Ne violez pas leur territoire.
(Date de sortie DVD/Bluray : 4 janvier 2011)

J’attendais Djinns avec impatience, et le voici qui sort enfin en DVD. Il faut dire que du fantastique à la Française c’est pas banal, ce qui attisait d’autant plus ma curiosité.
Placé dans un background des plus difficiles, à savoir la guerre d’Algérie, guerre laissée bien de côté dans les livres d’histoire, Djinns profite de l’occasion pour nous plonger dans ces évènements d’une dure réalité.
Une bande de paras sont envoyés dans le désert récupérer une mystérieuse mallette, perdue suite au crash d’un avion. Egarés à cause d’une tempête de sable, nos héros devront retrouver leur chemin, qui les mènera jusqu’à une citadelle reculée, les faisant violer par la même occasion le territoire des Djinns, peuple démoniaque manipulateur d’esprits.
Visions, suggestions, leurres, les Djinns mettront tout en oeuvre pour les rendre fous et les pousser à s’entre-tuer. Heureusement pour eux, le jeune nouveau dispose d’un pouvoir que de rares élus ont, la possibilité de voir ces fauteurs de troubles.

Original, et nous offrant une autre vision du Djinn que celle que l’on avait pu voir dans Wishmaster, Djinns nous offre un spectacle riche et inspiré, bien loin des élucubrations de Robert Kurtzman, et même s’il tire vers le film de guerre, reste avant tout un film fantastique, voire d’épouvante. Photographie sublime, décors criants de vérité, effets-spéciaux convainquant, l’oeuvre est dirigée de main de maître par les époux Martin, qui signent ici leur premier long-métrage. Cependant rien n’est jamais parfait, et les seuls griefs que l’on pourra avoir à l’encontre de Djinns sont les interprétations pas toujours convaincantes d’un casting légèrement bancal. Thierry Frémont ne fait pas partie de mes acteurs préférés, et il prouve une nouvelle fois que son jeu d’acteur ne tourne qu’autour de la vocifération, insupportable comme il l’était déjà dans le second film Caméra café. Grégoire Leprince-Ringuet, incarnant l’élu, semble quant à lui faire preuve de bonne volonté, mais peine également à convaincre. Rajoutons à cela Matthias Van Khache et Cyril Raffaelli (le flic de Banlieue 13), laissant eux aussi dubitatifs. On appréciera malgré tout la participation exceptionnelle, et bienvenue, de Saïd Taghmaoui (La Haine, G.I. Joe), bien plus chevronné que le reste de la distribution.

Bref, Djinns réussit à captiver grâce à une réalisation et une histoire de très bon niveau, malheureusement contrebalancées par des interprétations pas toujours à la hauteur de nos attentes.
Pour conclure, si le fond et la forme du sujet vous intéressent, vous pouvez foncer dans cet exode au fin fond du désert algérien, et vous laisser prendre par l’atmosphère angoissante montant crescendo. Pour les connaisseurs il est à noter que le film ressemble curieusement au film Le Bunker, dans lequel une bande soldats allemands se retrouvent coincés dans un bunker, et en proie à des hallucinations provoquées par des êtres invisibles, se mettent à s’entre-tuer.
Mention spéciale pour la façon dont est abordé le thème de la guerre d’Algérie, légèrement dénonciatrice et politiquement engagée, mais pas trop, car ça n’est pas non plus le but du film, qui reste avant-tout un divertissement, et non une mise à mort de la France.


























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