, et gardera la main qui allait porter des popcorns à sa bouche totalement figée jusqu’à ce qu’une pause survienne enfin. Gros problème, cette pause semble durer 3 heures.
Oui on a Statham qui nous offre une belle bagarre avec des poignards, toujours dans un esprit gore, nous faisant oublier les navets qu’il a enchainé ces dernières années, puis on a Monsieur Norris qui se pointe sur fond d’Ennio Morricone, ce qui provoque évidemment le fou rire, mais c’est bien tout ce qu’il y aura à se mettre sous la dent en attendant les 20 dernières minutes, qui heureusement viennent sublimer l’oeuvre. Oui, on parle ici de sublime. Les punchlines sont trois fois plus fortes et puissantes que dans le reste de la bobine, les références sont lâchées à un point manquant si grandement de finesse qu’elles traversent presque le quatrième mur, et pour le gore et les fusillades, les mots n’existent presque pas pour décrire ce qui se déroule sous nos yeux ébahis d’aficionados des années 80/90 qui attendaient de voir cela depuis leur première érection, involontairement lâchée alors qu’ils étaient en pyjama près du sapin à regarder le Crazy Horse un 31 décembre. La vitesse est vertigineuse, Chuck Norris refait une apparition et nous sort du Chuck Norris Facts, Schwarzenegger balance son « I’m back », en plus d’un « yipikaye », accompagné d’un Bruce Willis avec lequel ils canardent à bord d’une Smart, Statham s’offre un nouveau moment de gloire en affrontant Scott Adkins, star montante du genre.
Expendables 2 se révèle être une bouffée d’air libératrice pour tous les accrocs du genre, et vient remettre un peu les pendules à l’heure, nous rappelant que l’action d’antan ça n’était pas de la compote de CGI et de lens-flares, et qu’à cette époque les héros ressemblaient à des mâles, non à des gravures de mode se promenant en costumes hideux. Orgasmique dans sa dernière partie, la bobine n’en reste pas moins très creuse dans le gros de son développement, centré sur la mélancolie de ses personnages, hélas aussi synthétique qu’un coeur artificiel.
Indispensable aux fans pour ses qualités, suffisamment nombreuses pour en faire oublier les défauts, la pellicule sera néanmoins détestables pour tous ceux qui n’ont pas connu cette époque, ou alors la vomissent. Vous voilà prévenus.





















