Etes-vous prêts ?
(Date de sortie cinéma : 20 octobre 2010)

Blair Witch, en 1999, avait ouvert la porte à un genre nouveau: le dv-movie. Seulement c’était un genre à double tranchant, soit vous étiez sûrs de l’originalité de votre oeuvre, soit vous étiez immédiatement estampillé plagiat (voire juste grosse merde). Malgré tout, tout le monde s’y est mis, essayant de transposer le concept à des univers différents, mais beaucoup ont foncé droit dans le mur, que ça soit George Romero avec The Diary of the Dead ou encore Matt Reeves avec Cloverfield. Bref ce genre nouveau semblait être né et mort avec Blair Witch. Pourtant, le duo Espagnol Balagueró/Plaza réussirent à relancer le genre en 2007 avec [Rec], et firent encore mieux avec sa suite en 2009. Le dv-movie vivait son second souffle, et quasiment au même moment, Paranormal Activity profita de l’occasion pour créer le buzz grâce à un trailer plutôt inventif, qui au lieu de nous montrer le film, nous montrait la réaction des gens dans la salle — excellente idée.

Paranormal Activity c’est ça, un melting pot de bonnes idées, mais qui malheureusement se montrait bien trop racoleur, répétitif, ennuyeux et dont la substance, finalement, ne prenait forme que dans ses 10 dernières minutes. On aurait pu se dire que Tod Williams, le réalisateur (remplaçant Oren Peli, qui cette fois ci s’est contenté de la production), corrigerait les erreurs de son prédécesseur pour nous offrir une suite mieux rythmée qui en exploiterait les idées de façon plus intelligente, Que nenni ! Pire encore, Williams semble embourbé, et nous ressert exactement le même menu que dans le premier, agrémenté des mêmes erreurs, et tentant vainement de créer un semblant de « saga » basée sur le même démon, le film se passant 60 jours avant la mort de Micah (c’est précisé en début de film, pour que l’on comprenne bien qu’il s’agisse du même démon). Williams a bien plus de fric qu’en avait Peli, du coup il s’offre dés le début un petit cambriolage, ce qui donnera une excuse à l’installation de caméras de sécurité dans toutes les pièces de la maison, s’éloignant donc du dv-movie à « trous », puisqu’ici nous sommes témoins de TOUT, ce qui a pour effet secondaire de briser tout le mystère.

Le coup du plan long où l’on cherche ce qui va bouger, façon « Où est Charlie » est, en plus d’être réutilisé jusqu’à l’écoeurement, transposé dans toutes les pièces de la maison, nous décourageant totalement à rechercher un quelconque mouvement, sachant pertinemment que la surprise viendra à coup sûr de là où l’on ne s’y attendait pas. Pas avare en copié/collé, Williams nous ressert la scène de la nana attrapée et trainée par cet être invisible, et sans vous en dire plus, construit tout sur le même schéma, allant crescendo puis délivrant tout dans les 5 dernières minutes (avec une longue scène de nightshot sucée du premier [Rec]). Oui mais Monsieur Williams, c’est bien gentil de faire entrebâiller des portes et gigoter des casseroles pendant 1h, sauf que la recette fonctionne une fois, la seconde elle gonfle sévère.
Pour conclure, Paranormal Activity 2, voulant se donner des airs de prequel tentant d’échaffauder une saga, ne fait que réutiliser les ficèles — déjà usées — du premier, et au lieu de nous effrayer ne fait que nous énerver, ou pire mieux, dormir.
A noter également qu’il est hautement recommandé de voir d’abord le premier, ce second opus se situant d’abord avant, puis après son prédécesseur.
Mention spéciale pour le coup de la grosse boniche Mexicaine qui fait des exorcismes, ça, c’était pas du tout cliché…


























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