Vendredi, jour 3
La deuxième œuvre en compétition que nous avons découverte est Hell, film post-apocalyptique allemand. Les origines de la fin de notre monde y sont un peu plus détaillées que dans The Day, mais surtout, le traitement y est certainement plus réaliste : pas d’armes à feu, en résulte un film plus stressant, moins spectaculaire mais au potentiel plus immersif. L’Allemand Tim Fehlbaum a fait un travail plus que correct et, si on n’évite pas les poncifs du genre, on se prend quand même à s’attacher aux personnages et à leur quête. Pour les amateurs, le métrage trouvera sa place dans le foisonnement actuel post-apocalyptique.
Gérardmer est l’endroit où vous verrez de très bons films de genre, mais il serait dommage de participer à un Fantastic’Arts sans assister à un documentaire projeté là-bas. Donc vendredi a été le jour de notre pause non-fiction, avec l’excellent docu Corman’s World: Exploits of a Hollywood Rebel. Si vous aimez Roger Corman, si vous aimez les monstres en carton-pâte et les filles en bikini qui se font croquer un bras, si vous aimez les films de série B, et surtout si vous aimez le cinéma, vous prendrez du plaisir devant ces 86 minutes d’ode au cinéma de genre low-budget, et à ce réalisateur qui n’en a toujours fait qu’à sa tête pour arriver à ses fins. A la rédaction, on a ri et on a même eu la larme à l’œil face à la narration du parcours de ce grand monsieur du Cinéma.
Le troisième film en compétition et premier coup de cœur de la rédaction, Eva, a été présenté samedi à 20h par son réalisateur Kike Maillo. Le Fantastic’Arts ayant eu cette année d’encore plus gros problèmes de financement que les années précédentes, nous n’avons pas eu l’occasion d’assister à la présentation de beaucoup films par les équipes de tournage. Nous avons donc d’autant plus apprécié cette intervention de Maillo, interpelant directement tous les geeks de la salle. Le mot « geek » étant en 2012 certainement le terme le plus galvaudé de la langue française (et par extension des autres langues), il en a profité pour nous donner sa propre définition, à laquelle nous souscrivons volontiers : « une personne qui cherche une réponse aux énigmes de la vie dans les films, la littérature et les comics ». Le réalisateur nous a demandé à tous de visionner son premier long métrage en gardant en tête notre état d’esprit lorsqu’on a découvert E.T. La référence est ambitieuse, et le résultat est totalement convaincant. Le public a d’ailleurs été unanime, et le palmarès confirme l’engouement de tous les geeks (ou pas) pour cette histoire traitant des thèmes plus universels que ce qu’on pourrait penser à la lecture du pitch. Le prix du public était certainement la plus belle récompense que pouvait obtenir Kike Maillo pour ce film qu’il a tourné pour les gens qui lui ressemblent. Allez le voir dès que vous pouvez, en plus c’est beau !
Après ce bijou d’émotions, nous avons fini la journée avec Emergo, le film se rapprochant de Grave Encounters sur le papier (vu la veille). Le métrage a divisé la salle : d’un côté les gens qui ont trouvé ça chiant, du notre ceux qui ont trouvé ça original (avec un bémol tout de même). Le parallèle avec le film d’asile du jeudi soir était inévitable (deux films de maison hantée, de près ou de loin) et l’analyse peut se résumer par : le premier n’est pas original mais bien traité, le second est plus original mais trop lent. Nous, on a aimé, le parti-pris scientifique nous a plu, et on a trouvé les acteurs convaincants (sauf le gamin, mais les gamins ça compte pas, à part quand ça finit par un coup de hache).























