Perfect Sense

(Date de sortie cinéma : 28 mars 2012 — Date de sortie DVD/Bluray : 7 août 2012)


Perfect Sense ressemble à une comédie romantique sur fond de fin du monde. Alors que c’est en réalité un film apocalyptique (oui, c’est beaucoup plus rare que les post-dits) illustré par une histoire d’amour. Le prisme à travers lequel on regarde le métrage change tout dans la perception qu’on peut en avoir. En cela, sa promo – de sa bande-annonce complètement à côté de la plaque à son résumé laconique autant que non-pertinent en passant par son affiche cucul – ne lui rend vraiment pas justice : les gens allergiques aux histoires d’amour vont passer à côté et le public qui cherchera une œuvre intimiste et centrée sur deux individus aura du mal à digérer le contexte de la .

Cela étant dit, on peut à présent passer aux qualités de l’œuvre. Perfect Sense dépeint une histoire universelle, qui pourra toucher n’importe qui, en abordant des thèmes aussi communs que la perte, et la résilience humaine face à celle-ci, sujets qui mèneront eux-mêmes au traitement du sens que peut avoir la vie, et de la place de l’être humain dans le monde. Dit comme ça, ça paraît ambitieux, voire pompeux, voire chiant. Voire casse-gueule ; ce qui est tout à fait juste. Le métrage s’attaque à un sujet extrêmement riche, sous un angle avec lequel la critique n’est habituellement pas tendre. J’ai été personnellement très touchée par l’aspect universel des sujets abordés, et sur le coup beaucoup moins par l’histoire d’amour dont il est question. Je suis ressortie de la séance sonnée, m’imaginant vivre dans le monde dépeint dans le film, et forcément ça fout un gros malaise. Mais la , ce n’est pas ce que j’ai retenu d’abord dans l’œuvre. Et puis, en y repensant (et en discutant dans les files d’attente géromoise, aussi), je suis arrivée à la conclusion que ce sujet nécessitait une histoire d’amour comme illustration pour prendre toute sa force. Que sans cette histoire naissante que partagent Ewan Mc Gregor et (très justes et convaincants dans leurs rôles), le film n’aurait touché personne.

On se rend compte dans Perfect Sense que l’être humain n’est qu’un maillon très faible du règne animal, et que tout ce qu’on a pu construire sur des milliers d’années peut être anéanti bien vite, pourvu que la nature décide de prendre les choses en main. L’œuvre est une réflexion sur la fatalité autant que sur la vanité humaine, et ne nécessite aucun zombie, aucune explosion nucléaire, aucun cannibale, pour faire naître l’angoisse chez son spectateur. Ce film est ce que Phénomènes aurait pu être, s’il avait été traité plus intelligemment : une anticipation en temps presque réel du devenir de l’Homme en cas de catastrophe naturelle. Une question : à partir du début du timer, combien faudrait-il de temps à l’Humanité pour s’éteindre ? Des mois, des semaines ? Des jours ?

En parallèle, nous pose une autre question : que reste-t-il lorsque l’Humain a tout perdu ? C’est ici que le film a laissé une bonne partie de son public sur le côté. Et pourtant, vous feriez quoi, vous, si vous saviez qu’il vous restait quelques heures à vivre ? Quelques heures à vivre avec les (quelques) facultés dont vous disposez encore pour un temps limité ? La réponse semble assez évidente, et parler de guimauve dans ce contexte m’apparaît comme de la mauvaise foi teintée d’insensibilité hors de propos. Mais je suis au final peut-être trop romantique (et ça serait bien la première fois).

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  • Jac

      « Que l’être humain n’est qu’un maillon très faible du règne animal »… Je n’ai rien vu de tel. Ce que vu, c’est ce que je sais pertinemment, qu’on est parasité en permanence par des tonnes des conneries et on passe à coté de l’essentiel, et c’est que lorsqu’on l’a perdu qu’on se rend compte de sa valeur. La vue, l’ouïe, l’odorat, l’amour, le partage, et surtout la vie,  personne sait d’où ça vient, personne sait comment ça marche et aucun scientifique ne peut créer la vie, car la vie est au dessus de la science, c’est de la magie, c’est un miracle. Voila ce que j’ai vu.