TiMER

Et vous c'est pour quand ?

(Date de sortie DVD/Bluray : 2 février 2011)


Après L’Arnacoeur, on pensait que les américains avaient été mis KO en ce qui concerne les comédies sentimentales, et force est de constater qu’il leur restait encore quelques mets savoureux dans leur cellier.

Dans une réalité alternative, les gens peuvent se procurer un « TIMER », sorte d’horloge qui compte à rebours jusqu’au moment où ils vont rencontrer la personne de leur vie, si tant est qu’elle aussi en possède un.

Oona (Emma Caulfield), approchant de la trentaine, ne supporte pas que son compteur reste vierge, et est terrifiée à l’idée de ne jamais trouver l’âme soeur. Complexée par son petit frère de 16 ans qui a déjà trouvé la sienne, ainsi que par sa soeur qui vie sa vie à fond, elle finira par succomber pour Mikey (John Patrick Amedori), un jeune homme de 22 ans, pour lequel le compte à rebours indique 4 mois.

C’est avec un grand plaisir que j’ai eu la surprise de revoir Emma Caulfield, dont on n’avait pas entendu parler depuis son rôle d’Anya dans Buffy contre les vampires. D’ailleurs elle n’est pas la seule rescapée de Buffy, puisque Kali Rocha, qui incarnait le rôle d’une de ses copines démons dans la série (Halfrek), y fait une brève apparition.

Traité de manière intelligente, le film nous montre les différents cas de figure qui peuvent se présenter quand on sait à l’avance, ou pas, le moment où l’on va rencontrer la personne qui nous est destinée. Posant toujours les bonnes questions, il réussit à nous les transposer, mais plutôt que d’avoir la prétention de détenir la vérité, il se montre judicieux en nous laissant trouver, ou plutôt chercher, nous-même les réponses. Pudique dans son approche, il laisse de côté les considérations sexuelles, pour uniquement s’intéresser aux sentiments humains, ce qui est plutôt un bon choix, n’embrouillant pas les esprits les moins expérimentés avec des variables supplémentaires.

Bref, TiMER réussit habillement à mélanger existentialisme et humour, et ce de façon simple et bien construite, de manière à ne pas rebuter le spectateur. Les acteurs sont justes, la mise en scène adroite et sans clichés mélodramatiques, rappelant The Invention of Lying, mais aussi, et surtout, L’incroyable destin de Harold Crick. En somme, Jac Schaeffer s’en sort très honorablement avec ce premier long-métrage, qu’elle a réalisé et écrit, et qui lui a d’ailleurs valu les honneurs aux festivals de Fort Collins et Sitges.

Pour conclure, n’espérez pas trouver de réponses existentielles ici, comme « vaut-il mieux savoir ? » (ou inversement), car vous ne les aurez pas, et si vous accrochez à ce genre de réflexion où le spectateur est sollicité, il y a fort à parier que cette petite production vous plaise, et qu’une fois le générique arrivé vous vous demandiez « et si ça existait un TiMER, que ferais-je ? ».

Mention spéciale pour Emma Caulfield, toujours aussi pétillante et malicieuse, et qui prouve que l’après Buffy peut bien se passer, à l’inverse de James Marsters (Spike), qui quant à lui s’est fourvoyé dans l’ignoble Dragon Ball Evolution.

  • http://marvelll.fr Marvelll

    Tu as l’air d’être un vrai fan de comédie romantiques vu comment tu les surnotes (je me rappelle encore du 9 de La Famille Jones qui est quand même très plan-plan).

    En tout cas, je note celui-ci.

    PS: je trouve que l’arnacoeur est surestimé. C’est pas si folichon que ça, tu enlèves Damien et Ferrier, y a plus grand chose.

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      Bof, La Famille Jones c’est pas vraiment une comédie romantique. Ca le devient un peu vers la fin mais c’est surtout sur le consumérisme.
      L’arnacoeur Duris y est pour beaucoup, et c’est un comble étant donné que j’en ai horreur…
      Celui-ci c’est surtout le concept qui m’a cloué le cul, enfin bon j’ai 30 balais, le potentiel que ça me titille de savoir si je me suis planté est plus élevé que pour toi :P
      Et en réalité je peux pas blairer les comédies romantiques parce qu’elles se ressemblent toutes, mais en revanche quand un élément vient réécrire tous les codes c’est là que je trouve ça intéressant. Abre los ojos marche très bien pour moi, idem pour Eternal Sunshine Of The Spotless Mind ou encore Lost in Translation…
      J’ai aimé L’arnacoeur, La Famille Jones et TiMER (et Chasing Amy, pour compléter la liste), certes, mais faut reconnaître qu’on est loin des films cul-cul avec Meg Ryan et/ou Tom Hanks.
      Un des films de mon top 10 est The Crying Game, une histoire d’amour entre un mec et un trans, c’est pas commun ça non plus ;)

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      Ah, et Tout va bien n’a pas eu mes éloges :P