Resident Evil : Afterlife 3D

Oh, it's raining today, where is my umbrella ?

(Date de sortie cinéma : 22 septembre 2010 — Date de sortie DVD/Bluray : 26 janvier 2011)



Suivant sa mécanique bien huilée d’une sortie tous les trois ans, Paul W.S. Anderson ne faillit pas à sa coutume, nous livrant le quatrième opus de la saga Resident Evil, nommé Afterlife. Connaissant le bougre, il n’était pas étonnant qu’il mise tout sur la très lucrative 3D, histoire de bien remplir son porte-feuille ainsi qu’étoffer le curriculum vitae de sa femme, Milla Jovovich, celle-ci en étant incapable elle-même (cf. Phénomènes Paranormaux). D’ailleurs, même si la saga ne s’était jamais distinguée pour la subtilité de son intrigue, il y avait un minimum d’histoire, or il semble que comme la plupart des films utilisant la 3D celle-ci ait été réduite à une copie simple petit format à grands carreaux.
Commençant, comme on s’en doutait à la fin du troisième, par une attaque d’Alice et ses clones contre Wesker (Shawn Roberts), Anderson balance en 3D un peu tout ce qui s’est fait comme scènes cultes durant ces dernières années, pompant allègrement Blade et Matrix, nous reproduisant même l’ouverture de Reloaded dans laquelle Trinity tombe à la renverse à travers une vitre, tout en tirant. Rajoutez à cela Wesker qui lui tire dessus, armé de Desert Eagle tout comme l’agent qui poursuivait Trinity, bref on est plus près du plagiat que du clin d’oeil (et ça sans compter les bullet-times incessants, rallongeant virtuellement la longueur du film).


Une fois échappée, et ayant retrouvé sa copine Claire (Ali Larter), Alice tentera de trouver Arcadia, censé être un lieu de refuge, mais s’arrêtera à un immeuble où sont piégés une poignée de civils. Encore une fois on sombre dans le plagiat, la film se transformant en une pale copie de Zombie de George Romero. Seul problème, il ne se passe que dalle pendant presque trois quarts d’heure (hormis Alice qui prend une douche et fait son ptit pipi), à tel point que l’on se demande pourquoi un tel battage pour la 3D. Terminant comme il avait commencé, Afterlife se réveille et nous balance ensuite plus d’une vingtaine de minutes d’action non-stop, suivant un non-sens absolu et sans aucune tension, Alice dégommant des hordes de zombies avec des armes à faible cadence (canons-sciés et revolvers) sans aucuns problèmes. Anderson, n’ayant — jusqu’à la mort — pas peur du ridicule, va même jusqu’à nous balancer l’épique séquence de merde, à savoir Wesker, qui pour déconcentrer ses ennemis, leur balance ses lunettes dans la gueule (enfin vers la caméra, façon Ethan Hunt dans Mission Impossible, mais en 3D).


Que les fans du jeu-vidéo n’attendent pas non plus grand chose de l’apparition de Chris Redfield (Wentworth Miller), ce dernier n’ayant que quelques courtes répliques et étant tout aussi doué au combat qu’une Valérie Damidot sous morphine. Allant à l’inverse d’Extinction, Anderson remet sa femme sur un piédestal, voulant probablement quelques archives d’elle — sous toutes les coutures — en 3D, histoire de se masturber tranquille le jour où elle le larguera pour un autre meilleur réalisateur.
Le premier Resident Evil se montrait relativement efficace et bien rythmé (même si l’aspect gore avait été passé à la trappe), le second se rapprochait du jeu tout en en faisant n’importe quoi, le troisième apportait une nouvelle vision et un peu d’originalité (merci Russell Mulcahy), en revanche celui-ci sombre dans le n’importe quoi, ne présentant aucune histoire et se révélant plus être un essai d’Anderson à la 3D qu’un film nécessaire à la saga, rien ne nous étant révélé de nouveau sur Umbrella (même si on s’en fout un peu).
Bref même si Anderson pompe à droite à gauche pour misérablement arriver jusqu’à 1h25 de pellicule, on s’amuse malgré tout au début et à la fin, les scènes d’actions, même si elles puent le déjà-vu, montrant que celui-ci a parfaitement pris en main la technique de la 3D.
On déplorera également une bande-son particulièrement mauvaise, tout juste sauvée par la réutilisation du morceau The Outsider de A Perfect Circle, déjà entendu dans le deuxième opus.
Pour conclure, un film qui ne vaut pas d’être vu en 3D au cinéma, l’entrée étant trop chère (et le film trop court), mais qui contentera les amateurs — équipés — une fois en Bluray 3D. Et pour les plus impatients attendez quand même la moitié du générique de fin, celui-ci contenant une petite surprise.
Mention spéciale pour Kim Coates, qui est probablement le seul vrai acteur du film et tirant plutôt bien son épingle du jeu dans son rôle de fripouille (et qui n’en est pas à son premier rôle dans une adaptation de jeu-vidéo puisqu’il jouait déjà dans Silent Hill).

  • http://perfection.over-blog.com/ Amerperfection

    Se qui me fait le plus rire et qui prouve encore plus que Paulo l’Anderson est un réalisateur médiocre et sans talent, c’est qu’après avoir bien pompé la scène du combat « Wesker vs Claire vs Chris » après avoir copier au plan près, au geste près, il revient à ça propres mise en scène « après le comba, Wesker balance les 2 abrutis dans une espèce de case d’une façon totalement incohérente »

    C’est souvent avec mes potes que je les envois en les attrapant par le pull pour m’amuser –’

    Ou encore une autre création à lui « le combat Bourreau vs Claire » une scène signé Paulo : « Mou, lent, avec une Ali Larter qui tien bien son rôle de mauvaise actrice »

    Bref, une adaptation représentant comme un mollard sur le jeu mythique Resident Evil à évité de bonne foi ;)

    Ps : bonne critique !

  • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

    De toute façon adapter Resident Evil en film n’avait aucun sens, en particulier car celui-ci pompe déjà beaucoup au cinéma et que son histoire n’est pas assez bonne pour en faire un film. Quand on la vie avec son pad en mains, ok, mais de là à voir exactement la même chose au cinéma sans pouvoir influer il y a une grosse différence.
    Castlevania me fait plutôt peur aussi, Anderson à la production et James Wan à la direction, impossible de savoir ce que ça va donner :-/

    PS: merci ! ;)

  • Mr Gentil

    Film vraiment nul, tout à fait d’accord avec la critique.

    Par contre Mr Méchant la saga résident evil est à la base un jeux vidéo c’est le film qui est une adaptation ;)

  • http://www.agence-appuru.com Mr Méchant

    Oui oui je sais, suffit de lire ma critique pour se rendre compte que je le sais, j’ai juste fait une inversion quand j’ai répondu au com ;)

  • http://cinematheque.over-blog.net/ Phil Siné

    wow, super ! ça devait etre épique les lunettes dans la tronche en 3D ! :)