Rien n’arrêtera la distribution sans cesse croissante de direct-to-dvd HK en France, à tel point que l’on ne sait jamais à quoi s’attendre, les films étant le plus souvent inconnus dans nos contrées, et oscillant sans cesse entre le bon et le mauvais, et toujours vendus à grands renforts de publicités mensongères. Est-ce que ce sera le cas encore cette fois ?
Lors d’un voyage, Sunny (Aaron Kwok), artiste de cirque, et ses comparses découvrent un trésor de guerre dans un ancien laboratoire de l’armée japonaise. Par mégarde, ils actionnent une arme biochimique qui les dote de pouvoirs surhumains : leur force est décuplée, ils sont désormais presque invincibles. Alors que ses acolytes décident d’utiliser leurs pouvoirs extraordinaires pour mettre Hong Kong à feu et à sang, Sunny, seul capable de les combattre, devra tout tenter pour protéger la ville….

Difficilement trouvable sur imdb et qui plus est doté d’une fiche très sommaire, Blast avait tout l’air d’être un produit de seconde zone. L’accroche, « A la croisée de Matrix et X-Men », d’un goût douteux, avait tellement été utilisée pour vendre de mauvaises productions qu’au lieu de nous appâter elle ne faisait que renforcer nos craintes. C’est donc sans grands espoirs que j’ai visionné le métrage, et finalement, j’ai été plutôt surpris.
Le pitch n’a rien de vraiment original, le coup du loser devenant héros et devant ensuite lutter contre le mal ayant été utilisé à maintes reprises, mais le véritable atout de la production est son action, bien rodée, et surtout bien supérieure à ce que l’on aurait pu s’attendre. Pour une fois le budget est là, soutenu par des personnes compétentes, et surtout fait en fonction des moyens, évitant de nous imposer des effets-spéciaux approximatifs et autres images numériques peu convaincantes comme c’est souvent le cas dans les productions asiatiques, même si évidemment on pourra déceler quelques faux pas ça et là (la cosmétique des mutants, notamment, car plus ils évoluent, plus il y a de latex, donnant au final un air très con aux protagonistes — hormis à Sunny, qui lui est insensible aux effets négatifs des toxines). En fait, hormis les acteurs asiatiques et un humour assez typique (qui ne plaira donc pas forcément), le tout tend à se rapprocher d’un film à l’américaine, mélangeant aussi bien arts-martiaux, images de synthèses, explosions et autres courses poursuites sur autoroute.

Bref, Blast est une production sympathique, sans être non plus une perle exceptionnelle, mais un actioner tout à fait regardable, même si l’on pourra lui reprocher quelques longueurs inutiles. Probablement l’un des meilleurs blockbusters hongkongais pour ce qui est de l’action à proprement parler, mais comme souvent dans ce genre de productions, le manichéisme et les clichés sont légion, ne laissant aucune place au moindre rebond scénaristique; c’est d’autant plus dommage que le reste suivait, mais hélas trop souvent entaché par des dialogues frisant la bêtise (le bon et le mauvais qui se livrent des duels de dialogues façon Goku/Freeza).
Qi Shu est la bienvenue et comblera ses fans masculins, et Aaron Kwok quant à lui reste égal à lui-même, un acteur belle-gueule très correct.
Pour ceux qui chercheraient encore la ressemble avec Matrix, il n’y en a pas, si ce n’est le fait que les méchants mutants portent des blousons en cuir, ce qui de nos jours suffit pour comparer un film à Matrix, mais aussi la présence de Collin Chou, alias Seraph, dans le rôle du méchant.
Pour conclure, les amateurs de « tape dans l’pif » qui ne sollicitent peu les neurones auront une galette qui combleront largement leurs attentes. Les autres auront quant à eux beaucoup de mal à accrocher au déluge de stéréotypes et situations éculées au possible, jusqu’au final.
Mention spéciale pour Aaron Kwok, le célèbre « Nuage » de Storm Riders, qui après sa suite, The Storm Warriors, confirme son talent de véritable movie-star.


























