La Dette

The Glorious Basterds.

(Date de sortie DVD/Bluray : 19 janvier 2011 — Titre original : Ha-Hov)



Tarantino nous avait servi Inglourious Basterds, il y a deux ans, mais avant celui-ci, Assaf Bernstein avait déjà donné sa propre vision des Basterds, les vrais, ceux du Mossad et non de l’armée Américaine.
Le film ayant eu une très bonne réception de la part du public et de la critique, les américains ont sorti leur remake il y a quelques mois aux States, avec en stars Sam Worthington et Helen Mirren, et comme un tour en appel un autre, il semblait logique que les distributeurs se battent pour sortir l’original en DVD, soit 4 ans après sa sortie. C’est certes très opportuniste, mais pas plus mal, puisque cela nous permet d’enfin découvrir le film dans nos contrées.
Ne vous attendez donc pas à du défouraillement de nazis à coups de battes de baseball, ici l’histoire se passe un peu plus tard, en 1964, époque où des agents Israéliens étaient envoyés un peu partout dans le monde pour capturer les criminelles de guerre, en particulier les bouchers d’Auschwitz, afin de les ramener en Israël pour qu’ils y soient jugés. Notre équipe d’agents, revenue après que Max Rainer (Edgar Selge), leur cible, se soit suicidée, doivent, 40 ans plus tard, faire face à un nouveau problème, un homme dans une maison de retraite Ukrainienne aurait déclaré être Max Rainer. Est-ce vraiment lui ? Que s’est-il vraiment passé ? Nos agents ont une nouvelle mission.

Visuellement parlant, le film ne crève pas l’écran, étant à la base un téléfilm, ce qui lui confère une image à la hauteur de ce genre de production. Cependant, on remarquera une bande-son de très bonne facture, et émouvante, composée par Jonathan Bar-Giora, nominé de nombreuses fois pour ses compositions. La mise en scène, elle, s’avère particulièrement bien arrangée, alternant entre présent et passé, et nous faisant découvrir peu à peu un lourd secret. Les scènes à huis-clos sont également rondement menées, et on ne pourra qu’applaudir les interprétations des personnages principaux, notamment celles de Gila Almagor (Rachel Berner), Neta Garty (Rachel jeune), et évidemment celle de Edgar Selge, dans le rôle de Max Rainer, l’infâme chirurgien de Treblinka (camp de concentration le plus important après Auschwitz).

Bref, La Dette nous montre un cinéma Israélien qui nous était inconnu, original, extrêmement intelligent dans son écriture, passionnant à suivre, et abordant un sujet souvent laissé de côté, à savoir la vengeance juive d’après-guerre.
Pour conclure, cette sortie DVD s’avère être une excellente surprise, et une bonne occasion de découvrir La Dette avant la sortie de son homologue Américain. D’ailleurs on pestera sur le choix du casting pour le remake, Worthington et Mirren ressemblants à tout sauf à des juifs, ceci venant probablement du fait qu’ils soient tous les deux blonds aux yeux bleus…
Mention spéciale pour Neta Garty, révélation indéniable de ce film, et a fortiori une superbe femme, et qui on l’espère reviendra dans d’autres longs-métrages (ce qui ne semble pas être pour maintenant, étant donné qu’elle joue un des personnages de Ha-Borer, une série dramatique Israélienne http://hot.ynet.co.il/home/0,7340,L-7227,00.html).

  • MALKO

    Tout à fait en accord avec votre critique du film. J’ai peur pour le remake…

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      Sortie prévue pour fin été/début automne 2011. J’ai très peur aussi, surtout qu’un remake n’était absolument pas indispensable. Que comptent-ils rajouter ? Des explosions ?

  • tanguy

    votre commentaire sur les juifs est INCORRECTE! je ne suis pas juif mais je vais souvent en israel et un grand nombre de juifs ont un aspect tout à fait européen, avec des yeux bleus et des cheveux blonds. Dans certains kibboutzim 80% des gamins sont blonds aux yeux bleux….

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      Je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de juifs blonds, et même en Tunisie il y a des musulmans blonds aux yeux bleus. Mais en Israel ils sont séfarades et dans les pays de l’est ils sont ashkénazes, d’où une différence ethnique très prononcée. Nos protagonistes sont ashkénazes, et ont donc peu de chances (pour ne pas dire aucune) d’être blonds aux yeux bleus. Rachel Weisz ou Natalie Portman sont des excellents typiques d’ashkénazes.
      Qu’il y ait des exceptions ne signifie pas qu’une règle est fausse, au contraire elle la confirme…