Tron l’héritage


God save The Geek.

(Date de sortie cinéma : 9 février 2011 – Date de sortie DVD/Bluray : 9 juin 2011 – Titre original : Tron Legacy)


Film aussi culte qu’incompris, Tron fût, il y a trente ans, une révélation pour une génération geek tout juste naissante. Le monde étant devenu plus ou moins geek, voici que Disney ressort cette licence pour lui donner une suite que l’on espérait plus. Promo massive sur le net, BO orchestrée par Daft Punk, utilisation de la devenue incontournable 3D, Disney a créé le buzz et réussit à vendre mondialement la suite d’un film ayant été relativement anonyme à son époque (seulement 16 millions de dollars de bénéfices pour un budget de 17 millions).


Flynn (Jeff Bridges), après avoir réussi à sortir du cyberspace dans le premier, a continué ses recherches, puis mystérieusement disparu, laissant son jeune fils, Sam (Garrett Hedlund), à la tête de la société informatique ENCOM. Vingt-cinq ans plus tard, Alan Bradley (Bruce Boxleitner), ayant reçu un message de Flynn, mettra son fils sur son chemin, ce qui l’amènera à entrer par mégarde dans l’univers où est enfermé son père, et l’obligera à en trouver la sortie, tout comme celui-ci avait dû le faire auparavant.
Visuellement le film fait mouche, proche du premier, mais amélioré grâce à l’évolution des effets-spéciaux (les combinaisons sont noires, ne laissant apparaître que les faisceaux lumineux, et enlevant ce côté kitsch du lycra gris), ainsi qu’une 3D apportant une nouvelle dimension à ce CyberWorld. On regrettera néanmoins que cette évolution technique n’ait pas été utilisé à bon escient, cet univers dilatant autant la rétine qu’il déçoit, les scènes d’action étant ternes, trop courtes, sans aucune tension, et cela sans compter un final sans intérêt, écrit à la va-vite, et tentant vainement de donner un semblant de philosophie de gare.
Bref pas de réelle créativité ici, juste du recyclage un peu boosté. Et pour enfoncer le Clu, celui-ci est particulièrement mal foutu, ce Jeff Bridges rajeuni semblant sorti d’une cinématique d’il y a 10 ans. On a vu largement mieux dans Benjamin Button, et même Beowulf se montrait plus crédible, c’est dire…


Si l’on appréciait l’humour et la dérision de Flynn dans le premier opus, on ne pourra que tiquer en voyant son fils, un blond insipide, voire agaçant, et n’arrivant ni à la cheville de Jeff Bridges, ni à celle de Bruce Boxleitner. D’ailleurs dans celui-ci Jeff Bridges parait complètement éteint, que ça soit dans le rôle de Flynn ou celui de Clu, le méchant du film. La faute à un procédé rajeunissant et une démarche se voulant robotique mais paraissant bien plus proche du balai dans le cul.
Musicalement c’est l’hécatombe, Daft Punk semblant complètement has-been et servant une BO oscillant entre l’orchestral pompant — mal — The Dark Knight et l’éléctro sans inspiration. Il n’y aura bien que le morceau « Derezzed » qui réussira à se distinguer, en particulier durant la scène d’action dans le bar, où l’on aura notamment l’occasion d’apercevoir Daft Punk dans le rôle des DJs.


Bref, Tron l’héritage est une belle foirade, produit affreusement commercial, et a fortiori une insulte à l’esprit du premier ainsi qu’à ses fans, mais également au public de la nouvelle génération. Tout comme son ancêtre c’est une belle démo technique avec une histoire sans grand développement, sauf qu’il ne dispose d’aucun personnage attachant et ne procure aucune émotion, point fondamental qui faisait du premier Tron un film culte.
Pour conclure, si vous êtes fan de la première heure (ou d’un peu plus tard), ce Tron vous est déconseillé, ou alors attendez la sortie Bluray. Pour les autres, même si le visuel est plaisant, n’oubliez pas que le film est pendant sa plus grande partie très ennuyant, et sera probablement très loin de l’idée que vous auriez pu vous en faire. Reste la plastique d’Olivia Wilde et des différentes « sirènes » qui donneront une demi-molle, agréable, mais cher payé…
Mention spéciale pour la scène du bar, étant la seule et unique chose à retenir de ce film. Relativement bien chorégraphiée, et orchestrée par un Michael Sheen (Lucian dans Underworld) jubilant et semblant être le seul à s’investir un peu dans cette chaloupe sans âme.

N’oubliez pas de jeter un oeil à la galerie photo qui a été consacré à l’insertion de Tron dans le monde réel, un bonus non négligeable pour les fans.

Et pour conclure cette critique, découvrez un peu mieux ce nouveau Tron au travers de ces bandes-annonces et featurettes, histoire de vous faire une idée…

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  • http://marvelll.fr Marvelll

    Exactement les mêmes remarques que les miennes. Une grosse déception ce Tron. Vraiment dommage pour la galaxie Geek.

