La Planète des singes : les origines

Weta Porn.

(Date de sortie cinéma : 10 août 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 10 décembre 2011 — Titre original : Rise of the Planet of the Apes)


En matière de science-fiction, tout semble avoir été déjà fait, puisque la grande majorité de ce qui sort en salles n’est qu’adaptations de nouvelles de Philip K. Dick, ou remakes de films vieux de 40 ans, voire plus, ou moins. La Fox a perdu la main sur les licences Marvel, et dans un élan de désespoir, elle pioche dans son catalogue Golden Age afin de nous proposer une line-up identique à celle qu’elle eut servi à nos parents ou grands-parents. En attendant donc La vie secrète de Walter Mitty, remake du film éponyme de 1947, voici celui de La Conquête de La Planète des Singes, datant quant à lui de 1972.
Guère différent de son ancêtre, celui-ci se concentre davantage sur l’aspect visuel que sur l’histoire proprement dit. Néanmoins, là où il se démarque, c’est par le place réduite qui est laissée à l’espèce humaine, dont notamment un Franco presque aussi parfait qu’il est plat. Ici tout n’est qu’exhibition de performance capture, et au bout des 100 minutes que comptent la bobine, on ne sait pas trop si l’on vient de voir un film ou une très longue démo technique. Weta Digital,  le studio de post-production fondé par Peter Jackson, a globalement fait du bon boulot (ainsi que les autres agences qui ont participé, dont Halon, Pixel Liberation Front et Aaron Sims), et c’est d’ailleurs le pilier central du film, le tout étant égayé par des béquilles scénaristiques d’une profonde débilité, gorgées de messages édulcorés pour plaire au public qu’il vise, les 8-16 ans. Rick Jaffa et Amanda Silver, le couple de scénaristes, est absolument incapable de concevoir quelque chose d’adulte ou de réfléchi, sans pour autant ne pas être calculé. La machine a été pensée, développée et élaborée au millimètre près pour titiller la corde sensible d’un public jeune et varié, recyclant des messages tellement usés et laissés de côté depuis quelques décennies qu’aujourd’hui ils font l’effet d’une bombe pour ceux qui ont perdu leur virginité il n’y a encore que quelques étés.


Bref, La Planète des singes : les origines n’est pas un film d’action, ni un drame, ni un film de science-fiction; c’est une compilation, le genre que l’on vous sort en début d’été (ou vers la fin, quand on est pas trop sûr de la réception), avec quelques tubes et les trois quarts restants étants de la merde invendue. Histoire de faire chier le puriste qui aura eu la malchance de rentrer dans la salle, ils n’hésiteront pas à replacer la scène de La Planète des Singes de 68, où Charlton Heston s’écriait « c’est une maison de fous », mais en intervertissant les rôles, au cas où l’on n’ait toujours pas compris que le film était une métaphore sur le comportement de l’homme (et cela sans oublier le « NON ! » que prononcera César, mot qu’il proscrira ensuite dans l’épisode 5). En 40 ans d’évolution, le message colporté par la licence simiesque a atteint le fond des chiottes, tout comme Idiocracy l’avait prédit, et il est fort probable que le blockbuster de l’été 2050 soit La révolte des Télétubbies — ou un truc du genre. Ce nouvel opus n’a pas l’humour de Doux, dur et dingue, ni l’écologisme ou l’émotion de Gorilles dans la brume, ni l’actioner ou la critique politico/scientifique de L’armée des 12 singes, et évidemment pas l’essence d’un soupçon de zeste du film instigateur, et encore moins du livre de Pierre Boulle. Pendant 80 minutes le film se regarde le nombril, nous servant en boucle du Weta Porn et des phrases d’une connerie très post-2000 (« tu essaies de contrôler des choses qui ne sont pas censées l’être »), jusqu’à la remontée gastrique, avant de finalement balancer toute la sauce dans un final expédié si vite que l’on a l’impression que Durden a encore joué au con avec la bobine. Finalement on est content que ça soit fini, mais hélas non, Jaffa et Silver venaient de regarder l’intégrale des Marvel juste avant (ainsi que Green Lantern), et ils se sont dit que s’ils ne plaçaient pas un cliffhanger couillon, surtout après autant d’ennui, les gens ne voudraient pas en voir la suite. Merci, mais le virus colporté par un mec en avion qui détruit la race humaine on l’a déjà vu, ça s’appelait « L’armée des 12 singes ».
Pour conclure, le moviegoer de base qui se fait chier durant son mois d’août trouvera ce qu’il recherche, surtout si l’on tient compte de ce qu’offre actuellement la concurrence. Coup de bol, c’est pas trop long, et pour le puriste le supplice sera moins douloureux qu’un Brit milah, mais il n’en sortira hélas pas indemne.
Mention spéciale pour Weta, qui comme pour Avatar, s’occupe des effets-spéciaux, mais aussi du scénario, de la mise en scène, du montage, de l’interprétation, de l’éclairage, et peut-être même de la cantine, parce que visiblement, il n’y a qu’eux qui se sont bougés le cul.

