Le calme plat.
(Date de sortie DVD/Bluray : 21 juin 2011)

Alors que les films d’épouvante exploitent en boucle les visites démoniaques, certains se contentent de valeurs sûres qui ont fait leurs preuves. Mais si tout le monde changeait de direction n’était-ce pas parce que la farce avait déjà été usée jusqu’à l’excès ?
Été 2010. Australie. Cinq amis partent en croisière pour des vacances de rêve. Mais lorsqu’ils font naufrage, le rêve vire au cauchemar : dans l’eau, rôde une terrible menace…

Après Black Water qui exploitait la peur du crocodile, Andrew Traucki revient cette fois-ci pour tenter de nous effrayer avec un grand blanc, et autant vous le dire tout de suite, il prend la tasse. Ça ressemble grosso-modo à Open Water, sauf qu’au lieu d’un couple nous avons 4 protagonistes, et au lieu d’un minimum de tension, nous avons un maximum d’ennui. Cinquante minutes, c’est le temps qu’il vous faudra pour voir l’aileron de la bête, et franchement c’est long, trop long, réutilisant en boucle des ficelles pseudo-effrayantes à base de « hé c’était quoi là-bas ? Ah non c’était rien… ». Finalement, quand le squale passera enfin à l’action, ce sera à grand-coups de shaky-cams et autres cache-misères enfonçant encore plus la production dans le fond des abysses.
C’est dommage, surtout que bien que manquant de budget, Traucki a essayé de développer un peu son histoire, plutôt que bêtement donner en pâture au requin ces vacanciers malchanceux, une bonne intention, mais hélas plantée par une réalisation bien trop mollassonne et convenue.

Bref, The Reef nous ressort le même riff usé jusqu’à la corde, celui qui consiste à essayer de faire peur sans ne jamais rien voir, mais à force de ne rien voir, on est aisément tenté de fermer les yeux afin de ne plus rien voir du tout. Pas de bidoche, pas de frissons, l’électrocardiogramme reste plat, et même ce pauvre requin n’aura le droit qu’à de courts moments à l’écran, ne contentant même pas ceux qui apprécient la vue de l’animal.
Seul point positif, la photographie, soignée, et nous offrant un vaste panel du fond des océans australiens, mais si l’on avait voulu un documentaire du genre, on se serait plutôt tournés vers un dvd de la BBC.
Pour conclure, si l’on est insatiable en matière de productions du genre ou un néophyte, la farce pourra toujours satisfaire, même s’il sera toujours plus efficace de voir ou revoir Les Dents de la Mer. Les autres feront aussi bien de quitter le navire avant qu’il ne quitte le port, la balade n’ayant absolument aucun intérêt.
Mention spéciale pour la photographie, qui comme dit plus haut, est très satisfaisante, bien plus d’ailleurs que celle d’Open Water, mais qui nous fait d’autant plus regretter que le reste ne suive pas.


























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