Inside Job


Ce film a coûté 2 millions de dollars.

(Date de sortie DVD/Bluray : 23 mars 2011)

Alors que The Compagny Men sort en salles la semaine prochaine, Inside Job, qui avait été assez discret en salles (bien que rentable), fait son apparition en DVD et Bluray. Que vaut le documentaire choc sur le krach boursier de 2008 ? Méritait-il l’Oscar qu’il a obtenu en février ?
La dépression mondiale, dont le coût s’élève à plus de 20.000 milliards de dollars, a engendré pour des millions de personnes la perte de leur emploi et leur maison. Au travers d’enquêtes approfondies et d’entretiens avec des acteurs majeurs de la finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace l’émergence d’une industrie scélérate et dévoile les relations nocives qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde universitaire.


Inside Job, c’est le prototype même de documentaire que tout le monde va adorer, principalement car sa mécanique tourne autour d’un concept simple, faire le procès de ceux qui ont ruiné le monde, éveillant autant la consternation que la révolte chez l’ouvrier façon Homer Simpson, qui du coup, sera certain que tous les maux de sa vie sont liés aux traders.
Charles Ferguson, le réalisateur, n’aime pas les traders et autres banquiers, ça on l’aura compris. Seulement, c’est de par cette haine incontrôlée qu’il se casse la gueule, car à être trop pressé de nous raconter à multiples reprises que ces messieurs prennent de la coke et se tapent des putes, il s’emmêle les pinceaux, en plus de faire dans le hors-sujet, et ne nous sert rien de bien différent de ce que l’on ait pu voir durant ces dernières années dans les médias. Monsieur Ferguson a un budget énorme (pour un documentaire), une narration signée Matt Damon (parce que si c’est un autre mec qui fait la voix-off c’est chiant), une bande-originale plutôt branchée avec du Peter Gabriel, du Ace Frehley, du Randy Bachman et du MGMT, à peu de choses prêt la playlist d’un épisode de Beverly Hills 90210. En somme tous les ingrédients sont là pour faire de Inside Job un produit cool, pour la simple et bonne raison que les gens aiment les lynchages, et même s’ils ne sont plus fait au bout d’une corde, société évoluée oblige, ils n’en sont pas moins contents.
Inside Job aurait largement pu gagner en crédibilité s’il s’était davantage concentré sur le côté pédagogique que sur le côté dénonciateur, mais non, il nous balance des chiffres de façon désarticulée, sans-cesse sous-titrés par des « pertes à cause de… ». Pire encore, le documentaire se moque considérablement des classes moyennes, ne leur consacrant que de brèves minutes, sans même les interroger, exceptés quelques travailleurs en Chine. Bravo, oui, c’est vachement représentatif pour nous occidentaux le changement de train de vie d’un chinois dont on ne sait rien.


Bref, Inside Job est un peu le documentaire que Michael Bay n’a jamais réalisé, suintant le patriotisme, le gros budget et le troll-movie que chaque troll a toujours rêvé de faire, au fond de sa cave. Je ne suis pas trader, je suis consterné par cette catastrophe financière, mais je le suis encore plus quand un documentaire s’offre des privilèges démesurés, en particulier quand celui-ci nous rabâche ce que l’on a déjà vu maintes fois au journal de 20 heures ou dans des documentaires bien moins prétentieux.
Pour conclure, si vous étiez dans le coma durant les dernières années, ce documentaire pourrait vous intéresser, résumant malgré tout plutôt bien les faits (si l’on laisse de côté le parti pris de l’auteur). Les autres y verront là un défouloire leur permettant d’extérioriser leur haine. Moi je n’y ai vu qu’un pamphlet ennuyeux et désorganisé, plus enclin à la dénonciation et au hors-sujet qu’à réellement informer la population. D’autres sujets bien plus graves mériteraient autant, sinon plus d’attention, et des moyens aussi conséquents, mais les grosses sommes d’argent ne sont réservées que pour les documentaires traitant de pertes d’argent. CQFD.

  • curryp

    Cette critique est affligeante…. Le pire est atteint ici : « exceptés quelques travailleurs en Chine. Bravo, oui, c’est vachement représentatif pour nous occidentaux le changement de train de vie d’un chinois dont on ne sait rien. »

    Vous devriez vous cantonner à la critique de films de divertissement….

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Ahah ! Le chinois qui se cantonne ! A défaut de réfléchir, vous faites rire, et c’est déjà pas mal ! :wink:

  • curryp

    Un critique qui n’accepte pas la…. critique ?

