The Murderer (Hwanghae)

Marche ou crève.

(Date de sortie cinéma : 20 juillet 2011 — Titre original : Hwanghae)


The Murderer, c’est l’histoire d’une vie de merde. Peu sont les films à s’intéresser au problème des provinces reculées de Chine (ici Yanbian), et quand ils le font, ils ne sortent pas dans nos salles. Hong-jin Na, le réalisateur (et scénariste), a usé d’un incroyable tour de passe-passe pour tenter de nous parler d’une partie de ce problème, et cela en emballant le tout dans un mélange actioner/thriller/drame/burlesque. On peut prendre l’oeuvre au premier degré, en tant que film de mafieux sino-coréens, ou comme quelque chose de plus profond et plus fin, et ça, peu de réalisateurs arrivent à le faire sans frustrer les attentes de chacun.
Notre héros est un chauffeur de taxi malchanceux au jeu, dont la femme est partie, un simple monsieur-tout-le-monde, qui aura l’espoir de la retrouver s’il assassine un inconnu. Il n’est pas bête, mais juste inexpérimenté, et tout ce qu’il pourra faire, bien que ce soit extrêmement crédible, tournera au burlesque, car à sa place n’importe qui ferait preuve de la même maladresse, et le réalisateur n’hésitera pas à se foutre amplement de la gueule de la police locale, nous montrant qu’au final, tout ce beau monde, mafieux y compris, n’est qu’une belle bande de bras cassés.
Cependant, qu’on ne s’y trompe pas, l’oeuvre n’est pas une comédie, car au-delà de son aspect burlesque, l’Homme, bien que souvent incompétent, se bat comme un animal, et usera d’à peu près tout ce qui lui passera sous la main comme d’une arme létale. La conclusion enfonce le clou, sur une note d’une tristesse absolue et incroyablement fataliste, cette région tu y meurs, et si tu arrives à la quitter, tu ne te retournes pas.


Bref, The Murderer est une excellente surprise, et tout comme à l’image de Bedevilled, est une vive critique de société dissimulée dans une production relativement mainstream. Ça fait plaisir de voir une telle oeuvre, ça dépoussière les clichés du cinéma Coréen à base de stars de la K-Pop ou autres tops models, et surtout ça change des films exhibant violence gratuite, coups de tatane, humour lourdaud ou encore profusion inutile de bling-bling.
Le réalisateur est talentueux, intelligent, et sait tourner de façon captivante tout ce qu’il veut nous montrer, plans serrés et plans larges s’alternant pour nous faire percevoir toutes les dimensions d’une même scène, et il use même d’un montage particulièrement ingénieux, notamment lorsque Gu-nam (Yun-seok Kim) préparera son assassinat; c’est du grand art, tout simplement.
Il voulait nous offrir de l’action, il l’a fait, il voulait nous offrir un thriller, il l’a fait, et surtout il voulait nous offrir une vision différente de l’Asie, loin des métropoles riches et pimpantes, et il l’a fait comme personne d’autre n’aurait pu le faire.
On regrettera que la distribution française ait été faite sous le nom de « The Murderer », bien trop ostentatoire, celui en version originale étant Hwanghae, ou « Mer Jaune », le nom de la mer séparant cette province de Chine de la Corée, lieu de passage obligé pour tous ceux qui veulent rejoindre le sud de la péninsule.
Pour conclure, si vous êtes amateur de cinéma Coréen, mais surtout de cinéma bien huilé, vous aurez toutes les raisons d’aller vous délecter en admirant cette production. Ceux qui ne s’intéressent peu aux problèmes sociaux devraient y trouver leur compte, car comme dit plus haut, le tout est étudié pour plaire à un vaste public.
Mention spéciale pour Yun-seok Kim, qui en impose beaucoup dans la peau de son personnage déterminé, prêt à tout pour obtenir ce qu’il souhaite, et dont l’accumulation de blessures au visage sert de miroir à celui de cette région perdue de la Chine.

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    Il est surprenant que tu ne sois pas gêné par les défauts du film qui sont EXACTEMENT les mêmes que ceux de J’ai rencontré le Diable. Rythme lent, scènes d’action abracadabrantes entre autres.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Ceci vient probablement du fait que Hwanghae a quelque chose à raconter, à l’inverse d’Akmareul Boatda.

  • http://marvelll.fr Marvelll

    Quelque chose à raconter. N’exagère pas non plus, la dimension sociale est expédiée en 15 minutes. Le film multipliant les sous intrigues plus ou moins intéressantes et finit par se noyer ne sachant plus sur quel branche se raccrocher.

    Je suis déçu que le film se consacre sur l’intrigue la moins intéressante du lot.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      La dimension sociale prend bien plus que 15 minutes, néanmoins je n’ai jamais dit non plus que c’était entièrement un drame social, c’est un mélange des genres, et non un film d’auteur. Et son énorme avantage est d’avoir un vrai acteur dans le rôle principal, et non une belle gueule sans talent, ce qui a évidemment fait toute la différence aux AFA 2011…

  • http://www.silence-action.com/ Dom

    Non seulement ils ont transformé le film en The Murderer mais en plus il trouve même pas 30 salles. No entiendo ! Du pur sabotage.

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      Ben c’est du Wild Side ^^

      • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

        C’est Le Pacte grosse nouille.

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          Ben vu qu’ils travaillent souvent ensemble, ça revient à la même chose :D

          • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

            En même temps, hormis la Corée du Sud, la France est le seul pays du monde à le diffuser dans ses salles (Cannes a du jouer, étant donné qu’il y était présenté, à l’inverse d’Akmareul Boatda, qui lui a rejoint les mauvais films à Gérardmer :p )

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    Lol, mais bon. C’est vraiment dommage ça. Au lieu de ça, t’as des grosses bouses qui tiennent le haut de l’affiche.

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      C’est pas une nouveauté, malheureusement. :straight:

  • http://tedsifflera3fois.com tedsifflera3fois

    Na Hong-jin avait fait une sacrée impression avec son premier film, The Chaser, un thriller haletant et irrespirable. Son deuxième film, The Murderer, suit la même lignée : ici encore, il n’y aura aucun répit. On regrette simplement que le film tourne parfois à l’exercice de style aux dépens du naturel. Ma critique :
    http://tedsifflera3fois.com/2011/08/20/the-murderer-critique/