Pour savoir se venger, il faut savoir souffrir.
(Date de sortie DVD/Bluray : 5 avril 2011)

Un revenge movie venu Australie, voilà qui nous replonge en plein dans les années 80 avec le fameux Mad Max. Trente ans après, qu’est-ce que le pays des kangourous et de Crocodile Dundee nous réserve de neuf ?
Christian Forteski (Peter Marshall) vient de perdre sa fille, tout juste majeure, morte d’une overdose et vraisemblablement victime d’un viol. Après avoir reçu la K7 vidéo d’un film pornographique où l’on y voit sa fille, visiblement droguée, il se mettra à traquer et tuer un par tous ceux qui ont été responsables de sa mort. Sur sa route il fera la rencontre d’Alice (Caroline Marohasy), une auto-stoppeuse qui lui rappellera sa fille, et avec laquelle il deviendra ami.

Ne cherchez rien de neuf par ici, nous sommes dans un revenge movie ne sortant pas vraiment des sentiers battus, mais qui grâce à une écriture et une réalisation soignées réussit particulièrement bien à faire son effet. Ça ressemble à 8mm, mais oubliez la longue enquête, dés le début ça cogne à coups de pied de biche dans les dents, et ce sans baisses de régime, suivant un rythme bien rodé jusqu’au bout du film. Les scènes d’actions sont efficaces, de même que les tortures qu’exécute notre héros pour obtenir de ses victimes les renseignements dont il a besoin. Les combats sont fréquents, superbement violents, bien chorégraphiés, et ressemblant à ce que l’on pourrait voir dans la réalité, exit donc le kung-fu. En somme un mix habile entre 8mm et The Punisher.
Visuellement ça sent le petit budget, mais malgré tout propre, sans filtres immondes, filmé sans effets psychédéliques style shaky-cam ou slow-motion, tout est clair et se voit, si ce n’est certains close-ups qui se seraient révélés trop gores (et trop chers à réaliser). Les séances de torture, bien que suggestives, sauront être probantes, grâce à une mise en scène encore une fois subtile et bien maîtrisée (pénis + pompe à vélo = bobo).
On espère à chacun de ses affrontements que notre héros s’en sortira, et il faudra bien avouer que le film se montrera riche en tension, en particulier durant sa dernière demi-heure, mettant nos nerfs à rude épreuve.
Le casting est en revanche inégal, Peter Marshall étant à la hauteur, à l’inverse de Caroline Marohasy ne semblant pas toujours être à fond dans son rôle, et quant au bestiaire, les bonhommes se révéleront tous assez identiques et sans grand charisme. On aurait aimé quelques mecs un peu plus olé-olé façon 8mm, mais bon ça n’est qu’un détail.

Bref, The Horseman, malgré son budget limité, est un excellent revenge movie, ne laissant pas un moment de répit, et comblant largement les attentes de son auditoire. Après Hell Driver qui faisait très fort, voici un nouveau produit de qualité, mené par un homme déterminé et ne reculant devant rien, et enterrant lui-aussi l’immonde Faster.
Premier film de Steven Kastrissios, qui l’a d’ailleurs également scénarisé et produit, il se montre imaginatif et prometteur, et l’on attend de voir ce que le monsieur nous réservera dans l’avenir.
Pour conclure, les amateurs de films d’action mélangeant thriller, castagne et gore seront aux anges. Les autres n’y verront qu’un énième film du genre n’apportant rien à l’intellect.
Mention spéciale pour Peter Marshall, crédible dans son rôle de père anéanti dont la seule raison qui le pousse à vivre est de rendre la pareille à ceux qui ont fait du mal à sa fille.

























