Une pure affaire

Petits trafics en famille.

(Date de sortie cinéma : 2 mars 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 5 juillet 2011)



Alexandre Coffre débarque avec son premier long-métrage, qu’il écrit et réalise, et tente de nous servir un thriller familial et moderne. Doté d’un casting intéressant, est-ce que Une pure affaire est une pure réussite ?
David Pelame (François Damiens) a la quarantaine. Il est marié à Christine (Pascale Arbillot) depuis assez longtemps pour avoir oublié qu’ils s’aimaient autrefois. Il a deux enfants avec qui la communication se fait de plus en plus rare.
Professionnellement, David n’est jamais devenu le grand avocat associé d’un cabinet de renom qu’il rêvait d’être mais plutôt un simple gratte-papier qui excelle dans les tâches les plus rébarbatives.
Bref, la vie de David ne fait pas rêver.
Le soir de Noël, il découvrira une valise pleine de cocaïne et un téléphone croulant sous les appels de clients. David pense alors avoir trouvé le moyen de relancer sa vie.


7 ans de mariage, c’est le premier film auquel on pense en voyant cette pellicule, mais dans une version moins drôle et surtout orientée thriller. La forme est différente, mais le fond est similaire, un couple usé par le temps se retrouve en affrontant des épreuves. Ça ressemble aussi un peu à un Coen, façon Fargo, avec ses secrets qui fuient, ses moments de tension, et évidemment son humour noir. Malheureusement, Une pure affaire cumule beaucoup de ressemblances, mais n’égale que par moment les icônes du genre, la faute à une écriture qui ne se lâche jamais vraiment. C’est d’autant plus dommage que la matière était là, et l’humour fait sourire, mais pas assez, et quant au suspense il reste trop plat, ne délivrant jamais toute la tension qu’il aurait pu nous servir.
On ne s’ennuie pas pour autant, la bobine passant assez vite, mais l’on en ressort avec un avis mitigé, sans avoir été vraiment convaincu, bien que les acteurs soient pour la plupart très satisfaisants.
Coffre ne se plante pas non plus, car pour un premier film, c’est plutôt pas mal, et il faudra donc le suivre de prêt.


Bref, Une pure affaire est un divertissement correct, qui vise le mélange thriller/comédie noire, sans pour autant combler ne serait-ce qu’un des deux genres. Au lieu d’atteindre quelque chose qui aurait pu être vraiment immoral, le tout se concentre trop sur la ligne à ne pas franchir, loupe le coche, et n’est finalement qu’un film familial — dommage, on s’attendait à un film pour adultes.
François Damiens a totalement abandonné ses caméras cachées pour se consacrer à fond au cinéma, et l’on ressent son envie de se démarquer, comme ce fut déjà le cas dans La famille Wolberg. Pascale Arbillot, qui interprète sa femme, est elle-aussi convaincante, tout comme Didier Flamand qui tient le rôle de son père.
Pour conclure, les amateurs de gentils thrillers qui ne font pas de mal auront de quoi passer un moment en famille sans risquer de choquer les plus jeunes. Ceux qui attendaient de ce synopsis alléchant quelque chose de vraiment puissant resteront sur leur faim, car c’est justement ce qui fait défaut au film, la puissance.
Mention spéciale pour François Damiens, qui grimpe progressivement les échelons du cinéma français au fur et à mesure que son accent Belge disparaît. Pas aussi touchant que dans La famille Wolberg et pas aussi amusant que dans Cowboy, il n’en reste pas moins l’élément qui donne un regain d’intérêt au film.

  • Versatil

    Bonne critique, je suis d’accord du début à la fin !

    Pour une fois.. :whistle: