127 heures

Ne jamais abandonner.

(Date de sortie cinéma : 23 février 2011 — Date de sortie DVD/Bluray : 20 juillet 2011 — Titre original : 127 Hours)



Multi-nominé aux Oscars 2011, que vaut le dernier Danny Boyle ? On est en droit de s’interroger, le réalisateur étant réputé pour être aussi irrégulier que surprenant. Glissons donc dans ce canyon pour voir de quoi il en retourne.
Aron Ralston (James Franco) est une tête brûlée. Fou de sports extrêmes, sa passion est la varappe dans le désert, loin de tout et surtout loin des gens. C’est au cours d’une de ses expéditions qu’il glissera dans une fosse, se retrouvera piégé, sa main étant écrasée par un rocher, et va y rester 127 longues heures qui le confronteront à lui-même.


Pas facile d’adapter un bouquin relatant 5 jours d’ennui dans le désert, surtout quand ils se basent sur des faits réels. Soit on relate tout consciencieusement et on prend le risque d’endormir son auditoire, soit on condense, auquel cas on risque d’en oublier le calvaire horrible qu’a vécu cet homme et donner l’impression que tout se passe sur une journée.
Aussi tête brûlée que le personnage dont il s’inspire, Boyle choisit la seconde option, filmant et montant tout de façon frénétique et clipée, soutenu par un Franco au mieux de sa forme, et se débrouillant pour ne laisser aucun temps morts, ayant recours comme à son habitude à de nombreuses phases hallucinatoires.
On reconnaît bien-sûr la patte de l’artiste, et son admiration pour les lumières aveuglantes, de nombreux plans aux couleurs extrêmement chaudes renvoyant fréquemment aux illuminations dont il nous avait gratifié l’oeil avec Sunshine. Les couleurs contrastées sont superbement gérées, l’obscurité dans laquelle est coincé notre protagoniste étant régulièrement entrecoupée par des plans bleus/orangés de l’extérieur (comme sur l’affiche), augmentant la sensation de gouffre sans issue. Boyle n’en oublie pas non plus les phases de réflexion du personnage, se questionnant sur son passé, son présent, et son hypothétique futur, mais sans non plus trop s’attarder, les emballant dans des scènes à l’humour grinçant et autres rêves lucides.
Toujours speed, Boyle en oublie presque la part de détresse de notre personnage, celle-ci étant mise au second plan, tentant plutôt de mettre en avant la positivité dont notre héros ne cesse de faire preuve.


Bref, 127 heures est un film très intéressant, narrant avec brio le combat de cet homme, mais n’ayant pas lu le bouquin il me serait impossible de dire que vaut ce long-métrage en terme d’adaptation. Etait-il autant positif ou est-ce que Boyle a foiré sa retranscription du désarroi ? Dur de répondre, mais quoiqu’il en soit il nous montre qu’il ne faut jamais perdre espoir, quelque soit la situation inextricable dans laquelle on est piégé.
D’ailleurs l’oeuvre s’avère bien plus proche de Sunshine que l’on pourrait y penser, cette fois-ci un homme ne se battant pas pour sauver le monde mais simplement sa vie, en somme une version réduite sous forme de microcosme, les effets cités plus haut renforçant d’autant plus cette ressemblance. Boyle aime les combats humains, sous toutes ses formes et tous ses genres, et nous aussi.
Pour conclure, si vous recherchiez une fable sur la ténacité dont peut faire preuve un homme semblant promis à une mort certaine, vous serez comblé par ce nouveau Boyle, bien plus positif envers la nature humaine que ne l’étaient 28 jours plus tard ou Sunshine. En somme c’est une leçon de vie à laquelle il est difficile de rester insensible.
Mention spéciale pour James Franco, auquel Danny Boyle fait un somptueux cadeau en lui offrant ce rôle, celui-ci n’ayant fait vaguement parler de lui que dans la trilogie Spiderman, mais sa brève apparition dans The Green Hornet était un alarme pour nous prévenir de l’incroyable talent dont il allait faire preuve ici.

  • http://marvelll.fr Marvelll

    Ah oui quand même 8/10. Je trouve même que si Boyle a essayé de condenser un max, ça ne m’a pas empêché de somnoler. Une vraie déception pour moi qui a adoré Sunshine que tu cites souvent.

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      La musique est vachement importante (d’ailleurs j’ai acheté le cd) et la fusion libération à la fin sur fond de Sigur Ros a un putain d’effet communicatif pour ce qui est de la joie… D’ailleurs j’ai pensé à toi quand je l’ai vu, je me disais que t’avais pas eu à supporter les craquements d’os quand il se casse le radius et le cubitus pour pouvoir ensuite se couper l’avant-bras — j’en ai eu des frissons dans le dos moi ;)
      Sunshine je suis désespéré personne n’a aimé, c’est profondément énervant :-?

      • http://marvelll.free.fr Marvelll

        Moi non plus, je n’ai pas compris le flop de Sunshine, c’était quand même un gros trip.

        • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

          Surtout le mélange slasher/fin du monde/sci-fi, c’était pas facile. Trop de gens se sont focalisés sur les erreurs en matière de physique, mais bon un soleil blanc ça aurait été nul, faut prendre ça en compte aussi…

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