Dans le petit monde du slasher, soit on copie sur ses prédécesseurs, soit on essaie de faire quelque chose de nouveau. Federico Zampaglione, le réalisateur, a bien compris ceci, et il a tenté le mix assez curieux du soldat post-Irak qui s’aventure en Europe afin de faire un parcours en VTT. Ça déporte le lieu du massacre, ainsi que le background, mais en définitive les cartes sont mal jouées, et on a vite fait de tomber dans le déjà-vu. Une fois n’est pas coutume, les chasseurs sont des gros cons, mais il y a pire que ça, l’inévitable nazi qui vie dans les bois et torture les gens qui ont la malchance de s’approcher trop près de chez lui. Pas super créatif me direz-vous, mais il a néanmoins bien choisi le lieu de l’action, et puis techniquement il a assuré, nous livrant des décors naturels assez somptueux, ainsi que d’autres, intérieurs, « joliment » détaillés, de même que quelques moments assez bien foutus, dont la course poursuite en 4×4 contre VTT.

Bref, Shadow est une production correcte, livrant quelques bons moments de tension, et réussissant à divertir, ce qui est évidemment le principal, même si l’on ne pourra pas nier qu’il transporte un bagage de défauts à peu prêt aussi volumineux que celui de ses qualités. Le nazi y’en a marre, le milieu Européen commence déjà à saturer (merci à Hostel et cie), même si pour une fois il est visuellement bien mis en valeur, le fond à base d’Irak est maladroitement utilisé, le gore n’est pas assez présent, et enfin, la conclusion est d’une connerie sans nom. Pas de quoi donc créer un nouveau personnage mythique pour venir rejoindre la longue liste des slashers, ni même créer de saga, et puis de toute façon on s’en fout, l’avoir vu une fois aura suffit.
N’espérez rien non plus de l’humour, qui est totalement laissé de côté, si ce n’est lorsque notre nazi se fera son shoot, lécher une grenouille aux effets psychotropes (inédit).
Pour conclure, si vous avez comme objectif de vous divertir avec une pellicule de 75 minutes, vous la tenez. Des défauts, certes, peu de gore, mais malgré tout une paupière coupée, un mec décollé d’une plaque chauffante géante, le genre de trucs qui sauront combler un public de novices en la matière.
Mention spéciale pour Marco Bassano, le directeur de la photographie, qui a su se distinguer, et apporter une touche particulière au film qui réussit à en décupler ses effets.


























