Killing Bono

I Still Haven't Found What I'm Looking For.

(Date de sortie cinéma : 3 août 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 7 décembre 2011)


Les biopics se suivent à un rythme effréné, tentant de trouver la perle rare qui passionnera et racontera quelque chose de parlant tout en étant vraiment original. Killing Bono va directement dans ce sens, nous servant un produit se plaçant dans un univers connu, celui de Bono et des U2, nous narrant l’histoire peu commune d’un groupe de rock qui stagnait dans leur ombre, tout en emballant le tout d’un savant mélange de burlesque et de dramatique.
L’œuvre s’attaque également à des sujets très divers, l’amitié, l’amour, la fraternité, la rivalité, la fierté, la critique de l’industrie du disque, mais aussi la difficulté que l’on peut avoir de passer à l’âge adulte quand nos rêves de jeunesse ne se sont pas réalisés, à l’inverse de ceux que l’on a côtoyé et qui ont concrétisé tout ce auquel on aspirait.
Un récit passionnant, et surtout inattendu de la part du réalisateur Nick Hamm, qui a quand même cumulé un sacré paquet de navets (The Hole, Godsend), mais qui trouve comment diriger son film grâce à l’alchimie créée avec la présence de Ben Barnes, devenant plus ténébreux au fur et à mesure que la pellicule avance, et atteignant même pas moment un regard de fou déséquilibré qui n’est pas sans rappeller un certain Timothy Olyphant.


Bref, Killing Bono vient s’inscrire parmi les meilleures biopics de ces dernières années, et ce grâce à une écriture cohérente et imaginative. Touche Anglaise oblige, l’humour est toujours pince-sans-rire et particulièrement savoureux. La finalité de toute l’histoire reste inconnue jusqu’à ses dernières minutes (si ce n’est que Bono n’est pas tué), et ce récit de personnes moins chanceuses que d’autres réussi à nous faire découvrir la face cachée d’une Irlande à une époque où tout le monde rêvait de s’évader afin de signer chez les plus grandes maisons de disques Londoniennes, un rêve générationnel.
Pour conclure, les fans de U2 découvriront une part de leur histoire, bien que celle ci ne soit pas le sujet central, mais auront davantage l’occasion de découvrir le visage d’une jeunesse Irlandaise qui enviait ses voisins. Les moins friands de pop/rock pourront se laisser tenter, la production ne se limitant pas au niveau musical, mais allant bien plus loin, affichant un large panel d’émotions qu’il serait dommage de louper.
Mention spéciale pour Ben Barnes, génial dans son rôle, qui lui permet de montrer qu’il peut jouer dans des films plus adultes que les productions dans lesquelles il a brillé (Dorian Gray, Narnia…).