Gan bei !
(Date de sortie DVD/Bluray : 15 février 2011 – Titre original : Dim Sum Funeral)

C’est l’époque des funérailles, il faut croire. Après Joyeuses funérailles, excellente comédie anglaise de 2007, les Indiens en ont fait un très mauvais remake en 2009, baptisé Daddy Cool, puis les américains le leur, assez moyen, en le transposant dans une famille afro-américaine, et baptisé Death at a Funeral. C’était donc, en toute logique, au tour d’une famille sino-américaine de faire leur mise en bière.
Dragon Lady (Lisa Lu), une vieille immigrée chinoise possédant ce surnom à cause de son caractère, vient de mourir. Ses enfants avec lesquels elle était en froid, et qui le sont tous plus ou moins entre eux, se réunissent pour ses funérailles. Ayant insisté pour qu’ils soient élevés à l’américaine, pour mieux s’intégrer, ils ne sont pas familier des coutumes chinoises, et découvriront que les funérailles selon cette culture doivent durer sept jours. Sept jours pendant lesquels ils découvriront une face cachée de leur mère, et tenteront de se supporter, puis, profitant de l’occasion, de faire la paix.

Pas très original me diriez-vous, surtout étant donné le fait que trois films ayant le même pitch l’aient précédé récemment, et l’originalité de ce film réside principalement dans la découverte de ces coutumes qui nous sont étrangères, mais pas que. Répliques amusantes, situations compliquées, révélations et prises de bec, tout est huilé comme une vaudeville relativement correct, et même si la farce sent le déjà-vu, réussit à maintenir un minimum d’intérêt.
Côté réalisation et mise en scène c’est en revanche moins folichon, le film étant une petite production canadienne, et ayant donc des airs de téléfilm signé M6. La bande-originale, composée par Scott Starrett est jouée au piano, donnant un côté mélo, qui ceci dit n’est pas forcément déplaisant à entendre (surtout pendant la scène de Chi Gong familial). La distribution se montre de haut niveau, tous les acteurs choisis étant des stars à Hong-Kong ou aux States, dont notamment Chang Tseng, le papy chinois particulièrement drôle, ainsi que Bai Ling qui pour une fois n’est pas dans un rôle où l’on a l’impression qu’elle s’est farcie les narines de coke. Russell Wong fera craquer les filles, étant le monsieur belle gueule Made in China, et qui a brillé dans ne nombreux films, dont Roméo doit mourir, Instincts meurtriers, ou encore La momie – La tombe de l’empereur dragon. Françoise Yip est également bienvenue, vue aux côtés de Wong dans Roméo doit mourir, ainsi que dans Jackie Chan dans le Bronx et Blade: Trinity. S’ajoute au casting Kelly Hu, qui a brillé récemment aux côtés de Robert Carlyle dans The Tournament.

Bref, Funérailles d’enfer s’avère être un bon divertissement, qui même s’il n’apporte rien au genre se laisse regarder avec plaisir. On se marre, on pleure (enfin peut-être pas tout le monde), bref on a ce qu’on avait commandé, ce qui n’est pas toujours le cas avec ce genre de production. Reste un final un peu trop mielleux, qui plaira probablement à certains, mais pas à tous, tirant un peut trop vers le cul-cul, mais ceci est subjectif. A noter également que le film est une suite très indirecte de Xiao zi xian sun ci hou zhe (1993), n’ayant en commun que Madame Xiao…
Pour conclure, si vous ne craignez pas l’overdose d’obsèques, que la culture chinoise vous intéresse, que vous adhérez au mélange humour/drame, et que vous rêviez de voir la fine fleure du ciné HK réunie sur le même plateau, vous pouvez d’hors et déjà signer, vous serez conquis. Pour ceux en revanche qui ne peuvent pas blairer les vaudevilles, passez votre chemin ou vous risquerez l’embolie.
Mention spéciale pour Chang Tseng, qui se voit offrir un paquet de répliques à hurler de rire, souvent dans le style pince-sans-rire, et qui est vraiment une des grosses valeurs ajoutées du film.
PS(1): Pour ceux qui voudraient savoir ce que veut dire le titre original, les Dim Sum sont les équivalents chinois de nos petits fours (mais en moins dégueux et sans pâte feuilletée — LOL)
PS(2): Marrant les différences de jaquette, sur la jaquette US, ils sont habillés en noir, alors que sur la jaquette FR Bai Ling se retrouve en bikini, un moine en train de faire le con est rajouté en arrière plan, et ils picolent tous. Le chargé de com’ a du se dire « les français sont super cons, il faut une jaquette qui soit adéquate, avec de la gnaule et des nichons ». Mais je vous laisse le plaisir de compléter vous-même ce jeu des 7 erreurs qui vous est offert gracieusement par la maison.


























