
Oh une histoire de vampire, comme c’est original en ce moment, d’ailleurs on en manquait ! Néanmoins il serait idiot de juger un film à l’emporte pièce sous prétexte qu’il y ait actuellement une proportion élevée de mauvais films du genre. Ceci étant dit, figure à l’affiche Chloe Moretz, qui malgré son jeune âge (13 ans) a su se montrer à la hauteur des différents rôles qu’elle a pu interpréter, que ça soit dans Kick Ass ou encore Journal d’un dégonflé.
Owen (Kodi Smit-McPhe), un jeune adolescent, gentil et frêle, est le souffre douleur du collège, harcelé par une bande de voyous, et ne trouvant de refuge que dans la solitude qui l’accompagne tous les soirs. Nouvelle arrivée dans son immeuble, une autre adolescente, Abby (Chloe Moretz), deviendra son amie, sa confidente, et son amour. Malheureusement cette demoiselle souffre d’un appétit prononcé pour le sang, ce que découvrira peu à peu notre jeune ami. L’épaulant en passant ses soirées avec lui, elle réussira progressivement à lui faire reprendre confiance en lui, et enfin tenir tête à ceux qui lui causent du tort.

Doté d’une narration particulièrement passionnante, on se laisse prendre par cette histoire émouvante, bien plus originale qu’il n’y parait, nous faisant éprouver de la compassion pour ce duo, tous deux en proie à leurs démons.
Autre point qui fait que la recette prend plutôt bien, c’est que l’histoire ne ressemble en rien à Twilight, exempte de coucheries et autres défilés de mecs torses nus. Ici nous avons affaire à une histoire entre deux jeunes ados de douze ans, loin de toutes considérations sexuelles, et nous offrant une idylle forte et platonique, aussi touchante que poignante.
Les acteurs se montrent tous à la hauteur, redoublant de justesse, que ça soit Chloe Moretz, Kodi Smit-McPhee ou Elias Koteas (qui est d’ailleurs méconnaissable). Quant à la mise en scène elle n’est pas en reste, Matt Reeves gérant on ne peut mieux la luminosité, souvent faible, mais ne masquant jamais ce qui doit être vu, et augmentant considérablement le côté sombre de l’oeuvre.

Bref, Laisse moi entrer sait se montrer particulièrement crédible et titille la corde émotive sans jamais non plus sombrer dans le mélo larmoyant. Après un Cloverfield qui m’avait laissé de glace, Matt Reeves a réussi à me bluffer, et espérons pour lui qu’il réussisse une nouvelle fois à nous montrer le talent dont il peut faire preuve dans l’hypothétique suite de Cloverfield.
Pour conclure, si vous pensiez tout savoir sur les vampires, vous vous trompez certainement, cette oeuvre prouvant que le genre a encore à offrir, pour peu que certains esprits imaginatifs se penchent sur le sujet. A noter également que le film est adapté d’un roman datant de 2004, Låt den rätte komma in, de John Ajvide Lindqvist, et qui avait déjà été l’objet d’une adaptation cinématographique, baptisée Morse, sortie en France début 2009.
Mention spéciale pour la scène finale, qui même si elle n’est pas la plus émotive, est forte en tension, et bien que prévisible, se montre on ne peut plus efficace, pour ne pas dire terrifiante.