  • caca

    Critique vraiment nul, aucune argumentation valable… Je ne pense pas que le film est était compris ou vu dans de bonnes conditions.

    Allez le voir ce film est monstrueux et bien au dessus de ce qu’on a l’habitude de voir au cine.. Le film est d’une rare intensitée..

  • drixc

    «  »"critique vraiment nul(le) (…) je ne pense pas que le film est(ait) était (été) compris ou vu dans de bonnes conditions (…) d’une rare intensité( ) »" »
    désolé c’était plus fort que moi
    Cher Caca, le principe d’une critique c’est justement d’argumenter, dire d’un film qu’il est génial et au dessus du lot ça s’appelle donner son avis mais ce n’est pas une critique.

    Pour ma part je ne serai pas aussi virulent que Slash, l’exploit de ce film est d’avoir donné le premier rôle à un singe, avec succès! César est tour à tour attachant, drôle, puis fascinant et inquiétant. les humains quant à eux sont transparents et l’on en vient à se dire qu’ils n’ont que ce qu’ils méritent.

    Mais alors pourquoi dans ce cas tout gâcher à la dernière minute avec le générique de fin qui présuppose la propagation accidentelle d’un virus mortel???
    On passe d’une allégorie traumatisante dans la version de 1968 (la statue de la liberté symbole de la puissance autodestructrice des hommes) à un pitoyable remake de l’armée des douze singes….

    Du coup l’humanité n’a presque plus rien à se reprocher: le virus est un accident qui partait d’un bon sentiment (guérir les malades atteints d’alzheimer) son propagateur était de toute façon un connard de voisin responsable de l’enfermement de César, bref c’est vraiment pas de bol tout ça, on pourrait tous vivre heureux mais y a toujours un connard ou un grain de sable pour tout foutre en l’air……

    hum hum….il y a des silences et des images qui en disent plus que tout, et c’était là toute la force de la version de 1968, loin de coller au livre de Pierre Boulle, il avait pourtant renforcé son message final comme rarement un film ne l’aura fait.

    Cette version de 2011 c’est comme une crème apaisante «  »"mais non c’est pas de votre faute »" » entend on presque à la fin…..
    Comme d’habitude des effets spéciaux incroyables au service d’un scénario peu crédible baigné d’une morale pitoyable…..un blockbuster ricain quoi! :D

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Merci pour ce commentaire, j’ai cru que je ne me ferais envoyer chier que par des types aux pseudos scato et à l’orthographe pré-cm2.

      César avait déjà le premier rôle dans la Conquête, ainsi que la Bataille de la planète des singes. La supériorité de celui-ci était que le « père » de César était plus développé, et surtout il aura tenté de protéger son singe jusqu’à donner sa propre vie (le maximum que fait Franco c’est graisser la patte au proprio du refuge — quelle bonté d’âme !). Ici personne ne meurt, si ce n’est des personnages en 3D, et quelques types dont on avait rien à cogner (le boss — black, bonjour le cliché — et quelques keufs anonymes).
      Ça serait bien qu’un jour la technique soit mise au service d’un VRAI film (j’entends par là avec un VRAI scénario).

      Après ça on s’étonne que la place laissée à des films comme The Murderer (ou autres) soit ridicule…

      • http://marvelll.free.fr Marvelll

        Un vrai scénario The Murderer… ^_^

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          J’ai jamais dit que The Murderer avait un vrai scénario, « jeune con ».

      • Klaus

        Y’en a plusieurs qui meurent, je ne me souviens plus du nom mais il y a l’assistant qui au develloppe la maladie et qui en meure (qui est une mort assez important en soit puisque cela signifie que le virus est mortel), le jeune gardien qui meurt électrocuté. Tu ne cite pas les personnages en 3D certes, mais ne dis pas que personne ne meurt, car c’est faux.

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          con

          • http://marvelll.free.fr Marvelll

            And his name is Mr Mechant :D

  • http://marvelll.fr Marvelll

    « Ici personne ne meurt,  » ben et Tyler?

