Révéler les origines de l’humanité, et de Dieu, voici le défi auquel s’est livré Takashi Miike.
Coïncidant plutôt bien avec la récente sortie de Man From Earth, cette pièce vient redorer le blason d’un été dénué de réflexion, la faute à une profusion de crétineries qui se sont succédées en salles.
Adapté du manga éponyme de Shinji Kimoto, et mêlé à l’esprit déjanté de Miike, il avait tout pour devenir une perle, ou au contraire un ratage. Pour faire simple, il se place entre les deux. La production a visiblement bien fait comprendre à Miike ce qu’elle voulait, à savoir de la réflexion, oui, mais aussi une aura fusionnant Shonen et drama, comme l’était déjà le matériel de base. Ça marche plutôt bien si l’on adhère aux différents styles, mais dans le cas contraire cette histoire d’ados un peu niaise aura tendance à dépiter l’occidental qui y est allergique. Le cul entre deux chaises, le nippon balance de ci de là des effets visuels sympathiques, mais manquant d’audace, si ce n’est lors de son final plutôt étonnant, avant de retomber durant ses dernières minutes dans un épilogue rugueusement obséquieux.

Bref, God’s Puzzle dispose d’une narration correcte, allant des fois même jusqu’au très bon, notamment lors du long débat d’étudiants sur la création de l’univers. Le personnage principal a été particulièrement bien trouvé, c’est un cuisinier qui a échangé sa place à la FAC avec son jumeau et se retrouve à étudier la physique quantique, en somme une excuse parfaite pour nous faire découvrir à travers ses yeux les finesses de cette science compliquée, sans trop nous prendre pour des cons, simplement pour des profanes.
Comme d’habitude dans les récits Japonais les sous-histoires se multiplient, dont le parcours initiatique de l’autre jumeau qui ne présente aucun intérêt, ou encore les amourettes entrecroisées. Le jeu de l’acteur principal, Hayato Ichihara, est légèrement surjoué, mais plutôt amusant, et quant au reste de la distribution ça reste correct, évitant l’impression d’un usage massif de stupéfiants. Point non négligeable, et typiquement nippon, l’importance de l’art dans l’univers a été mise en avant, ce qui avait été tout bonnement éludé dans Man From Earth (ceci dit le nihilisme de celui-ci le rendait incompatible avec cet aspect).
Miike a servi un produit pas trop con, quoique un peu long, plutôt cool, mais pas trop barré, en somme quelque chose de relativement populaire, même si les fans du réalisateur risquent de rester un peu sur leur faim.
Pour conclure, les amateurs de mélanges de genres, ici le dramatique, le sentimental, et la science-fiction, seront comblés par cette production. Ceux qui n’y adhèrent pas, et qui s’attendaient à un révélation improbable sur l’origine de Dieu comme aurait pu nous la servir Miike n’auront pas cette dose de LSD cinématographique à laquelle il nous avait habitué.
Mention spéciale pour Hayato Ichihara, qui était taillé pour le rôle, son expérience en matière de shonen/comédie/drama n’étant plus à remettre en question, et cela sans parler de son charisme particulier.


























