Prenez La Haine, Assaut et puis Critters, et vous aurez une vague idée de ce que peut être Attack The Block. Produit par les personnes responsables de Shaun of the Dead, on retrouve globalement l’esprit de ce dernier, sauf qu’ici ça n’est plus de la parodie de zombies mais d’invasions extra-terrestres. Le concept pourrait paraître un peu facile, mais grâce à tout un tas d’idées bien senties le réalisateur et scénariste Joe Cornish a réussi à servir un divertissement efficace et restant dans les limites d’un budget serré.
Chose inhabituelle, le tout ne se centre pas sur un père de famille qui veut sauver ses mômes ou encore des marines, mais tout simplement des banlieusards, de parfaits anti-héros qui s’offrent ici l’occasion de redorer leur blason, et auxquels on finit évidemment par s’attacher.
Constamment géré avec talent, le tout va sur les chapeaux de roues, enchaînant rires et tensions, lui donnant, en plus de son style Anglais, un cachet particulier renforcé par une bande-son tout simplement géniale signée Basement Jaxx (qui comme ce fut le cas pour Shaun of The Dead, remanie certains thèmes vintages d’invasions aliens). Certaines scènes de poursuites figurent d’ailleurs parmi les meilleures du genre, et on applaudira la mise en scène qui par moment impose des ralentis diablement efficaces décuplant le côté épique de la chose (dont un vers la fin qui est réellement sublime).

Bref, Attack The Block est la plus plaisante des invasions aliens que l’on ait vu depuis un moment, laissant loin derrière les navets qu’étaient World Invasion: Battle Los Angeles et Skyline. Quasiment aucun répit n’est laissé, on se marre constamment, et l’on est amplement satisfait après un Paul qui laissait sur une impression très mitigée. Il est d’ailleurs à déplorer qu’il n’ait pas eu le droit d’être distribué dans autant de salles que ce dernier, mais il est tellement plus facile de vendre du médiocre riche en stars et explosions.
Les effets-spéciaux ne sont pas en reste, servant des aliens inoubliables avec leurs dents phosphorescentes, plus originaux que les créatures mandibulaires qui se suivent et se ressemblent, et encore une fois rappellent les premiers films du genre (à noter que le coffret bluray collector sorti au Royaume-Uni affiche sur sa jaquette la mâchoire phosphorescente de l’un de ces monstres).
La distribution s’en sort plutôt bien, avec certains se distinguant plus que d’autres, dont John Boyega et Jodie Whittaker, mais pour ceux qui pensaient se régaler avec les conneries de Nick Frost, n’en espérez rien, il n’est là que pour vendre le film, se limitant à de brèves apparitions pour sortir quelques blagues.
Pour conclure, les amateurs de comédies parodiques du genre avec une dose appréciable de gore auront toutes les raisons de venir faire un petit tour dans cette banlieue du sud de Londres. L’humour étant décalé et typiquement Anglais, il est fort probable que les plus habitués au pipi/caca/vomi façon Very Bad Trip et consorts aient du mal à émettre de véritables rictus.
Mention spéciale pour Joe Cornish, le réalisateur et scénariste, qui s’impose indubitablement comme l’un des meilleurs créatifs du moment, et l’on comprend aisément qu’avec un tel talent il ait été choisit pour écrire le long-métrage Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, ainsi que celui d’Ant-Man. On en redemande !




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