Les Voyages de Gulliver

Liliput ne méritait pas ça.

(Date de sortie cinéma : 23 février 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 6 juillet 2011 — Titre original : Gulliver's Travels)



Jack Black en Gulliver. On nous l’aurait dit il y a quelques années, on n’y aurait pas cru. Pourtant le voici qui joue les géants dans une comédie qui réserve bien des… « surprises ».
Lemuel Gulliver (Jack Black), est le préposé au courrier dans une grosse agence de presse. Toujours en bas de l’échelle depuis 10 ans, il rêve de grandeur pour attirer l’attention de Darcy (Amanda Peet), dont il est secrètement amoureux depuis des années. Glanant des articles sur le net pour en rédiger un faux, Gulliver se retrouvera envoyé en plein triangle des Bermudes par Darcy, celle-ci étant persuadée qu’il lui ramènera un scoop en béton. Malheureusement pour notre reporter improvisé, il se retrouvera pris dans un tourbillon qu’il l’emmènera à Liliput, une île où vivent de minuscules êtres humains, pas plus hauts qu’une pomme.


Mon Dieu mais qu’est-il arrivé à Jack Black ? Est-ce l’acide à haute dose ou la coke ? Je n’en sais rien. Une chose est sûre, l’acteur qui nous faisait marrer dans L’amour extra large, Rock Academy ou encore Super Nacho n’est devenu qu’une parodie de lui-même, L’an 1 ayant été la sonnette d’alarme de cette déconfiture. D’ailleurs c’est un comble que l’homme qui dépeignait un acteur spécialiste des films de merde dans Tonnerre sous les tropiques soit finalement devenu celui dont il se moquait.
Bon, il faut le reconnaître, cette nouvelle version des Voyages de Gulliver s’avère familiale, à l’humour populaire et regorgeant d’effets-spéciaux pour en mettre plein la vue. Mais était-ce ce que voulait Jonathan Swift ? Voulait-il que son livre en soit réduit à ça ? Une version dont la morale est elle aussi devenue lilliputienne, dénaturée et idiote, en somme un sacrilège sans nom. Outre ces considérations littéraires, le film ne s’avère ni brillant ni royalement mauvais. En fait pour juger il y aurait fallu de la matière, or là on nage dans le vide, l’aventure étant on ne peut plus courte (1h15), l’humour pauvre, et ne faisant que vaguement sourire par moment, quant à l’action on n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent, si ce n’est un combat contre un simili-Transformers (si, si, vous avez bien lu). Certes les effets-spéciaux sont toujours parfaits, et c’est bien là que repose tout l’intérêt du film, nous rappelant sans cesse la prouesse de Chérie, j’ai rétréci les gosses, l’action et l’humour en moins.
D’ailleurs le fait de voir constamment Jack Black au premier plan ne laisse que peu de place aux seconds rôles, ceux-ci étant évidemment trop petits pour apparaître clairement à la caméra. On appréciera néanmoins la présence de Jason Segel (Slackers), Emily Blunt (Le diable s’habille en Prada) et Billy Connolly (Les anges de Boston), apportant un tant soit peu d’intérêt.


Bref, cette énième (dix-huitième, pour être précis) version des Voyages de Gulliver ne ravira ni les fans de Jack Black, ni les autres, à moins d’être pubère et de réussir à se contenter de 3D plein les yeux. Espérons juste que Jack nous prouve qu’il lui reste encore des ressources, et qu’on puisse enfin le revoir — un jour — à son top.
Pour conclure, n’allez voir ce film que si vous y êtes forcé, ou que vous êtes bourré, l’aventure étant trop molle pour tenir en haleine et l’humour trop sporadique pour provoquer le fou rire. Allez plutôt chez votre libraire acheter le livre, ou si vous y tenez vraiment, attendez la sortie en DVD/Bluray.
Mention spéciale pour la scène de drague, où pour aider Horatio à faire sa cour, Gulliver lui souffle les paroles de Kiss, le tube de Prince. LE gros moment marrant du film.