The Social Network


I’m CEO, Bitch.

(Date de sortie cinéma : 13 octobre 2010)


A l’heure actuelle il serait difficile de trouver quelqu’un qui n’ait pas de compte Facebook. En effet, en quelques années Mark Zuckerberg a, grâce à son site Internet, relié la planète entière, et ce en faisant preuve d’une ingéniosité telle qu’elle rendait pour la première fois un réseau social simple et utilisable par n’importe quel individu, initié ou non. Certains reprochent qu’on ne puisse pas customiser sa page comme sur MySpace, or c’est cette possibilité qui a fait fuir beaucoup d’utilisateurs (moi le premier), beaucoup transformants leur page en un immondice assemblé de gifs animés, polices grasses rouges sur fond violet, musiques qui se lancent automatiquement, et j’en passe.
D’ailleurs je vais arrêter là la comparaison, la majorité des branchés du net connaissants déjà cette partie de l’iceberg, alors que le film en lui-même s’occupe de l’autre, celle qui est aussi sale qu’une page MySpace.


Mark Zuckerberg, jeune étudiant venant de se faire larguer par sa copine, se fait remarquer en créant un site qui permet de comparer physiquement les étudiantes des différentes universités. Contacté par les jumeaux Winklevoss, ceux-ci lui commanderont un site, qui était le concept même de Facebook, mais réservé uniquement aux étudiants d’Harvard. Ne voulant pas se limiter à Harvard, Zuckerberg utilisera l’idée, développant le site Internet thefacebook.com, et l’ouvrira au fur et à mesure à de plus en plus d’universités, avant de le rendre planétaire.
Dans l’histoire de l’informatique, la plupart des concepteurs de sites Internet, d’ordinateurs, ou tout ce qui touche aux nouvelles technologies, se sont fait blouser par celui qui était leur partenaire mais qui avait la tchatche. Apple en est l’exemple le plus flagrant, Steve Jobs, le commercial, devenant multi-milliardaire, alors que celui qui a fait les soudures et le système du premier Macintosh, Steve Wozniak, est certes au National Inventors Hall of Fame américain, mais pourrait également figurer au Hall of Fame de ceux qui se sont fait le plus entuber par celui qui était censé être leur meilleur ami.
Or là où Mark Zuckerberg fait office de pionnier, c’est en étant un des rares techniciens aillant réussi à conserver la main sur le fruit de leur travail, et a fortiori le plus jeune milliardaire au monde.


Tout ceci peut paraître complexe pour les non-initiés, mais là où David Fincher fait fort est en réduisant cet édifice à son plus simple appareil, faisant figurer tous les protagonistes dans une même pièce, où a lieu un arrangement financier, donnant à ce complexe univers une image relativement simple: une prise de bec pour savoir qui aura le plus gros morceau du gâteau. Fincher met d’ailleurs plus en avant le côté humain du problème, essayant de nous montrer les différentes facettes de la personnalité de Zuckerberg, notamment sa volonté à se donner une image de sale con, ceci pour éviter d’avoir des amitiés à entretenir, chose dont il se sent incapable.
The Social Network, en plus d’être une histoire sur l’argent, l’amitié et la trahison, est aussi celle de la plus grande vengeance qui soit, à savoir prouver à la fille qui nous a largué que l’on peut réussir à devenir le maître du monde, avec ou — surtout — sans elle, une sorte de pwn (« humiliation/provocation » chez les geeks) dont l’envergure ne pouvait sortir que de l’esprit torturé et ingénieux de Zuckerberg.
Pour conclure, en plus d’une histoire passionnante, que l’on soit adepte du réseau ou non, la mise en scène de David Fincher ainsi que les dialogues piquants et profonds d’Aaron Sorkin élèvent The Social Network au statut de drame Shakespearien, le premier qu’ait engendré Internet.
Mention spéciale pour Jesse Einsenberg qui  nous sert une nouvelle interprétation d’envergure, venant s’ajouter à celle dont il nous avait gratifié dans Adventureland et le catapultant indéniablement dans le top des meilleurs jeunes acteurs actuels.

  • http://marvelll.free.fr Marvelll

    Parfaitement d’accord avec ta critique. Un chef d’œuvre ce film. Je posterais bientôt mon avis sur mon blog.

  • Quentin

    je vois pas le rapport avec shakespeare, il aurait fallu argumenté

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      Partant du principe que mes lecteurs ont un minimum de culture je ne me voyais pas dans l’obligation de détailler cette analogie. Néanmoins voici quelques points qui devront t’aider à faire le lien: comme dans les oeuvres de Shakespeare, l’action est de grande envergure, a des enjeux politiques et/ou financiers très importants, l’amour (ici la perte de celui-ci) y tient une partie importante et y est même un acte déclencheur, et pour finir on a un personnage principal qui au lieu d’aller de l’avant ne fait que tourner en rond (tu auras — évidemment — reconnu Hamlet).

  • http://marvelll.free.fr Marvelll

    +1 Mr Méchant ^^. Mais bon, t’es pas obligé d’être si méchant ^^.

    • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

      J’aime pas qu’on me fasse perdre du temps à me poser des questions débiles…

      • DeLarge

        Tout le monde ne peut pas avoir ta culture, je ne vois pas en quoi cela en fait une question débiles …

        • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

          Shakespeare c’est du basique. J’aurais cité du Tolstoï je comprendrais, mais là…

  • MrCinema

    Bof, un peu pourris.. ça parle dans tous les sens, c’est pas très passionnant.. on s’ennuie grave.. dommage, j’attendais plus de ce film…

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  • DeLarge

    Je n’ai pas de compte facebook et je suis pourtant socialement intégré … WTF !

    • http://www.slashershouse.com Mr Méchant

      On a jamais dit le contraire ^_^