Adapté du livre éponyme de Mordecai Richler (auquel le film est d’ailleurs dédié, puisqu’il est mort en 2001), voici Le monde selon Barney, une comédie dramatique avec pour acteur principal Paul Giamatti, qui venait déjà de briller récemment dans Les Winners, autre production du genre, ou du moins presque. Pas de rencontre qui change la vie, mais malgré tout des erreurs, du pardon, de la rancoeur, de l’humour, en somme un panel très intéressant qui nous est servi dans un triptyque marital passionnant.
La fausse piste du meurtre non élucidé sert de base à ce flashback sur un passé plus ou moins tumultueux, où notre protagoniste cumule les mariages, alors qu’en définitive la finalité de tout cela, bien plus noire, n’aura absolument rien à voir. On ne sombre pas dans le mélodrame de bas-étage, et même si les larmes auront toutes leurs raisons de couler, de nombreux violents éclats de rires seront provoqués tout au long de la bobine, en particulier grâce à Dustin Hoffman, qui y tient un second rôle jubilatoire.
Bref, Le monde de Barney se classe directement dans les meilleures productions du genre, évidemment grâce à son casting de choc, mais surtout grâce à sa narration passionnante et le nombre considérable d’émotions qu’il procure, mises en scène par le biais des trois parties sa vie.
Barney n’est pas un homme merveilleux, il a fait des choses merveilleuses, ainsi que d’autres pas très Catholiques (ou Juives, dans le cas présent), c’est juste un homme, ni plus, ni moins, qui par l’interprétation poignante de Giamatti en devient touchant et grandiose. L’épaulent dans tout cela la direction parfaite signée Richard J. Lewis, qui est bien loin de la série Les experts, ainsi que la photographie, aux couleurs chaudes, assurée par Guy Dufaux, qui s’était illustré avec Les invasions barbares, entre autres.
Les 135 minutes de la bobine pourraient faire peur, mais c’est si bien ficelé que ça file à toute allure, au point que l’on regrette de devoir quitter Barney à la fin de la séance, comme si soudainement il venait de mourir.
On appréciera la présence de Rosamund Pike, pétillante, Minnie Driver, diablement hystérique, Scott Speedman, hilarant en junkie, ou encore Jake Hoffman, le fils de Dustin, qui commence à s’imposer suffisamment pour ne plus se limiter à de la figuration.
Pour conclure, si les récits de vies simples mais narrées de façon enivrante vous plaisent, alors Barney aura toutes les raisons de trouver une place dans votre coeur. Il est possible que les personnes ayant lu le livre soient déçues, mais c’est souvent le cas lors des adaptations cinématographiques; néanmoins, ne connaissant pas le matériel original, il me serait impossible d’en faire la comparaison. A vous de trancher.
Mention spéciale pour Paul Giamatti, qui une nouvelle fois fait d’un film SON film, et s’impose comme étant l’un des acteurs les plus en vogue et les plus prometteurs du moment. On en redemande !



























