Oh bravo !
(Date de sortie cinéma : 20 avril 2011)

Duncan Jones, qui nous avait servi l’inattendu Moon, nous revient cette fois-ci avec un récit se situant dans l’espace-temps. Est-ce que son succès et ce budget conséquent apporteront plus à son imaginaire ?
Colter (Jake Gyllenhaal) se réveille dans un train, dans la peau d’un homme qu’il n’est pas, et accompagné par une femme qu’il ne connaît pas. Quelques instants plus tard une explosion aura lieu, tuant tout le monde. Ceci n’est pas la réalité, mais une tranche du passé, et lui un soldat dans le coma, dont une infime partie du cerveau est toujours en activité. Faisant partie du projet Source Code, il sera envoyé en boucle dans ce passé afin de récolter des informations sur l’attentat, éventuellement démasquer le terroriste, et ainsi tenter d’empêcher qu’il n’agisse à nouveau.

Code Quantum es-tu là ? C’est ce que l’on pense durant les premières minutes, notre héros se regardant dans une glace, puis découvrant avec stupeur un reflet qui n’est pas le sien. Mais passé ce moment, on découvre qu’en réalité il ne peut interagir sur cet espace-temps, celui-ci n’étant que de 8 minutes, et que son but n’est que de récolter le maximum d’informations, respectant l’esprit de L’armée des douze singes (ou de La jetée pour les puristes).
Qu’on ne s’y trompe pas, Source Code n’est pas un « grand » film comme Inception avec des dizaines de niveaux de lecture, mais simplement un divertissement, bien moins complexe, rappelant la série Au-delà du réel, mais malgré tout très efficace.
Comme une effeuilleuse, l’oeuvre dévoile progressivement des facettes de plus en plus sexy, et ne se limite pas à « est-ce que notre héros va sauver le monde ? » mais également à « est-ce que notre héros va sauver son propre avenir ? ». Le fantastique façon univers parallèles prend le pas, et notre protagoniste, au delà de sa mission, tentera de modifier ce passé, sachant qu’il a une fin, tout en restant sans cesse persuadé que cette réalité, dans laquelle il tombera progressivement amoureux de Christina (Michelle Monaghan), ne peut se terminer ainsi.
Point de mise en scène important, Duncan Jones réussit à suffisamment bien mener sa barque, de façon à nous répéter les sauts dans le passé sans jamais les rendre rébarbatifs. L’enquête progresse, se montre passionnante, tout comme les personnages qui nous sont dépeints, et Jones, encore une fois de manière subtile, nous emmène dans les méandres de la métaphysique, ainsi que du transhumanisme, sans jamais prendre de haut le spectateur en lui livrant un produit incompréhensible.

Bref, Source Code est une bonne surprise, narrée de manière pertinente, faisant côtoyer habillement action et science-fiction, sans jamais se perdre dans un genre ou dans l’autre. Le rythme ne baisse jamais, Jones se montre contemporain, et le couple Gyllenhaal/Monaghan fonctionne à merveille. Certains regretteront un manque de noirceur comme dans Donnie Darko, Moon ou Code Quantum, mais un peu de lumière dans un monde déjà bien triste, est-ce une chose à blâmer ?
Pour conclure, le public friand d’histoires comme Moon ou tout simplement fantastiques auront là de quoi passer un bon moment, ne s’étalant pas dans des longueurs inutiles. Les amateurs d’action et d’enquêtes façon 24 heures chrono y trouveront également leur compte. Populaire en somme, mais dans le bon sens du terme.
Mention spéciale pour Jake Gyllenhaal, un peu trop discret, ou pas assez (cf Prince of Persia), mais qui trouve ici un rôle à sa hauteur. A big #WIN


























