Faire des remakes de films vieux de 40 ans, ça passe ou alors ça casse. Dans le cas présent, on est en pleine stupéfaction, car la formule n’a pas, ou seulement peu été modifiée, et finalement, ça parait aussi rétro que l’original. Toutes les ficelles déjà-vues sont ici réutilisées à tort à travers, que ça soit le coup de la fille qui fait tomber ses clés dans la précipitation, l’inévitable instant où l’héroïne est cachée sous une table alors que le prédateur rode autour, ou encore le flic local ripoux.
On aurait un minimum de bidoche ou de tension, ça passerait mieux, mais il faudra bien trois quarts d’heure avant que le décor soit planté et que l’amie de notre héroïne (Amber Heard) disparaisse, puis soit retrouvée, et enfin qu’elles soient toutes les deux pourchassées.
C’est dire le niveau du programme…

Bref, And Soon The Darkness est un film sans saveur, bien en dessous de l’original (qui n’était d’ailleurs pas un chef d’oeuvre, si ce n’est dans le genre Grindhouse à l’anglaise), et l’on a du mal à comprendre l’intérêt d’un tel remake, hormis évidemment pour nous montrer une multitude de plans de la croupe d’Amber Heard en short jean moulant (elle en est d’ailleurs coproductrice — Amber, pas sa croupe).
A l’image de multiples adaptations, les choses ont été modernisées (téléphones portables, scooters MBK au lieu de Vespa — pas de quoi pavoiser non plus), mais ce qui peut passer en terme de science-fiction ne passe pas forcément en ce qui concerne les films chocs, qui au jour d’aujourd’hui n’ont absolument plus rien de choquant, tant les moeurs ont changé. On a même pas un viol, c’est vous dire à quel point c’est pudibond ! (on a tout au plus un mec qui s’énerve contre une porte et qui se fait engueuler par Karl Urban — ooouuuuh quelle folie ce film !)
Techniquement, il ne faudra pas être mauvaise langue, le budget était présent et dès les premières minutes les images parlent d’elles-mêmes, grâce à une photographie soignée, mettant très largement en valeur le décor Argentin, mais c’est bien tout ce que l’on pourra en retenir.
Pour conclure, si vous n’avez pas vu l’original, regardez le, et si vous voulez quand même regarder cette bobine, jetez-y un oeil, mais vous en devinerez tous les effets de surprise 30 secondes avant qu’ils n’interviennent. Les inconditionnels de jolies minettes, ou minets, pour Karl Urban, auront ce qu’ils recherchent, mais en revanche, pas d’horreur, ni d’épouvante, juste du léger thriller.
Mention spéciale pour la technique, qui comme dit plus haut est le seul bon point de la pellicule, qui parait de ce fait formatée pour bien présenter, afficher un beau trailer, mais offrir quelque chose bien loin de ce que l’on aurait pu — et dû — en attendre.


























