L.A. Zombie

DTC.

(Date de sortie cinéma : 7 décembre 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 9 mai 2012)


Après Otto, qui avait révélé une certaine capacité chez à filmer autre chose que des gens qui pratiquent le coït anal, il a décidé de revenir une nouvelle fois avec du zombie, mais cette fois sans se soucier d’une quelconque écriture, et flirtant davantage avec le porno gonzo qu’avec une réelle recherche artistique. Si vous pensiez que The House of The Dead d’Uwe Boll avait atteint le fond du gouffre, vous êtes loin de pouvoir imaginer quelles sont limites que La Bruce arrive à atteindre, tant l’ensemble est d’une nullité nous poussant à nous demander si ça ou non été fait exprès. Le terme d’amateurisme serait un compliment, car au moins l’amateur essaie de faire bien, alors qu’ici tout est mal fait. La mise au point des plans est hasardeuse, les effets gores se limitent à des bouts de caoutchouc, le maquillage n’est qu’une vague peinture corporelle (agrémentée d’un dentier qui manque des fois de tomber) nous renvoyant dans les abysses de nanarland, et qui plus est il change constamment, venant soutenir les faux raccords (d’ailleurs Sagat n’est pas toujours maquillé, ce qui impose une certaine incompréhension), et le summum est atteint avec une scène de gunfight où les acteurs tiennent de grotesques répliques, le tout agrémenté d’effets-sonores sortis d’une Nintendo NES, et évidemment, vous n’aurez pas l’ombre d’un effet visuel pour illustrer les détonations.


Bref, L.A. Zombie est une ignoble merde, et l’ayant vu en version uncut (entendez Hardcore, avec les scènes gays filmées en close-up), ça n’est pas sur l’aspect pornographique que ma critique ira, mais pour le reste. Et s’il fallait résumer le tout, on a qui erre dans Los Angeles, trouve un maccabée, l’encule, et passe au suivant. Pas un moment un espoir de regain d’intérêt pointe le bout de son nez, le tout étant une boucle sans fin, et La Bruce réussit à enfoncer l’aspect rébarbatif avec des transitions où Sagat marche en fixant la caméra, et ce à toutes les vitesses possibles (ralenti, normal, accéléré — et même super-ralenti et super-accéléré), d’ailleurs même le générique de fin nous le ressert.
Je ne vous parlerais même pas du jeu des acteurs lors des brèves scènes de dialogues, car venant tous du milieu porno, l’ensemble est à pouffer de rire.
Pour conclure, si vous espériez une suite à Otto, vous n’en aurez rien, vous aurez juste un pitch excellent détruit par une réalisation dégueulasse et une écriture absente. N’étant pas gay je ne pourrais pas juger de la qualité des scènes porno, mais pénis et anus dégoulinants de sang n’ont jamais fait bon ménage.
Mention spéciale pour Kevin D. Hoover, compositeur sorti de nulle part et qui a réussi à apporter au film l’ingrédient qu’il fallait pour lui accorder un point. A défaut du plaisir des yeux vous aurez le plaisir des oreilles.

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  • Ern

    Et ben dis donc, si on n’a pas compris que tu n’es pas gay après ça… Je me demande si un homo aurait écrit « n’étant pas hétéro… » dans sa critique cinématographique de Romance… Je ne pense pas… (ça n’enlève rien au fait que le film est probablement mauvais bien sûr)

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Je tenais justement à le préciser pour ne pas être taxé d’homophobe qui descend un film gay, pente sur laquelle tu as l’air de vouloir glisser. Le film comporte près de 45mns de scènes hard en close-up (sodomie, fellation, anulingus), et l’on est bien plus dans un film porno gonzo sans la moindre touche artistique que dans un vrai film de cinéma.

  • Ern

    Désolé, mais ça n’a rien à voir avec ce que j’ai écrit (comparaison avec Romance ou tout autre film avec des scènes de sexe très explicites)… et je ne vois pas en quoi préciser qu’on n’est pas gay aide à ne pas être taxé d’homophobe (?!?!?)… Pour en revenir au film – probablement raté – il est sorti au cinéma, le réalisateur à un vrai style et une filmo assez unique (même si, encore une fois, ce film est sans doute mauvais) donc je ne vois pas pourquoi ça serait moins un film de cinéma, à cause du sexe, que des oeuvres (bien meilleures bien sûr) comme Salo, Romance, L’Empire des Sens, Baise-moi, O Fantasma, Ken Park, etc.
    Bref, quand on lit ta critique, on a vraiment l’impression que le sexe t’a plus dérangé (traumatisé ?) que la (mauvaise) qualité du film.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Non, dans la forme le sexe ne m’a pas dérangé, si ce n’est que comme je l’ai précisé, ça dégouline de sang, et gay ou non je doute que ça soit très affriolant (ça aurait été hétéro ça m’aurait fait le même effet). Quant aux films que tu cites, je doute qu’il y ait une once de comparaison avec L.A. Zombie qui est juste un film Hardcore sans finalité; c’est ce manque de but qui a fait que le sexe dans le fond m’a gêné. Qui plus est les œuvres que tu as cité sont vraiment gentilles niveau cul, les as-tu vu ou ne sais-tu pas ce qu’est la différence hardcore/softcore ?
      Ah, et comme dit dans la critique « l’ayant vu en version uncut (entendez Hardcore, avec les scènes gays filmées en close-up), ça n’est pas sur l’aspect pornographique que ma critique ira, mais pour le reste », donc merci d’arrêter de pinailler, je n’ai pas jugé le film en fonction de ses orientations sexuelles, mais simplement en tant que film.
      Sur ce,

  • baz

    En fait ce qui est très triste avec Labruce ( et c’était déjà le cas avec Raspberry Reich ), c’est qu’il arrive à saloper des sujets plutôt intéressants à la base ( ou du moins inédits ) par un traitement ( paradoxalement ) tout à fait au dessus de la jambe. En gros, ce type ne dépasse jamais son concept, son idée de base. Il se satisfait de son idée  » géniale » et n’y injecte aucun souffle cinéma. Je serai curieux de voir un scénario de B.L.B traité par un cinéaste avec un peu de génie, ça pourrait donner qqc. Mais en l’état on est souvent plus devant un porno californien bas de gamme, à la transgression rendue pauvre par le traitement qu’il en est fait que devant un film « arty ».

    Cela dit soyons lui reconnaissant d’ouvrir la voie à d’autres qui sans doute, et sans difficulté, sauront lui emboîter le pas, à défaut du reste, et offriront des films gays traitant d’autre chose que de la difficulté de s’enculer sous une Canadienne.,

  • http://www.facebook.com/mthfsst Mathieu Foisset

    je ne serais pas si « dur » avec le film. Certes il y a des longueurs, peu d’action et peu d’incarnation des acteurs, mais je souligne l’ambiance et le charisme de françois sagat ainsi que la musique qui donnent au film un petit cachet et puis il ne dure qu’une heure ce qui le rends supportable en tout cas