En Quarantaine 2 (Quarantine 2)

La crise de la quarantaine.

(Date de sortie DVD/Bluray : 17 août 2011 — Titre original : Quarantine 2)


Mettons fin aux rumeurs, voici les faits. Si les américains font des remakes, ça n’est pas nécessairement pour exploiter des concepts étrangers (surtout qu’ils font souvent appel aux réalisateurs et scénaristes originaux, afin d’éviter de se planter et/ou recevoir des critiques négatives de ces enfoirés d’européens), mais simplement parce qu’ils sont incapables de faire des doublages de qualité, si ce n’est pour les films d’animations (moins exigeants pour ce qui est de la synchro labiale) ou les grosses prods de coups de tatanes Made in HK (même si le résultat est immonde, cf Wo hu cang long <- oh lui, il dit Tigre et Dragon en mandarine…). Du coup les films étrangers n’ont que rarement droit à de vraies exploitations (si ce n’est quelques merdes comme Amélie Poulain ou Taxi) et sont la plupart du temps condamnés à ne sortir que dans une poignée de salles, en VO sous-titrée. Ça peut paraître idiot le fait que les américains ne raffolent pas des sous-titres, mais Titanic et Avatar seraient restés totalement anonymes en France s’ils n’avaient pas été doublés, c’est un fait.
Autre argument impossible à contrer, comment profiter d’un film d’angoisse quand on doit lire un texte défilant en bas de l’écran, et donc louper les trois quarts des spooky-times ?
Après cette leçon de sociologie hamburger dont personne n’avait rien à foutre, mais que j’ai placé là parce que je voulais la placer dans une critique que personne ne lirait, venons-en au film en lui-même.
Opening Screens : Stage 6 — euh qui a pété ?
Stage 6, pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des types qui exploitent des licences que les créateurs originaux n’avait prévu de poursuivre. On leur doit Motel 2, film toupouri, ainsi que 30 jours de nuit 2, toupouriossi, et dès les premières minutes, leur piqué visuel s’impose, celui du DV. Non, c’est pas un DV-movie tourné avec une caméra de poche Aiptek, mais un film tourné avec des caméras DV pro, ce qui visuellement ne change pas grand-chose, si ce n’est que les caméramans ne secouent pas leurs caméras dans tous les sens, merci la steadycam.
Un gros a bu de la bière, ensuite, la créature encore plus salope que le requin, le hamster (SPOIL: en fait c’était un rat, mais c’est DPAM), lui mort le doigt, et là c’est le mimi, c’est le mimi, c’est la memerde, il vomit, et un chat mange son vomi, et là c’est le vovo, c’est le vovo, c’est le veau marengo, tout le monde devient zombie à son tour, dans un avion qui se pose assez vite, histoire qu’on ne dise pas qu’il plagie Plane Dead.
Fondamentalement, c’est pas abyssal, parce que c’est John Pogue qui écrit et réalise, et même si l’on ne lui doit rien de fabuleux (The Skulls, Le vaisseau de l’angoisse…), il lui arrive d’avoir de ci de là des flashs sympathiques, et c’est exactement ce que l’on a ici. Il pompe un peu à gauche à droite, histoire d’habiller ses idées, et finalement, ça distrait. Ça ne réécrit pas les codes, mais les exploite, et histoire de semer un trouble indicible, c’est la suite de Quarantaine, remake de REC, mais n’est pas un remake de REC 2, mvoyeeez.


Bref, En Quarantaine 2 satisfait sur certains plans, notamment parce qu’il est pas trop chiant, mais déçoit, car niveau gore, c’est presque du tout public. Les spooky-times sont plutôt bien placés, sans pour autant nous obliger à prendre un imodium, mais y’aura de quoi satisfaire les ados. La dernière partie renoue avec le concept « i see what you see » du DV-movie style de REC, et cela grâce à des lunettes infrarouges, servant une phase de tension somme toute assez efficace, étant évidemment LA grosse idée qu’avait visiblement en tête Pogue depuis le début du film, se disant « pinaise vivement qu’on y soit ! ».
Il ne faut pas non plus s’y tromper, En Quarantaine 2 est aussi et surtout une tentative facile et éhontée de faire du fric avec une licence, qui bien qu’elle ait été rentable, a curieusement été abandonnée à une production qui de par sa réputation, éclaboussera le reste, ce qui n’est pas très malinois.
Pour conclure, si vous avez la tolérance de supporter cette chaloupe tout juste suffisamment fournie en vivres, vous aurez la possibilité de passer un bon moment. En revanche, si votre érection (ou wet panties, pour les filles) n’est pas retombée depuis l’annonce de REC 3, attendez celui-ci, même si ce En Quarantaine 2 n’a plus vraiment grand-chose à voir avec la franchise.
Mention spéciale pour la scène d’infrarouges, qui comme dit plus haut, est le seul vrai gros potentiel du film, et le sauve du crash. Gimme Five Pogue !

  • http://www.riona.fr Riona

    Sauf qu’il ne s’agit en aucun cas de Zombies ;)

    Il s’agit ici d’une variante bien costaud du virus de la rage.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Comme quoi, vaut mieux réfléchir avant de causer et débiter des conneries.
      Dans tous les films les morts reviennent à la vie de façon façon différentes, que ça soit les radiations pour La nuit des morts vivants, les produits toxiques dans Le retour des morts-vivants, le virus dans 28 jours plus tard, ou encore même les interventions d’extra-terrestres dans Undead.
      Que ça soit une variante du virus de la rage ou pas, on s’en fout, ils deviennent barges et bouffent les gens, ce sont donc des zombies. CQFD.