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Non c’est son personnage qui meurt. T’as vraiment cru que Tyler Labine était mort ? Pauvre biquet ! :(

  • Pat

    wouh ça tape fort ici ! J’aurais été moins sévère (j’ai globalement apprécié), mais dur de contredire une telle argumentation.
    Bravo quand même !

  • Leproces2

    Peace and love enfin!!!! Vous allez finir par singer Naulleau et Zemmour recevant leurs victimes chez Ruquier ! Elle est nulle ! Ok je sors mais malgré tout c est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces ;-(

  • Petitpain

    Jolie critique mais à part démonter le film, je vois pas vraiment où sont les arguments.

    On perds le côté philosophique pour faire un remake de pur divertissement, je vois pas où est le mal…

    Je te cite : La note est déterminée en fonction du divertissement général, et n’est pas une note technique.

    En passant la moyenne presse/publique d’allociné tourne autour de 3/4 sur 5, certains me diront que c’est pas fiable mais c’est assez rare de voir un gros film vraiment mais vraiment tout pourrave ayant une note aussi élévé.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Bon, je passerais outre l’argument de la moyenne presse/publique, puisqu’il m’arrive de l’utiliser quand j’ai envie de faire chier les gens. Me citer est une chose adorable, et j’en suis fier, mais c’est mieux de le faire quand on comprend ce que l’on copie/colle. J’ai amplement répété que je m’étais fait chier durant le film, et que le seul point fort était la technique; le 3/10 ne te parait donc pas cohérent ? Tu aurais préféré 1/10 ?

      Merci pour ta sollicitude.

      • Petitpain

        En gros, c’est du j’aime pas, wahou super génial !

  • Xavier76

    Salut
    Juste par curiosité, j’aimerais savoir parmi les 5 films de la saga planète des singes + celui de Tim Burton le(s)quel(s) tu as apprécié(s) et pourquoi ?
    Merci.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      J’en ai suffisamment parlé dans l’émission, mais au cas où tu ne l’aies pas encore vu, voici à peu près ce que j’en pense.
      1. La planète des singes, excellent pour sa métaphore et son adaptation moins acadabrante du final du roman. Les singes ont mimé le comportement de l’homme à l’époque industrielle et reproduisent les mêmes erreurs.
      2. La conquête de la planète des singes. Terrible dans la place laissée aux singes. Leur conquête parait plus plausible, les hommes les ont domestiqué et il y a 10 singes pour 1 homme (à l’inverse des origines, où leur faible population rend peu crédible leur capacité à prendre le pouvoir).
      3. Les évadés de la planète des singes. Pas terrible, mais le pire arrive dans les autres.
      4. La bataille de la planète des singes. Quelques petits points intéressants, mais le reste est une bataille d’un ridicule sans nom.
      5. Le secret de la planète des singes. Heston fait une apparition au début, un autre astronaute se plante sur la planète, Nova est conne comme une table, les humains avaient en fait survécus, et ont aussi évolués et développé un pouvoir télékinésique dont ils se servent sur les humains non-évolués pour les faire s’entre-tuer. CON. CON. CON.
      6. La planète des singes 2001. Les singes sont à l’époque médiévale, donc plus de possibilités de critiquer la société contemporaine, ils sont très cons, Wahlberg est à chier, Burton ressert des scènes à l’identique dans des clins d’oeil foireux. Aucune morale.

      Voilà de façon résumée ce que j’en pense. En espérant que ça ait pu t’éclairer… :wink:

  • Klaus

    Franchement je trouve ta critique tres injuste, quand tu dis qu’on ne sait pas si on assiste à un film ou à une demo technique je trouve que tu es de mauvaise foi. Certe il y a beaucoup d’effets speciaux, oui le film est centré sur les singes (et en particulier Cesar) mais c’est tout à fait normal. A vrai dire le contraire me semblerait tout a fait illogique, puisque c’est sensé nous montrer comment tout cela à commencer.

    Pour moi ta critique est basé sur un avis sans remise en question. Tu ne pese pas le pour du contre. Donc pour mon avi, ta critique est nul. Desolé de dire ça comme ça , mais je ne trouve pas d’autres mots.

  • koikonfass

    Salut!

    Je suis entièrement d’accord avec Mr Méchant, et surtout son dernier post.

    Sa critique est loin d’être injuste, bien au contraire.
    Il n’ya que des gens incultes et qui manquent ainsi de jugeotte pour ne pas savoir faire la différence entre une oeuvre aboutie, travaillée sous TOUS ses angles et un blockbuster commercial dénuée de crédibilité.

