Shaun of the Dead s’était encré dans la parodie, puis Zombieland avait joué la carte du zombie movie grand public, voire familial, mais cette fois on fait un gros retour dans les années 80/90, dans un esprit très proche de Braindead, avec du comiquo-gore répugnant et marrant. Néanmoins, le tout est assez contemporain, et l’on pourrait aisément le comparer à South Park, son humour s’en prenant à peu près à tout le monde, que ça soit les terroristes, les rednecks, les gays, les cathos ou encore les démocrates. Mais voilà, à l’inverse d’un Braindead, cette production n’arrive que par moment à faire cohabiter les deux univers (la scène du repas/coming-out est cependant une franche réussite), dissociant les scènes drôles des gores, cassant un peu l’effet global. On pourra également lui reprocher quelques parties un peu tirées en longueur, usant à répétition des mêmes traits d’humour et donnant par moment l’impression que le film tourne en rond.

Bref, Zombies of Mass Destruction est un film sympathique, divertissant, et livrant son lot de scènes mémorables, mais sombrant un peu trop souvent dans le huis clos nocturne, la faute à un budget qui empêchait Kevin Hamedani, son réalisateur, de faire les choses en grand. Visuellement c’est moins friqué que Zombieland, mais ça se permet le politiquement incorrect, d’un trash que le mainstream ne pourra jamais offrir, et qui évidemment l’a condamné à une sortie directe en vidéo.
Hamedani a quand même pas trop mal géré son budget, et niveau dégeulures, démembrements et autres joyeusetés typiques du genre, ça dépote pas mal.
Côté acteurs, ça surjoue comme à l’accoutumée, et hormis Frida l’Iranienne (Janette Armand) et le couple de gays (Doug Fahl et Cooper Hopkins), peu resteront dans les mémoires pour leur talent de comédien.
Pour conclure, les amateurs de films qu’il ne faut pas regarder à l’heure du repas trouveront ici de quoi avoir quelques hauts-le-coeur tout en se payant une bonne tranche de rigolade. Les autres auront du mal à adhérer à la profusion de blagues proches de South Park ou Postal, pas la peine de préciser qu’une bonne dose de second degré sera donc nécessaire.
Mention spéciale pour Janette Armand, qui incarne l’héroïne, sexy en diable, mais qui aurait gagné à avoir un personnage un peu plus couillu. Malgré tout, un grand bravo.


