      • http://marvelll.fr Marvelll

        Si on est pointilleux, effectivement, ce ne sont pas des zombies. Ni dans La nuit des morts-vivants, ni 28 jours plus tard, ni dans Undead. Le zombie étant un mort réanimé par un sorcier vaudou et placé sous son contrôle. Par simplicité de langage, on définit par le terme zombie tout mort pouvant marcher et cherchant à bouffer de la chair. Donc les enragés de En Quarantaine rentre dans cette définition…

        Pour Riona : http://fr.wikipedia.org/wiki/Zombie_%28mort-vivant%29

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          Il y a aussi ce que l’on appelle les real-life zombies.
          En voici un exemple =]

  • gégé

    Au cas où, la première photo n’est pas celle de la meuf qui va sauver les couilles à rené, mais plutôt celle qu’on voit en image fixe pour la vidéo de la bande annonce.

  • http://www.silence-action.com/ Dom

    J’ai eu peur : sur l’affiche, j’ai cru un instant qu’il s’agissait de Sarah Michelle Gellar.
    sinon pour les remakes j’avais lu je ne sais où qu’ils (ils = HOLLYWOODLAND) préfèrent racheter des droits, tourner un nouveau film, et que tout cela leur s’avère moins coûteux et plus profitable que d’exploiter un film étranger avec des sous-titres.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Plus profitable c’est sûr, mais moins coûteux j’ai du mal à le croire. Une autre chose est sûre, dans le cas des films asiatiques la majorité des occidentaux ne différencient pas les acteurs, du coup beaucoup préfèrent par exemple Ringu US. C’est aussi une des raisons qui poussent ceux-ci (les asiats) à avoir recourt à beaucoup de teintures et maquillages afin de se différencier et que l’on arrête de dire qu’ils se ressemblent tous…

      • http://marvelll.fr Marvelll

        Faut quand même exagérer en disant qu’ils se ressemblent tous :D avec nos blondes et brunes, on est pas mieux lotis. Rien que récemment, je n’arrive pas du tout à faire la différence entre les deux rôles masculins de Comment Tuer Son Boss?. C’est encore plus hallucinant sur l’affiche.

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          C’est pas moi qui exagère. Je connais très peu de monde qui accepte de regarder des films asiats. Et ceux qui le font comprennent rien à Ringu et arrêtent pas de demander « c’est qui lui ? c’est le mec qu’on vient de voir ? ».
          Pour les caucasiens y’a pas que blond et brun, y’a tout un panel de couleurs. Nous n’avons pas les mêmes traits distinctifs entre ethnies, et on se base le plus souvent sur la couleur des cheveux pour identifier les gens que l’on connait. Les asiatiques ne peuvent pas le faire, du coup leurs traits distinctifs sont tout autres, le plus souvent c’est le nez (d’où l’obsession qu’ont les asiats envers leur nez — Miku dans Wasabi y fait tout le temps allusion, tout comme Jackie Chan dans ses films). C’est d’ailleurs la même chose pour les noirs. Et inversement, pour les asiats et les africains, nos cheveux n’importent peu, nos visages sont blancs, paraissent identiques, d’où le terme « gwaïlo » employé par les chinois pour designer les blancs (littéralement fantômes nocturnes).

  • spif

    quel film mauvais ! Sa ne vo pas rec 2 ! Oh non !! De toute façon les films avc des epidemi qui rend les gens en « zombie » et les films de zombie j’enfais une overdose ! Dsl romero … Mis apar « la nuit des mort vivan » et « zombie » le reste que du cliché ! :woot:

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      T’oublies 28 jours plus tard, le retour des morts-vivants et évidemment tous les Lucio Fulci…

      • Thomas Cortado

        Franchement le premier Rec était très bien, sauf la fin qui était à chier. Quarantine 2 est bien meilleur que la suite de Rec par contre. Ensuite, j’avoue faire partie des rares qui préfèrent voir les films d’horreur en VO, parce que souvent les intonations de la voix, les cris sont beaucoup plus crédibles et qu’en plus on profite pleinement de toute l’ambiance sonore. Or les cris et l’ambiance sonore, c’est un peu tout ce qui fait le charme d’un bon film fantastique ou d’horreur. Après je trouve intéressant les jeux d’écho entre Rec et Quarantine: au pays de l’Opus Dei, on parle bien évidemment de complot ecclésiastique tandis que chez l’Oncle Sam, c’est plutôt de terrorisme et de fanatisme.

  • spif

    c vrais ! Mais se que j’ai sité reste les mieu pr moi ! Parcontre question « zombie » un film qui restera ds ma memoire et le culturisme « braindead » ! Certe moin cerieu … Mais tres bon film :love: domage que peter ne fais plu dans genre ;-(

  • Thomas Cortado

    Si Quarantine 2 n’est pas un chef-d’œuvre, il y a quand même quelques très bonnes idées j’ai trouvé, notamment au début, le jeu de fausses pistes autour de qui est vraiment contaminé: le copilote, malade à cause de son chien (référence au premier Rec), le jeune black qui éternue, la mémère avec son chat, le gros qui se fait mordre par un rat, etc… Il y a aussi un côté un peu The Descent dans la façon dont l’épreuve révèle les oppositions entre les individus, par exemple quand l’héroïne hôtesse de l’air insiste pour abattre elle-même sa propre collègue, qui est également son amie et son modèle (elle sait bien mieux réagir qu’elle aux évènements, ce qui lui coûte d’ailleurs de se faire mordiller les lèvres au tout début). Après, photographie, maquillage, scénario, c’est à chier, on est bien d’accord.