Sulfures

Slasher Squatteur.

(Date de sortie DVD/Bluray : 13 septembre 2011 — Titre original : Don't Let Him In)


Bon, pas besoin de tourner autour du pot, puisque le titre en dit suffisamment (en VO du moins, puisque son titre français n’a aucun sens), de même que le slogan « que faire si vous avez invité un tueur en série en vacances ? ». Notre bande de petits potes se barrent pour un week-end en campagne, mais manque de bol, un serial-killer rode dans les parages, et le nouveau petit ami d’une des membres du groupe a l’air vachement bizarre, en plus d’être un gros con. De ce fait la direction se permet de jouer un peu avec nos nerfs, mais heureusement pas trop, car la farce dure 1h10, donc pas la peine de perdre du temps à planter un décor inutile.
Le concept est pas mal, fournit un moment de distraction correct, et malgré un budget visiblement maigre, il réussit à compenser avec quelques retournements de situations, souvent prévisibles, mais dans l’esprit slasher un peu rétro. Pas de quoi crier au génie, mais une idée sympa, quelques effets gores qui le sont tout autant, et c’est suffisant pour faire de ce Sulfures un produit facilement consommable, glissant sans râper la gorge.


Bref, Sulfures est le parfait petit film d’horreur sans prétentions à mater tard le soir pour s’accorder un moment de distraction. Ça file sans chauffer les neurones, certains passages se montrent amusants (dont celui où un flic raconte comment une prof a trouvé un corps dans la forêt, le tout monté façon parodie de films d’épouvante des fifties, avec le gros plan cadré sur la bouche de la femme qui hurle), et quelques instants réussissent à instaurer un minimum de tension, sans pour autant filer la chiasse.
On regrettera une fin un peu abrupte, qui aurait peut-être méritée quelques rebondissements à la Jason, à savoir le coup du « elle le tue, elle part en sens inverse, et on le voit en arrière-plan se redresser ». Autre point (volontairement ?) ridicule, le début qui commence par la fin, avec l’héroïne paumée dans la forêt et un plan sur la main du tueur qui tient un hachoir, suivi d’un « deux jours plus tôt », truc que l’on a vu 12.000 fois; au pire on mettra ça sur le compte de l’aspect rétro de la pellicule.
Pour conclure, les amateurs de films d’horreur partant d’une légère base originale auront un produit qui réussira à les divertir, surtout s’ils adhèrent à l’esprit slasher à l’anglaise. Ceux qui cherchaient une débauche de gore ne seront pas à la bonne, malgré quelques gorges tranchées et un étouffement aux asticots.
Mention spéciale pour Kelly Smith, réalisateur, producteur et scénariste, qui après une carrière de technicien donne un coup d’essai assez concluant. Espérons pour lui que tout cela mène à quelque chose.