Preaching to the Perverted, quand la presse se prostitue


Les catastrophes et autres drames sont une source intarissable pour les médias, toujours plus enclin à sucer jusqu’à la moelle des sujets qui rapportent. Katrina, les séismes au Japon, pour le public ce sont des horreurs, pour la presse ce sont leurs blockbusters à eux, jamais précis dans les chiffres, éludant les questions importantes pour nous montrer toujours plus de viande. C’est ce que le lecteur veut, ne nous leurrons pas. L’Homme aime être malheureux, tout comme le soulignaient les frères Wachowski dans le premier épisode des aventures de Thomas A. Anderson.
Puis il y a ces ratés, ces moments où l’on tente de profiter d’un sujet et où les choses dérapent. Autant Libération avait fait la sourde oreille, s’assumant pleinement, autant la couverture du dernier Télérama repoussait les limites du mauvais goût, au point que la plupart des sites internet la relayaient et finissent par transformer ce coup de pute pub en indignation, érodant encore un peu plus la réputation du magazine. Telle une notification sur son iPhone, Télérama s’est senti obligé de répondre à cette vague d’attaques. Pourquoi ? Probablement pour citer au passage la philosophe Marie-José Mondzain, et puis surtout pour nous spoiler le contenu de son article afin de nous rassurer avec un « Une question à laquelle notre dossier répond par la négative », histoire que finalement on achète ce numéro, puisqu’ils pensent comme la communauté de cinéphiles (et pas que), ça n’est pas le cinéma qui crée la violence, mais l’aliénation mentale. Et puis histoire de noyer davantage le poisson (et totalement éluder le problème de la couverture), leur plaidoyer se conclue par une sélection de loltoshops postés dans la journée par une poignée de blogueurs influents, histoire de tourner la chose en dérision, tout en s’auto-congratulant « Un vaste débat qui a au moins eu le mérite de vous faire réagir ». Allez, on a bien rigolé, tout ça c’était de la blague, on va boire un coup maintenant !

Chercher à se justifier quand on n’est pas coupable, c’est s’accuser.