The Running Man.
(Date de sortie cinéma : 6 avril 2011)

La France, l’Irlande, la Hongrie, la Norvège et la Pologne se réunissent pour nous servir leur film de guerre en moyen-orient sur fond de survival. Une oeuvre aussi singulière qu’étonnante.
En Afghanistan, un soldat ennemi, Mohammed (Vincent Gallo) tue un peloton au lance-roquettes. Capturé par les forces américaines, puis torturé, il réussira à s’échapper lorsque le convoi dont il fait partie aura un accident en pleine nuit. En terrain inconnu, livré à lui-même, et traqué sans relâche, il essaiera par tous les moyens de lutter pour sa survie.

Traité à l’européenne, la guerre en orient n’est pas jugée, ni même l’extrémisme, mais simplement éludés, ne servant que de léger background pour donner une raison à cet homme d’être perdu loin de chez lui.
Très vite, on pense à Man VS Wild, notre protagoniste étant dans un lieu lui étant étranger, austère, et devant, pour survivre, manger ce qu’il trouvera, aussi bien des fourmis que des écorces. Il se perd dans des montagnes enneigées paraissant sans fin, mais sa volonté de survivre le poussera à ne jamais baisser les bras, malgré les multiples embûches qui se mettront en travers de son chemin. Les hélicos qui passent régulièrement dans le ciel, servant d’horodateurs lui rappelant qu’il ne doit pas ralentir, au risque de se faire à nouveau capturer, des bûcherons mal venus, notre homme est sujet à une psychose perpétuelle, et bien que le film soit quasiment muet, Vincent Gallo, ne disant mot, nous fait ressentir sa douleur avec une effrayante justesse.
Quelques courts flashbacks nous aideront à ressentir sa détresse, celle d’un soldat qui ne reverra plus jamais les siens, et qui se rend compte qu’à l’autre bout du monde les choses ne sont pas forcément plus belles.
Malheureusement le film tourne un peu en rond, handicapé par son format où le texte est à lire dans les regards, qui plus est appuyé par Emmanuelle Seigner, qui l’aidera, et étant muette. Il est également dommage que la photographie ne soit pas toujours à la hauteur, trop inégale, oscillant entre de somptueux couchés de soleil et des filtres jaune pisse. Un constat global laissant dubitatif, surtout quand on voit l’effet que peuvent avoir certaines scènes, notamment lorsque Mohammed se retrouvera encerclé par une meute de chiens ne cessant de grandir, à laquelle est ajouté un son angoissant dont le volume s’amplifie progressivement.

Bref, Essential Killing est un film complexe, trop dur d’approche, limite sectaire, et risquant de plonger dans le sommeil ceux qui sont incapables de lire sur les visages ou pas assez alertes pour adhérer à ce genre d’oeuvre. Néanmoins, Jerzy Skolimowski, le réalisateur, évite de prolonger l’oeuvre inutilement, finissant sur une note suivant la logique, et évitant l’improbable. Mieux, il réussit à nous faire partager la douleur d’un musulman extrémiste, figure actuelle du mal absolu.
Pour conclure, si l’idée de partager la descente aux enfers d’un homme perdu dans un espace silencieux et lugubre vous intéresse, il vous sera recommandé. Ceux pour qui il faut que ça bouge, et ce de manière compréhensible, auront en revanche beaucoup de mal à accrocher.
Mention spéciale pour Vincent Gallo, qui nous livre ici une interprétation poignante, et réussissant à lui seul à — quasiment — nous faire oublier les défauts du film.

























