Crazy, Stupid, Love

25 ans de mariage.

(Date de sortie cinéma : 14 septembre 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 1 février 2012)


Il semblerait que quelqu’un ait pénétré dans le sous-sol de Judd Apatow et se soit barré avec sa marmite à films. Prenez Steve Carrell, puis ajoutez-y des actrices qui sont proches du scénariste/réalisateur/producteur (Emma Stone, Marissa Tomei), ajoutez-y des problèmes de couple, une bonne dose de sexe, secouez très fort, et voilà vous avez un film qu’Apatow aurait pu faire. Idéalement, si vous pouvez y ajouter tous les poncifs du genre, allez-y à fond, ça n’en sera que meilleur, et surtout prévisible, histoire de ne réserver aucune surprise. Ça se barre en couille, ça se remet ensemble, puis quand on croit que c’est reparti on sait que ça va se rebarrer en couilles parce qu’il reste une heure de pellicule, et puis on a tout le monde qui se fout sur la gueule à un moment, et enfin, film Américain oblige, on a devant une foule l’épique discours qui évidemment porte ses fruits, parce que dans le cas contraire on aurait pleuré, et Steve Carrell il est fait pour faire rire et pas pleurer.
Maintenant débarrassés de cet amas de bêtise, nous pouvons parler des réels atouts du film, qui malgré ces lourds handicaps se laisse savourer sans ennui, grâce à un humour qui évite de nous noyer dans du prout/pot/vomi/bite/chatte comme beaucoup de productions Apatow (ou autres comédies Américaines en vogue), mais également une distribution sympathique qui réussit heureusement à donner un côté moins artificiel à la chose, donnant un semblant de crédibilité qu’il est bien trop rare de voir de nos jours.

Bref, Crazy, Stupid, Love se montre divertissant malgré les ingrédients qui le composent, et s’extirpe la plupart du temps des romances et morales à deux balles qui lui servaient d’échafaud.
Steve Carrell fait toujours rire, mais commence un peu à tourner en rond, servant son inévitable sourire crétin qui le rendit célèbre dans Ron Burgundy, Julianne Moore semble ne pas trop savoir où elle est, et joue la carte du stoïcisme, Emma Stone apporte un vent de fraîcheur bien agréable, Ryan Gosling se montre aussi expressif qu’un tube de vaseline, et enfin, Marissa Tomei s’octroie une bonne partie des meilleurs moments comiques, malgré un temps à l’écran très réduit qui décevra nombre de ses fans. A noter également l’énième apparition de l’année de Kevin Bacon, qui une nouvelle fois campe un « méchant ».
Pour conclure, vous apprécierez cette production à condition d’aimer les comédies gentillettes regorgeant de romances dont on connaît la finalité dès le début. Si cette prévisibilité vous agace, évitez-le, et si vous pouvez en faire abstraction, profitez de l’une des rares comédies de l’année qui ne se contente pas de faire rire qu’en ne faisant que dans le gras, et ça, c’est ce qui fait vraiment du bien.
Mention spéciale pour le duo de réalisateurs Glenn Ficarra et John Requa, qui même s’ils ont volé la marmite d’Apatow et y ont ajouté encore plus de clichés gnangnans que d’habitude, ont réussi à se l’approprier, voire la moderniser. C’est bien ce que l’on appelle surpasser le maître ?