Cyborg Conquest


Adieu les Transmorphers !

(Date de sortie DVD/Bluray : 1 février 2011 – Titre original : Chrome Angels)

Depuis plusieurs années, le cinéma Grindhouse inspire les réalisateurs, et nombreux sont ceux à vouloir faire revivre ce genre au travers de multiples films. On se rappellera évidemment du duo Tarantino/Rodriguez qui avait réalisé respectivement Boulevard de la mort et Planète Terreur, mais malgré les qualités de ces films, ils échouèrent à restituer ce genre venu des années 60/70. D’autres en revanche y sont bien mieux arrivés, comme Rick Jacobson avec Bitch Slap ou encore Scott Sanders et Michael Jai White avec Black Dynamite. Cette fois-ci c’est au tour de Leigh Scott, un ancien de chez The Asylum (et maintenant chez Nu Image) de s’y mettre, s’attaquant à un sous-genre qui avait été laissé de côté, les robots.
Une bande de bikeuse sillonnent les Etats-Unis, s’enrichissant en braquant les banques. Au cours d’une halte dans une bourgade ne figurant sur aucune carte, elles découvriront que tous les habitants sont des robots, contrôlés par un savant fou voulant dominer le monde. Après la mort de l’une d’elle et le kidnapping d’une autre, elles s’organiseront en armes et en munitions pour faire la peau du mégalomane et de toute sa bande d’androïdes.


Il suffit de jeter un oeil à la bande-annonce pour se rendre compte qu’on nage en plein n’importe quoi, et c’est probablement ce qui émoustillera tous les fans de B-movie et autres amateurs de bombes siliconées bottant des culs à coups de fusils à pompe et lances-roquettes.
Dés le début le film donne le ton, gunfight dans un bar, riche en plans cadrés sur les yeux, fleurant bon le rétro, et on s’amuse plutôt bien, tant l’action est relativement bien rendue et les effets-spéciaux super pourris. Malheureusement, si le réalisateur a de très bonnes idées et sait restituer le style pouilleux qu’on apprécie au genre, il ne sait hélas pas trop comment structurer son film. On se retrouve avec une partie centrale frisant l’emmerdement, et s’embourbant un peu dans le nanar, or le nanar et le Grindhouse sont deux genres très distincts. On verra bien par ci par là quelques trucs qui serviront malgré tout l’auditoire, comme la présence de robots tous cons comme des arbres, se bouffant des murs pendant qu’ils font leur tour de garde et un robot garde du corps incapable de savoir combien de temps il a pioncé. Heureusement, pendant les dernières 35/40 minutes le réalisateur redonne un bon coup de collier et fait repartir l’aventure à 100 à l’heure, nous servant des scènes d’action allant du lancer de roquettes dans un robot géant à un gunfight à moto dans un centre commercial (rappelant Zombie de George Romero). Le film assure également parfaitement le côté macho du genre, nous offrant un plan fesses à chaque fois que l’héroïne du groupe (Stacey Dash) range son flingue, et autres zooms sur les nibards (bien qu’on ait droit à aucun vrai plan naked-boobs, dommage).


Bref, Cyborg Conquest est un bon essai dans le genre, cumulant les clins d’oeil et effets de mise-en-scène respectant la tradition Grindhouse, tout comme les répliques pseudo-intellectuelles et pro-féministes des héroïnes. On se marre, et malgré quelques défauts évidents d’écriture, on ne peut qu’applaudir l’initiative du réalisateur qui réussit à nous offrir un divertissement somme toute assez correct.
Pour conclure, si vous avez une bonne dose de second degré, ou que vous avez une passion pour le Grindhouse et/ou le B-movie, vous ne pourrez qu’apprécier cette petite aventure au savoureux pays de l’intelligence zéro.
Mention spéciale pour Stacey Dash, l’actrice principale, superbe métisse aux yeux verts, dont on n’avait guère entendu parlé depuis Clueless.