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      C’est clair que le blondinet gâche tout. Il y a 30 ans le duo qui crevait l’écran étaient des pointures. Là on nous sert du canigou. Le pire c’est de mater les featurettes et de contempler les hectares de conneries qui sont dites.

      • http://marvelll.fr Marvelll

        Il est relou le petit jeune. Je me demande encore ce qu’il y a bien pu se passer dans la tête des créateurs de ce Tron.

        Mais faut vraiment que je mate le premier.

        • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

          Le problème c’est qu’à l’époque les réalisateurs avaient un projet un peu farfelu, et étant unique, Disney a donné son accord sans trop comprendre ce qu’était Tron et en se disant « ça doit être cool ». Or les réalisateurs visaient clairement les teens qui préparaient leur MIT et autres jeunes adultes déjà analystes/programmeurs.
          Celui ci est clairement un produit pour les mômes, à l’inverse du premier qui a ennuyé des millions de gosses à l’époque (dont moi).
          Un autre exemple de producteur qui a produit sans trop savoir c’est Joel Silver avec Matrix, d’ailleurs il avait limité le budget du premier, puis voyant que ce genre de film geek marchait (et auquel il ne comprenait rien), il accepta de produire Courtney Solomon et son Donjons & dragons, se disant qu’un autre truc geek obscur pourrait certainement rapporter du fric. Ca rapporta que dalle et foutu tricard Solomon qui n’a rien fait depuis, si ce n’est des merdes de sa propre production…

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  • http://www.escapetoculture.net/ Fabien

    Je l’ai vu cette semaine, et je n’ai absolument pas accroché. En fait, je pense que « Tron Legacy » est le genre de film qu’on aime ou pas. Perso, je ne suis pas fan de science-fiction à la base, alors difficile d’entrer « dans le film ».
    Complètement d’accord en ce qui concerne le Jeff Bridges des années 80 (c’est à peine si on voit que c’est fait en images de synthèses), le scénario, la BO des Daft Punk (voir des mini-clips, non merci !) et la mauvaise performance des acteurs (il y aurait peut-être Olivia Wilde, mais le scénario empêche son personnage de bénéficier d’une véritable psychologique).
    Décidemment, Disney ne s’en sort pas côté « films live » ces derniers temps !

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      Du coup ça me pousse à m’interroger sur une chose, le film est-il préférable pour quelqu’un qui aime la science-fiction plutôt que pour quelqu’un qui ne l’aime pas ? :angel:

      • http://www.escapetoculture.net/ Fabien

        A mon avis, ce film a été surtout fait pour les fans du premier et les geeks en général. D’ailleurs, Tron Legacy rend hommage au premier Tron au tout début.

        • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

          Je ne pense pas. Je fais partie des fans du premier et j’ai été consterné par ce qui a été fait ici. J’ai consacré justement un dossier à Tron pour mieux faire comprendre ce qui n’allait pas avec Legacy. http://www.slashershouse.com/2011/02/06/lunivers-de-tron/
          Je pense que ce nouvel opus s’adresse à la génération — mauvais — Disney, qui croit qu’un dessin animé c’est en images de synthèse, et que tout ce qui est estampillé Disney est FORCEMENT bien.

          • http://www.escapetoculture.net/ Fabien

            Quand tu vois que « Alice in Wonderland » a cartonné… Après, moi j’ai détesté, je sais pas toi. Et « Prince of Persia » qui a bien floppé sa race, et on comprend pourquoi quand on le regarde. :lol:
            Non mais Disney s’est bien vautré avec ses « films live » ces derniers temps ! Et quand on voit la qualité des films en question, on se dit que c’est justifié.

          • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

            Pareil, impossible de supporter Alice, et la nouvelle version signée Snyder est également immonde. Prince of Persia c’est n’importe quoi, et pourtant je suis un fan de Gyllenhaal, mais une distribution caucasienne pour jouer des Perses, c’est un lolesque, quoi…
            Quant au vautrage de Disney ces derniers temps il est partiel. Les spectateurs qui n’ont aucune culture du cinéma continuent à en bouffer sans problème, et s’en moquent de ce que disent les critiques, ou au pire ils vont aller insulter les journalistes qui ont dit du mal de Tron ou de Jack Sparrow.
            Disney ne s’est jamais aussi bien porté, et l’on pourra malgré tout féliciter Lasseter, ex-patron de Pixar, qui avait insisté pour que le département dessin-animé traditionnel soit réouvert lors de la fusion des deux entreprises. D’ailleurs c’est tout ce qu’aura apporté de bon cette fusion…
            Rappelons également que Burton s’était fait virer de chez Disney au début des années 80, son style correspondant plus, selon les studios, aux films d’épouvante qu’au cinéma pour enfants. Le voir signer à nouveau avec le diable pour Alice m’avait fait faire un sacré bon. Enfin ce n’est qu’une preuve de plus que Burton est has-been depuis bien longtemps… :whistle: