Gerardmer, compte-rendu du dimanche


Dimanche, jour 5
Notre dernier jour à Gérardmer a commencé par le visionnage du gagnant du Grand Prix, Babycall, film norvégien sur une femme pas tout à fait nette avec un fils pas tout à fait net, qui rencontre un homme qui a pas l’air super net. C’est assez brouillon, pas vraiment cohérent, et dans l’ensemble plutôt chiant. Noomi Rapace, bien que très loin de sa prestation dans Millenium, y joue la femme perdue de manière convaincante. Les autres acteurs sont bons aussi (exception faite du gamin inexpressif, personnage qui devient lassant ces dernières années), mais le problème est que le film ne décolle jamais vraiment. On s’est ennuyés, et la fin n’a définitivement pas éveillé notre intérêt. On ne comprend toujours pas comment il a pu être primé, face à des films en compétition comme Eva.

On a ensuite enchainé avec les deux films comiques de cette édition que nous avions mis au programme : Juan of the Dead et New Kids Turbo. Le Shaun of the Dead cubain est aussi marrant que critique envers le régime, et nous avons passé un très bon moment devant ce film de zombies au soleil, servi par une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres. C’est modérément gras (vous y verrez quand même une belle paire de c******s au premier plan, parmi pas mal de scènes de nudité totalement gratuites), ça se prend pas au sérieux et le rendu visuel est plutôt bon (exception faite des zombies, finalement très secondaires dans le métrage).

Quand on vous dit que Juan of the Dead est « modérément gras », c’est parce que juste après cette séance, on est allés voir New Kids Turbo – ajouté sur le tard à notre programme, suite aux recommandations de nos co-festivaliers – et que, s’il y a bien un film qu’on peut qualifier de plus gras que du jambon Leader Price, c’est l’œuvre hollandaise apologie des jackys ! Du pet, du caca, du pipi (!), du nazi sur le retour, du pédophile, de la fricadelle bien grasse, de l’Opel Manta tunée, de la machina italienne à fond,… bref, la vie quoi ! Si vous avez aimé Dikkenek, vous allez ADORER New Kids Turbo. C’était notre avant-dernière séance, on venait de se manger quasiment 25h de films sur les 3 derniers jours, nos petits corps étaient fourbus, on ne rêvait que de notre lit et/ou d’un bon bain chaud. Mais on n’a pas pu faire autrement que de rire tout au long du métrage au bon goût de Benelux. On continue à se demander ce qu’il faisait au festival du film fantastique de Gérardmer, parce qu’il est plus grotesque que fantastique, mais on n’en veut vraiment pas au programmateur ! Un excellent film comique pour qui n’est pas réfractaire à l’humour gras et aux cassos venus des contrées néerlandophones.

Enfin, la dernière journée du festival s’est terminée pour nous sur Rabies, qu’on n’avait pas eu l’occasion de voir lors de sa première diffusion. Nous nous abstiendrons de toute critique et demanderons votre clémence, nous étant finalement endormis au bout de 20 minutes de film. Mais c’était trop plat pour retenir notre attention déjà en bout de course, à ce stade de la semaine, donc nous rendrons copie blanche pour cette œuvre.

Ce qui nous fait un total d’un seul dodo pour 17 séances, 16 longs métrages, 7 courts, 27h de visionnage en 5 jours, une quinzaine de crêpes, une seule raclette (un de nos plus grands regrets géromois), un temps d’attente dans le froid estimé à plus de 25 heures sur 5 jours, un nombre incalculable de festivaliers sympas avec qui débattre sur les œuvres vues, cette année ou les années précédentes, une quarantaine de canards vosgiens nourris sur les bords du lac, une demi-douzaine de membres du public teubés qu’on aurait bien écorchés vifs lors de la séance courts-métrages (des gens qui vont au cinéma mais qui ne savent pas lire dans leur tête), une vingtaine de francs applaudissements en court de projection sur des scènes de boucherie particulièrement jouissives, 5 jours d’espérance de vie perdus grâce aux festivaliers fumeurs qui nous entouraient dans les files d’attente, un nombre incalculable d’éclats de rire devant des bonnes scènes, et approximativement 30h de sommeil à rattraper.

On espère très fort que la ville de Gérardmer poussera jusqu’à une vingtième édition et/ou que de généreux mécènes se manifestent d’ici l’année prochaine : si l’on en croit les discours d’ouverture et l’avis des commerçants locaux, le festival est mal parti pour survivre. Et ça serait vraiment dommage pour le cinéma de genre en France, l’atmosphère géromoise apportant un vrai plus au Fantastic’Arts.