Jeong-won Shin, que l’on n’avait pas vu depuis sa comédie horrifique Sisily 2km de 2004, nous revient une nouvelle fois dans ce genre qu’il affectionne. Mais est-ce que cette fois-ci le menu sera tout aussi copieux ?
Le village de Sameri, Corée du Sud, est en émoi. Pas un crime depuis 10 ans, et, soudain, un corps retrouvé atrocement mutilé. Kim (Tae-woong Eom), un jeune policier, tout juste arrivé de Séoul mène l’enquête. Mais Chun, vieux chasseur expérimenté, est convaincu que la victime n’a pas été agressée par un homme mais par un animal d’une incroyable férocité. Un commando de cinq personnes se lance sur les traces de la bête.

Y’a des jours avec et y’a des jours sans, et après avoir vu successivement J’ai rencontré le Diable et ce Chaw, je peux d’ores et déjà affirmer que c’était un jour sans, enfin presque, ce dernier stagnant entre le bon et le mauvais. Chaw nous ressort la peur du sanglier, une des peurs les plus profondes et phobie dont nous souffrons tous (?), et à laquelle nous n’avions pas été confrontés depuis Razorback dans les années 80.
Rien de bien original, le film dure (presque) deux heures, est débuté par une première partie très gonflante, en somme du pur Coréen.
Evidemment, les sangliers sous forme de maquettes grandeurs natures ça fait con, du coup les CGI s’imposent, et il nous est servi un « belle » bête laissant dubitatif. Mais ne vous inquiétez pas ! En deux heures on la voit à peine, pas de quoi se moquer outre mesure, donc. Sauf qu’un film de sanglier sans sanglier c’est un peu comme un saucisson aux noisettes sans noisettes, ça croustille pas des masses. En fait la farce est un nawak déstabilisant de blagues dans le plus pur esprit Coréen, autrement dit des pets, des répliques débiles et des situations absurdes.

Bref, Chaw est une comédie déguisée sous les traits d’un film d’horreur, mais à trop vouloir faire rire, Jeong-won Shin, le réalisateur en oublie presque totalement son sanglier, et surtout l’aspect horreur, ne nous servant que vite fait quelques membres déchiquetés, en somme pas de quoi jubiler.
L’oeuvre se lâchera malgré tout durant ses dernières vingt minutes, nous servant quelque chose d’assez correct, mais l’on regrette beaucoup que le reste n’ait pas été du même niveau, et surtout qu’il y ait fallu attendre aussi longtemps pour les choses se mettent à bouger.
Ce que l’on en retiendra ça sera surtout ses répliques, dont « si on ne stérilise pas sa blessure il faudra lui amputer les fesses », et évidemment toutes les blagues qui tourneront autour du cul de notre héros (Tae-woong Eom).
Deux petites pépites vous attendent à la fin, dont notamment un générique qui rappelle (volontairement ou pas) celui de Predator, ainsi qu’une scène additionnelle valant son pesant de cacahuètes en terme de débilité.
Pour conclure, les amateurs de films mélangeant horreur et comédie seront davantage satisfaits par le second aspect que par le premier, et auront vite fait de vouloir faire des avances-rapides afin d’aller directement aux moments les plus animés. Ceux qui ne peuvent pas supporter l’humour Coréen, particulièrement con, auront tout aussi bien à faire que de regarder autre chose.
Mention spéciale pour la dernière partie, sympathique, et sauvant in extermis la production de la noyade.


























