Mr. Nice

Il va vous faire du bien.

(Date de sortie cinéma : 13 avril 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 5 octobre 2011)


Biopic inspirée de la vie de Howard Marks, figure du trafic de drogue à grande échelle, voici qu’arrive Mr Nice, mené par Rhys Ifans, le gallois débile de Coup de foudre à Notting Hill et qui se paie pour la première fois sa tête d’affiche.
Rhys Ifans, acteur brillant, mais souvent relégué aux seconds rôles, histoire d’apporter une touche déjantée, crève ici l’écran, se montrant toujours à la hauteur du personnage qu’il incarne, et sa jubilation ne cesse d’être communicative. C’est d’ailleurs cette motivation qui permettra au film d’y gagner énormément, sentant la petite production indépendante, mais n’étant pour autant jamais bancale.
Là où Bernard Rose fait fort, c’est qu’en plus de cumuler les casquettes de réalisateur, scénariste et producteur, il réussit à nous livrer un récit hilarant, suivant la vie improbable d’un homme pourtant bien réel.
Intelligent dans sa façon d’écrire, Rose laisse de côté l’humour pot-head à la How High pour se concentrer sur la désinvolture et les situations sans cesse burlesques et inattendues auxquelles notre « héros » se retrouve confronté. Ici on ne vous vend pas un produit pro ou anti-drogue, car il n’y a aucun parti pris, ni discours moralisateur, le choix étant laissé au spectateur d’avoir ses propres opinions.
Néanmoins, Rose ne pouvait pas manquer de narrer les faits dans leur intégralité, car tout acte amène des conséquences, et malgré toute son intelligence, Marks n’aura évidemment pas pu toute sa vie glisser entre les doigts des forces de l’ordre.


Bref, Mr Nice est un produit cool, dans l’air du temps, suivi de façon objective et sans maladresses, traitant le sujet de façon désinvolte lorsque cela est nécessaire, et de façon plus grave le moment venu. Ce Mr Nice c’est un peu le pote que l’on aimerait avoir, pas parce qu’il se promène toujours les poches pleines de cannabis, mais parce qu’il nous fait marrer, et qui malgré ses activités discutables, se montre attachant, gesticulant, et avide de l’approbation d’une communauté.
Certains pesteront devant le manque d’exactitude à propos du personnage et de certains événements, mais si l’on avait voulu quelque chose d’anti-didactique et chiant on aurait consulté sa page Wikipedia.
Pour conclure, les amateurs de biopics singulières et rondement menées ne pourront qu’applaudir cette oeuvre inattendue, surtout venant de la part du réalisateur (et scénariste) de Candyman. Ouvert d’esprit, le film réussira également à conquérir les pro-cannabis comme ses détracteurs.
Mention spéciale pour Rhys Ifans, qui trouve ici le rôle de sa vie, pour lequel il semble être né, à moins que ça soit l’inverse, mais quoiqu’il en soit dans lequel il brille, et c’est bien le minimum qu’il méritait, surtout après nous avoir fait marrer un nombre incalculable de fois.

  • http://tedsifflera3fois.com tedsifflera3fois

    Mr. Nice commence comme une ode à la folie des sixties façon Good Morning England, et se transforme peu à peu en biopic mou et classique. L’histoire devient vite linéaire et assez banale, bien loin de la liberté de ton que le film semblait vouloir faire sienne. Ma critique de Mr. Nice :
    http://tedsifflera3fois.com/2011/07/01/mr-nice-critique/