Samedi, jour 4
Samedi matin à 9h (ouais, nous on se lève le matin pour aller voir des films, juste pour vous, j’espère que vous appréciez l’effort), on est allés voir le aussi attendu que craint The Divide, dernière œuvre de Xavier Gens. On avait découvert Frontière(s) il y a 4 ans dans cette même ville, et on avait dû se résoudre à lui mettre une sale note, à contrecœur. Mais il fallait être juste. On savait que s’il le fallait, on serait encore impitoyables envers le réalisateur français. C’est donc remplis d’appréhension que nous nous sommes rendus au Paradiso. On vous rappelle qu’on a vu dans cette salle maudite entre autres The Dead Outside, The House of the Dead, Ultimate Patrol ou encore Beyond The Black Rainbow, et que les différents traumatismes ne sont toujours pas totalement refermés. Mais on était prêts pour notre troisième histoire post-apocalyptique (heureusement qu’on aime ça) du Fantastic’Arts 2012. Si le film met un peu de temps à commencer, et manque parfois de cohérence, la deuxième partie nous a définitivement scotchés par sa violence (et on ne parle pas de membres coupés (ou si peu…)) et son apport nouveau au genre. Sans trop spoiler, on peut vous dire que, pour une fois, dans un film post-apocalyptique, vous n’aurez pas de cannibalisme, ce qui est franchement rafraichissant. Mais la façon dont tourne la survie dans cet abri anti-atomique n’a, elle, rien d’enviable. Nous en sommes sortis un peu sonnés, sans trop savoir qu’en penser. Mais, quelques jours plus tard, après avoir eu le temps de le digérer, nous le retiendrons comme l’un des très bons films de cette édition.
La séance courts-métrages nous a servi son lot de films chiants, comme chaque année. Sans surprise, c’est l’un des plus ennuyeux qui a gagné. Ne vous fiez pas à son prix : Le Cri n’a aucun intérêt. Dans le genre film qui ne sert à rien, L’Amère Nature (ahahah le jeu de mots) a clairement gagné le grand prix du jury de SH. Le troisième court pas convaincant était Scylla (faudra nous expliquer le rapport entre le titre et le film), avec des acteurs qui ne croient pas eux-mêmes à leurs textes, un début en forme de slasher et une fin qui se veut disneyesque. Dommage, la créature était réussie, mais l’intérêt est totalement absent et le facepalm récurrent à chaque réplique (une mention particulière au garde-côte Terminator). L’histoire du Lac Noir – qui a obtenu une mention spéciale du jury courts-métrages – bien que tirant un peu en longueur, est digne d’un conte de fées, dans le sens légende mi-triste mi-effrayante qu’on raconte à un enfant à propos du lieu énigmatique de l’autre côté du village. Mais nous avons préféré les trois derniers courts et sommes évidemment déçus du palmarès officiel (même si absolument pas surpris). L’Attaque du monstre géant suceur de cerveaux de l’espace était clairement du fan service, et a forcément trouvé son public à Gérardmer. Dans le genre film WTF ouvertement assumé, il est encore plus réussi que Bloody Christmas 2 l’année dernière, et surtout bien plus impressionnant techniquement. On sent le perfectionnisme, l’amour du cinéma de genre, tout autant que l’humour. Les acteurs sont parfaits et le mélange des genres fonctionne très bien. La salle a ri de bon cœur, et la rédaction a eu une petite pensée pour le documentaire vu la veille. En Boîte nous a évoqué dès la deuxième minute cette géniale campagne de pub allemande pour le site web Jobsintown, et comment ne pas cautionner un film qui va dans cette direction ? Enfin, Tommy avait le potentiel pour obtenir le prix du jury mais est malheureusement passé à côté. Cette histoire de petit garçon déprimé par la médiocrité de sa famille (ambiance Matilda) est très bien racontée, même si mal jouée par le petit garçon en question (tant qu’il ne parle pas, c’est supportable). C’est le genre de courts qu’on aimerait voir plus souvent.
La soirée du samedi a terminé fort, avec un très bon film d’action, et un chef d’œuvre (ouais, rien que ça). Chronicle, le blockbuster très attendu depuis la sortie de son trailer il y a quelques mois, a fait salle comble, et a complètement rempli son rôle. Les acteurs sont bons, les effets spéciaux excellents, la découverte des pouvoirs est tout ce qu’on aimerait voir depuis la naissance des films de super-héros : ultra fun ! Pour une fois, avant les drama catch phrases à la « un grand pouvoir implique une grande responsabilité », on a droit à des scènes de fous rires entre gamins qui découvrent ce que leur nouvelle aptitude leur permet de faire pour se marrer. Et ça donne super envie d’aller se frotter à un vaisseau extra-terrestre qui brille.
On en a beaucoup discuté dans la file d’attente après visionnage, le public était encore en effervescence, et on se demandait presque ce qu’on allait faire à la séance suivante, tellement on avait eu notre dose d’excitation pour la journée. Faut dire que le résumé de Perfect Sense faisait vraiment pas rêver, même la bande-annonce paraissait cucul. On a failli passer à côté du film de David MacKenzie, et ç’aurait sans aucun doute été notre plus grosse erreur du festival (même avant Beyond the Black Rainbow). On a tous pris notre baffe. Au-delà d’une histoire d’amour (ce que vendent le pitch et le trailer), c’est surtout un film sur la perte, sur l’angoisse, sur le sens de la vie, le sens de l’humain, les compromis, la capacité à s’adapter à des conditions toujours plus dures, et mille autres choses. C’est le film de fin du monde qui touchera même ta mère, y’a pas de zombies, y’a pas d’infectés, y’a pas de cannibales, y’a pas d’explosion nucléaire. Y’a juste la fatalité. On en parlera plus dans la critique, qui viendra bientôt, mais s’il y a un film à retenir de ce 19ème Fantastic’Arts, c’est Perfect Sense.























