
Après Tout va bien, qui sort en DVD le 1er mars, j’étais resté sur ma faim, étant un inconditionnel de Julianne Moore. Il me fallait donc ma dose, du coup j’ai plongé dans son nouveau film, sans grand espoir, le direct-to-dvd recelant autant de perles que de navets.
Cara Harding (Julianne Moore) est une psychiatre spécialisée dans les dédoublement de personnalité, et son boulot consiste plus particulièrement à étudier les criminels et déterminer s’ils feintent ou non cette maladie mentale. Appelée par son père qui a besoin d’elle sur une affaire, il lui présentera un jeune homme, David (Jonathan Rhys Meyers), dont la double, puis triple personnalité se révélera extrêmement convaincante, et en deviendra surnaturelle, les personnes l’habitant étant toutes décédées.

Techniquement au point, et mené par des acteurs crédibles, dont Jonathan Rhys Meyers (Henry VIII dans Les tudors) et Jeffrey DeMunn (Dale, le papy de la série The Walking Dead) le film ne convainc malgré tout pas totalement. On se laisse bluffer par un début intéressant et bien écrit, avec une dose sympathique de petites choses qui font sursauter, puis ensuite il se met à ralentir et à réutiliser sans-cesse les mêmes ficelles. Vient s’ajouter à cela une bonne dose de chrétienté, moralisant sur le fait que de ne pas avoir la foi ne vous sauvera pas. Pire encore, on a carrément le droit à une scène où la mère (Moore) parle avec sa fille, et celle-ci lui disant qu’elle ne croit pas en Dieu, se met alors à lui bourrer le mou en lui disant que Dieu est bienfaiteur et tout le blabla catho habituel. Pas très crédible le coup de la toubib ultra-pieuse.
Ceci étant dit on ne s’ennuie pas complètement, le film assurant le minimum syndical, et étant appuyé par la photo correcte de l’inconnu Linus Sandgren ainsi qu’une bande-son signée John Frizzell (Alien 4 et… Evil Angel !). D’ailleurs Linus Sandgren n’est pas là par hasard, les réalisateurs étant les Suédois Måns Mårlind et Björn Stein, et avaient tous déjà travaillé sur Storm en 2005 (ceux-ci ont d’ailleurs signé pour Underworld 4, prévu pour 2012).

Bref, Le Silence des Ombres, bien qu’ayant ses défauts, notamment au niveau d’une écriture mal structurée et quelque peu indélicate, surtout si l’on est non-croyant, est un direct-to-dvd correct, bénéficiant de moyens solides et de bons acteurs. Cependant les fans de Julianne Moore risqueront de rester sur leur faim, cette discrète production étant bien loin du superbe Loin du paradis.
Pour conclure, si vous êtes accro à la rouquinitude de Moore et aux histoires paranormales, vous aurez de quoi passer un moment sympathique, mais loin d’être inoubliable. Les autres risquent quant à eux de légèrement s’emmerder, mais bon, on ne peut jurer de rien.
Mention spéciale évidente pour Julianne Moore, dont l’interprétation est à la hauteur de nos espérances, et qui visiblement a l’air de croire en son personnage, même si nous pas du tout.

























