Super 8 c’est un peu l’ultime mise en évidence de J.J. Abrams de servir du réchauffé ou reprendre le taf des autres et le mettre à sa sauce. Ce coup-ci il titille donc la corde sensible façon E.T./Rencontre du 3e type/Les Goonies, sous couvert d’hommage, afin de flatter l’ego de Steven Spielberg et l’avoir dans ses rangs pour lancer cette production choupinette.
On se retrouve en définitive avec une histoire à peu de choses prêts identique à celle d’E.T., avec un alien perdu qui veut rentrer chez lui, pique un peu tout ce qu’il trouve dans le coin pour parvenir à ses fins, à cela prêt qu’il a été tellement harcelé par le gouvernement qu’il en est devenu hargneux au point de dévorer les humains qui passeront à sa portée. Du déjà-vu, donc, une conspiration comme l’on ne voulait plus en entendre parler depuis X-Files, un alien qui pousse des hurlements et gigote dans tous les sens, ne faisant jamais peur, à l’inverse du générique d’E.T. que nous avait servi Spielberg, n’affichant que des champignons lumineux et se montrant pourtant extrêmement effrayant (les kids de l’époque se rappelleront avoir fait avance-rapide à chaque vision). Néanmoins, malgré tous ces lourds défauts, Abrams avait dans sa besace quelques atouts, ou plutôt un, son casting d’ados, probablement le meilleur que l’on ait pu voir depuis Stand by me. Le jeune Joel Courtney s’impose en successeur d’Elliott, et puis il y a Elle Fanning, qui nous fait littéralement oublier sa grande sœur Dakota, et aurait même tendance à éclipser toutes ses concurrentes actuelles (Chloë Moretz y compris).

Bref, Super 8 aurait été super nul s’il n’avait pas eu son super casting. Peut-être que l’effet est renforcé par une présence d’adultes tous plus mauvais les uns que les autres (Noah Emmerich en méchant bidasse détient la palme), mais quoiqu’il en soit ça fonctionne, et malgré des effets-spéciaux dégueulasses on y croit et on se plonge assez bien dans la peau de ces jeunes cinéastes en herbe.
Il est dommage qu’Abrams ait changé son fusil d’épaule depuis Star Trek, passant de concentration sur les VFX à un dédain quasi-total qui vient entacher la pellicule. En plus de cela, il a continué sur son mauvais goût, avec une bande-originale signée une nouvelle fois par Michael Giacchino, aussi peu inspiré que pour celle de Star Trek, proposant quelque chose tentant un mimétisme médiocre des thèmes de l’époque, mais heureusement les tubes des seventies viendront sauver la tambouille et titiller la fibre nostalgique avec succès, puisque c’était ici le but du métrage.
Pour conclure, les amateurs d’histoires fantastiques dans l’esprit des productions qui firent la gloire d’Hollywood durant les années 80 auront de quoi se satisfaire de ce mélange somme toute honnête. Si l’on accroche pas au casting, il sera quasiment impossible d’adhérer au reste, totalement vide et la plupart du temps proche du B-movie totalement éculé.
Mention spéciale pour Elle Fanning, déjà superbe dans Somewhere, et qui s’octroie une nouvelle fois l’occasion de nous montrer tout le talent dont elle est capable. Un joli minois, un talent immense, une personnalité à suivre donc de très près.



