    Vous vouliez que je vous explique en trois pages pourquoi il est au contraire très intéressant que le réalisateur donne à voir comment les actes de ces gens se répercutent sur toute la planète, jusqu’aux Mingong tout juste débarqués de leur campagne ? Comment les réseaux, au lieu d’amortir les chocs, les ont amplifiés ? Qu’il est au contraire assez sain qu’il ne donne pas dans le voyeurisme en s’étalant sur les conséquences aux Etats-Unis sur les populations fragilisées (ce qui pour le coup a été l’objet de milliers de reportages et est clairement établi). Qu’à la différence de Moore, Ferguson ne cherche pas à donner dans le spectaculaire, et pourtant, de manière simple démonte la mécanique d’un système auto-entretenu par une clique totalement déconnectée de la réalité ou dans l’idéologie (et s’il insiste sur ce point, c’est qu’il n’y a aucune autre manière raisonnable d’expliquer leur comportement) ? Ferguson ne juge pas, il donne à voir la réaction de ces gens mis face à leurs actes, incapables de faire leur méa culpa, toujours dans l’impunité… et business as usual.

    Alors je vous passe les contradictions : « la révolte chez l’ouvrier façon Homer Simpson, qui du coup, sera certain que tous les maux de sa vie sont liés aux traders. » (quel mépris….) / « Pire encore, le documentaire se moque considérablement des classes moyennes » ….. faudrait savoir, ce sont des abrutis façon Homer S. ou de pauvres victimes ? Ah, mais les ouvriers ne font pas partis des classes moyennes…
    – le passage sur la musique et la voix de Damon (qu’est-ce qu’on en a à foutre ?)
    – « les privilèges démesurés » là je ne sais pas si vous parlez du budget : deux millions de dollars… oui et bien ??

    Et finalement à force de vous passer tout ça et bien… il ne reste rien.
    Ha si, je suis d’accord avec vous sur le prix du blue ray, encore que je ne vois pas l’intérêt de regarder ce genre de docu avec une image magnifique sur écran géant, je ne trouve pas Bernanke assez séduisant pour ça…

    Allez, rigolons ensemble :lol:

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Ah mais je l’accepte, la preuve j’en rigole. Je ne l’accepterais votre commentaire serait passé à la trappe. Evitons donc les pseudos traits d’intellectualisme, surtout en utilisant une répartie aussi éculée.

      Par contre non merci, je ne voulais pas d’une explication de 3 pages, mais soit, j’ai lu ce petit blabla joliment enrubanné dans une peau de banane flétrie sentant bon la Martinique, et ça tombe bien, vu que je peux pas blairer le chocolat.
      Bref, on dénote ici un cruel manque de second degré, mais il faut croire que c’est le trait de caractère qu’ont en commun tous les hipsters, applaudissant des deux neurones à chaque pseudo docus « chocs ». L’exemple d’Homer Simpson n’est pas un hasard, puisque Matt Groening utilise son personnage attardé pour refléter les réactions des rednecks, white trashes ou hillbillies. Ces personnes existent, mais si Groening nous livre des personnages représentant ces personnes légèrement attardées (surtout Homer), c’est souvent pour faire rire des personnes qui ne le sont pas (on appelle ça une SATIRE, repeat after me : « SATIRE »). A l’inverse, Ferguson nous prend pour des Homer Simpson, légèrement teubés, manipulant le spectateur, et utilisant une surenchère d’effets, comme vous le dites « la réaction de ces gens mis face à leurs actes » (x1000, à défaut d’avoir quelque chose à raconter de façon didactique). En revanche il juge, envoyant toutes sortes de pics, nous étalant les moeurs des traders, alors que cela n’a rien à faire ici. Il est marrant de voir de quelle façon le public pense que seules les mauvaises personnes se tapent des putes et prennent de la coke. Si le docu traitait de la crise de 29 et avait été fait il y a 80 ans, on nous aurait pointé du doigt les sodomites. YOUR ARGUMENT IS INVALID.
      Là où votre « argumentation » dépasse l’entendement, c’est lorsque que vous dites que les ouvriers ne font pas partie de la classe moyenne. En fait si. Il ne faut pas confondre « middle class » et « upper middle class ». On est au 21e siècle, et la définition associant « classe moyenne » et petite bourgeoisie est complètement désuète et hors de propos. Et comme je suis pas si méchant que ça, je vais vous apprendre un peu d’économie, j’ai 5mns de libre dans mon dimanche pour éduquer le profane. La classe moyenne est définie par le revenu médian. Si l’on en approche on en fait partie, or un ouvrier américain en fait partie. Ensuite découper les classes n’a fait qu’entraîner des luttes entre-elles, de ce fait cela fait plusieurs décennies que la classe moyenne compte les ouvriers parmi les siens (qu’ils aient des revenus atteignant ou non la médiane). YOUR ARGUMENT IS INVALID (bis repetita).
      Pour le reste votre discours ressemble à du caca. La critique tient compte de tout ce qui compose ce film, et quand un docu utilise une bande-son pré-pubère et une narration d’une platitude sans nom faite par un acteur qui n’est pas narrateur, c’est juste horrible, mais on s’en fout, c’est Matt Damon, donc c’est forcément bien.
      Quant aux privilèges démesurés, je l’explique plus bas, il est contradictoire de dépenser 2 millions de dollars dans un documentaire merdique qui nous ressasse ce que l’on sait déjà, qui engrange des millions, qui vont d’ailleurs on ne sait où (en putes et en coke ?).
      GasLand a le mérite de proposer quelque chose d’original, même si a l’inverse d’Inside Job il parle des low-class et d’écologie, et était donc voué à se planter la gueule.

