Monsters


Au même moment, à Veracruz

(Date de sortie DVD/Bluray : 6 avril 2011)


Monsters, c’est l’antithèse du film d’invasion extra-terrestre. Budget restreint, réalisation anglaise, acteurs inconnus, bref pas de quoi ameuter le public, et pourtant c’est exactement là-dessus que mise tout le film, prendre les spectateurs à contre-pied pour mieux les surprendre.
Il y a 6 ans, une sonde de la NASA s’écrasa dans la jungle mexicaine, libérant sur terre des particules d’une forme de vie extra-terrestre. Depuis la zone est devenue désertique, mise en quarantaine et dominée par ces créatures de l’espace. Andrew (Scoot McNairy), un photographe en Amérique centrale, acceptera d’aider Samantha (Whitney Able) à rejoindre les Etats-Unis. Devant contourner la zone infectée en prenant le ferry, leurs plans seront modifiés lorsqu’ils se feront voler leurs passeports, les obligeant traverser ce territoire hostile.


Malgré un budget anorexique de 800.000 dollars, Gareth Edwards, le réalisateur, réussit à nous servir quelque chose de visuellement somptueux, le tout soutenu par un duo intéressant. Malheureusement, si ses intentions de relancer le genre sont louables, son développement se révèle quant à lui trop plat pour réussir à vraiment maintenir en haleine. D’ailleurs l’expédition ne commencera qu’une fois la moitié de la bobine écoulée, étant précédée par une présentation des personnages et un plantage du décor paraissants sans fin. Lorsqu’enfin la balade commencera, on croisera les doigts pour qu’il se passe quelque chose, mais non, rien, hormis nos deux comparses qui s’amuseront à faire joujou avec des champignons qui clignotent. Pas de tension, pas d’action, cette traversée semblera être une partie de plaisir qui ne durera pas plus de deux jours, sans que nos héros ne ressentent faim ou soif (mais n’oubliant pas de prendre des clichés ou aller pisser), et clôturée par une scène où deux Cthulhus nous offrent une scène de porn never-seen-before. EFFECTIVEMENT, le genre est relancé, ça ne fait aucun doute.


Bref, Monsters n’est pas vraiment la révélation à laquelle on aurait pu s’attendre, ressemblant à un Lost in TranslationScarlett Johansson et Bill Murray se feraient emmerder par Paul le poulpe. L’amourette, car c’est le fond du film, est mièvre et maculée de situations sans effets, que ça soit lors des pauses spleens ou des — rares — moments pseudo-spookies, malgré la bonne volonté dont font preuve Able et McNairy pour tenter de nous faire croire en leurs personnages.
Reste la découverte de décors fabuleux qui retiendront notre attention, mais on aurait aimé autre chose qu’1h30 de programmes de Discovery Channel.
Pour conclure, ceux tentés par l’idée de suivre une amourette au milieu de la jungle sur léger fond de science-fiction seront probablement clients. Quant aux amateurs de sensations fortes et/ou d’aventure ils auront aussi bien à faire que de se remater Independence Day ou A la poursuite du diamant vert; ça n’est certes pas très intellectuel, mais au moins la rigolade prévaut la somnolence.
Mention spéciale pour Gareth Edwards, qui, s’il est un réalisateur et scénariste partageant le public, est en revanche un directeur de la photographie hors-pair, et ça n’est pas un hasard si sa filmographie n’est composée que de documentaires.

  • Versatil

    Critique trés juste, exactement le même ressenti que toi !

    Comme quoi, Skyline était pas si mauvais ! ^_^

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Le problème c’est que malheureusement beaucoup de mauvais films deviennent finalement corrects à cause des sorties de films encore pires. C’est cool pour les frères Strause, mais en terme de cinéma je suis moins sûr. A ce propos Skyline 2 sort l’année prochaine xD

      • http://marvelll.fr Marvelll

        Aaaaaarrggghhhhhh, ;-( , ce n’est pas vrai ;-(

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          Bah j’accorde le bénéfice du doute, vu que le cliffhanger à la fin était sympatoche. Connaissant les bonhommes ça va encore être du miel pour les yeux et du vinaigre pour le cerveau, enfin on verra bien, il ne faut pas réveiller l’ours avant d’avoir vendu la peau du chat.

          • http://marvelll.fr Marvelll

            « il ne faut pas réveiller l’ours avant d’avoir vendu la peau du chat » :D

  • Versatil

    Comme quoi, j’avais trouvé Skyline plutôt sympa dans son registre de Pop corn movie mais la fin m’avait justement laissé sur ma faim..

    Cela risque d’être du grand n’importe quoi s’ils repartent là dessus.. ;-(

  • Petitpain

    Ta critique m’a divertit davantage que le film, j’avais même pas fait le rapprochement avec chthulhu xD

    Le film reste bien sympathique, se servir de deux glandus, témoins et non acteurs de choses surnaturels, sa reste simple et efficace. Dommage qu’ils aient vécus si peu de choses intéressantes… Se faire piquer ses affaires par une pute, écouter chewbacca dans la forêt, regarder un mur et dire que c’est bô. Au final on ressent pas trop le désespoir de la situation.

    D’ailleurs quand ils arrivent à la frontière, le monsieur dit un truc du genre, c’est le plus long édifices batî par l’homme. Et la muraille de chine, c’est de la merde, peut être?