Conan, c’est le film culte auquel personne ne voulait qu’on touche, et pourtant, Marcus Nispel l’a fait. Déjà responsable du remake de Vendredi 13, il avait montré un certain talent à créer une version alternative d’un personnage, tout en partant de la même base. Il réutilise donc ici sa technique, de façon plutôt concluante, s’éloignant totalement du film original afin d’offrir quelque chose de — plus ou moins — nouveau sans tenter de faire ressembler son personnage à celui qu’incarnait Schwarzy.
Plus gore, mais pas forcément plus violent, ce nouveau Conan n’atteint certes pas le niveau de son ancêtre, mais réussit pourtant à combler son public, pour peu que l’on aime les biceps, les grosses épées, et les sorcières démoniaques. C’est d’ailleurs ici que réside tout l’intérêt de la pellicule, car finalement, c’est la même chose que l’on voulait avec Vendredi 13, par de fioritures, pas de finesse, juste du splatter et un héros burné qui fonce dans le tas. Certes Momoa ressemble à une caricature, mais il faudra saluer son apparition in extremis dans la série Game of Thrones pour qu’il passe de gros gland à dreads de Stargate à acteur logique pour incarner le rôle, une aubaine !

Bref, Conan est un « remake » ultra-gore, bien plus que ce que l’on aurait pu en attendre d’une production à la base populaire, et démontrant un certain amour de Nispel envers une époque où le cinéma autorisait ce genre de violence sans faire sourciller les organismes de censure.
On pourra lui reprocher des personnages caricaturaux, dont un Stephen Lang qui parait bien terne en comparaison à James Earl Jones, mais le grand méchant se révèle être surtout Rose McGowan, rappelant beaucoup Edea, la sorcière maléfique de Final Fantasy VIII.
Techniquement parlant, l’ensemble assure plutôt bien (hormis pour le maquillage démesurément forcé de Momoa), avec deux grosses scènes qui resteront dans les mémoires, dont le combat contre les hommes de sables ou les serpents géants (clin d’oeil à l’original).
Pour conclure, que vous ayez aimé ou non l’original, ce nouveau Conan saura vous divertir, si tenté que vous sachiez l’appréhender pour ce qu’il est, un simple défouloire sanglant, avec des nichons mais pas de scénario. Si l’impossibilité de créer une barrière entre la pellicule affichant l’acteur Autrichien et celle-ci vous bloque, il ne sera pas étonnant que vous vous fassiez chier devant son amoncellement anarchique de scènes d’actions (qui ont au passage oublié la partie romantique sauvage Conan/Valeria).
Mention spéciale pour Morgan Freeman, inattendu en narrateur et plus souvent habitué aux voix-off de documentaires, donnant un aspect curieusement parodique au tout.


