      Allez, je rigole avec vous, même si Jesus est attristé d’entendre vos conneries le jour de la fête de sa résurrection :straight:

      jesus facepalm

  • curryp

    Bon, je vais éviter de vous répondre en utilisant la rhétorique de /b/ [YOUR ARGUMENT IS INVALID], ( mais j’ai quand même envie de vous demander : « Hurr Durr 16yo ? ») , de vous faire remarquer que vous me taxez de pseudo-intellectuel avant de m’enseigner l’économie, profane que je suis (enfin c’était plutôt de la sociologie mais bon, je vous pardonne, fils). Je vais aussi éviter de vous rentrer dans le lard face à vos « provocations » faciles (« on appelle ça une SATIRE, repeat after me : « SATIRE » » ce qui me fait dire : « Hurr Durr 16yo ? »).
    Ferguson brosse le portrait de gens qui sont Hors de la réalité, proches de la psychose (un homme complètement aveuglé par son idéologie est-il dans la psychose ?) du fait de comportements névrotiques (Jeux : la manipulation de ces masses monétaires n’est plus perçue que comme un jeu, la « récompense » produisant les mêmes réactions physiologique dans le cerveau que la prise de cocaïne ; ou l’accumulation de biens, par exemple) et qui ne se préoccupent absolument plus des conséquences de leurs actes (ne semblent pas ressentir de culpabilité). Normalement il faut en déduire qu’ils sont drogués au Système…

    Vous auriez dû vous épargner toute votre tirade sur « l’économie ». N’étant pas expert (seulement une année de socio au compteur, et pas la meilleur d’ailleurs) un petit tour sur le wiki anglophone m’apprend que cette notion ne fait absolument pas consensus et qu’au moins trois chercheurs proposent une lecture des CSP (CSP renvoie à la terminologie française, hein) différentes : ainsi selon Denis Gilbert, les ouvriers feraient plutôt parti des Working class (working poor, plus précisemment, Gilbert établi un distingo) et que pour William Thompson & Joseph Hickey ainsi que Leonard Beeghley ils font partis des Working class (tout court).
    Et puis, mettre les ouvriers dans la même classe que les classes moyennes est très discutable et des sociologues comme Lojkine considèrent même qu’elle n’a aucune existence réelle : http://www.franceculture.com/oeuvre-l-adieu-%C3%A0-la-classe-moyenne-de-jean-lojkine.html
    Enfin tout ça pour dire que cette parenthèse vaudrait le coup s’il restait des ouvriers aux States… (je plaisante hein, je sais qu’il reste des ouvriers aux Etats-Unis… nan parce qu’avec vous…)
    Ce documentaire tout public à le mérite d’exister et s’il est loin d’être parfait, s’adresse à des gens que ce genre de choses dépassent complètement (je ne parle pas des escroqueries, des SWAP et des CDO, mais de la manière dont le système financier fonctionne et se pérennise dans ce qu’il a de pire, par exemple en corrompant l’éducation).
    Pour la musique : vous m’éclairez sur le fond du problème, en fait. Ce n’est pas un film, c’est un documentaire…. l’utilisation de la musique n’est pas forcément la même. Vous avez regardé ça comme un film ?
    Enfin, par rapport à Matt Damon, l’acteur est assez impliqué politiquement, il n’y a qu’à voir « green zone » par ex. Alors bien sur, c’est à la « hollywood », mais bon au moins il fait quelque chose…

    Mais bon qu’attendre d’autre de la part d’une personne qui n’aime pas le chocolat, et qui croit que la Martinique sent bon la banane flétrie….

  • http://www.slashershouse.com/ Mr Gentil

    Un très beau Troll Wars ^_^

  • curryp

    Il faut bien s’occuper le Dimanche… et puis j’habite rue du Mécréant…