    Ce film est une contrefaçon de pietre qualité du point de vue de son scénario. Certes les effets spéciaux y sont, toujours en guise d’aspect novateur quant à l’évolution de la technique mais le tout reste une semi-oeuvre, pour moi mort-née.
    Je trouve dommage que beaucoup de gens aiment ce courant dominant de films méconiums.

    Je ne critique pas par là les jeunes ignards bien évidemment, mais les moins jeunes qui ont oublié que le cinéma était le 7ème art.

    Il fut un temps où on écoutait des histoires en cassettes AUDIO.
    Comparez les anciens films de La planète des singes à ce remake en AUDIO, et vous comprendrez pourquoi Mr Méchant dit qu’il est à chier.
    Dans l’un, ont croirait que le scénario a été fait par des sociologues, scientifiques et philosophes alors que dans l’autre l’histoire aurait pu être fait par un pré-cm2 scatophile abonné à science-et-vie-junior.

  • Mr Gentil

    Pourquoi dès qu’un film brille de par ses effets spéciaux faut-il que certains s’insurgent contre le scénario? Hein Mr Méchant, t’aurait peut-être voulu que les singes soient des comédiens déguisés? On est en 2011 mec pas en 1940! Tu veux faire l’intéressant avec ta critique, tu n’as réussi qu’à montrer que t’es qu’un hater de plus. Thumbs up à tous ceux qu’ont aimé le film

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      1968, pas 1940. t’as pas loupé l’occasion de passer pour un con. Bravo.

  • JaiLesBoulesPierre

    Si le but de ce film est le divertissement pur et simple alors il remplit sans doutes ses objectifs. Beaucoup de rythme, de beaux effets. Nous ne somme pas tous obligés de regarder un film pour la réflexion.

    Cependant on touche ici également au chef d’oeuvre de Pierre Boule et du film culte de 68 et je ne peux que rejoindre Koikonfass et Mr Méchant. l’homme surtout dans le film va faire fasse à son animalité et l’animal à son humanité avec au final les mêmes erreurs pour les uns et les autres. Une oppression constante d’entrée de film par des décors désertiques, de longs silences, une absence de personnage…Avec du naturel on fait du grand. Que dire de Roddy McDowall dans sa gestuelle, son regard, ses sons que je trouve plus crédible que le césar de synthèse au regard vide. Et taylor qui erre dans ce monde de fou, il veut revenir chez lui retrouver sa place d’espèce dominante et le spectateur suis cette quête naive jusqu’à la scène finale que l’on pressent depuis déja bien longtemps…welcome home taylor.

    Sans être aussi virulent que mes prédécesseurs je préfère de loin 68 et saga à 2011.

    • Gork

      « Cependant on touche ici également au chef d’oeuvre de Pierre Boule »

      Question de point de vue, pour ma part c’est une oeuvre très misogyne, le héros tente de ramener une femme ayant un QI d’huitre dans son époque juste parce qu’elle est bien gaulé.
      Elle aurait été moche, il l’aurait laissé sur le carreaux, mais vive le chef d’oeuvre !

      • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

        Mon cher ami, tu confonds ici le film et le livre. Quoiqu’il en soit, un protagoniste (et pas un héros, car ça n’en est pas un) n’implique pas qu’il soit parfait, il peut avoir des défauts. En l’occurrence il aime baiser des connes, et aimer des écervelées qui se taisent c’était très commun dans les années 60.
        Et même au jour d’aujourd’hui, je doute qu’un homme qui soit perdu dans un autre univers et qui ait la possibilité de baiser à volonté des top-models qui ferment leur gueule n’en fasse un cas de conscience. Face à des humains du niveau de néandertaliens on se comporte comme un néandertalien, point.
        Merci en tout cas d’avoir mis en avant ce point qui ne fait que renforcer la qualité de l’oeuvre.

      • JaiLesBoulesPierre

        Pour ma part j’aurai plus vu une attitude paternaliste, cependant ou avez vous vu un sentiment d’hostilité, de mépris et de dégoût de la part du professeur dans le roman envers Nova…cordialement

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          Il me semble surtout qu’il ait fait un amalgame entre le livre et le film, qui ont une base commune, mais de nombreux points de divergence, cela venant du fait qu’un français n’aura pas forcément les mêmes choses à critiquer qu’un américain.
          A noter également qu’une adaptation japonaise existe, que je n’ai hélas jamais vu, mais que j’essaierais de voir un jour (en espérant qu’elle vaille le coup, mais vue l’influence américaine au Japon dans les années 70 je doute que ça soit très « libre »).

  • Socrate

    A moins d’être très con, je comprends mal comment on pourrait apprécier ce film… :sick: