n’est pas d’or…
(Date de sortie DVD : 1er septembre 2010)

Que cela soit dit tout de suite, je n’étais pas chaud à l’idée de voir Tout ce qui brille, le trailer étant tout sauf intriguant, nous présentant une histoire basique de querelles de deux meilleures amies, sous-poudré d’humour style Toufik d’Elie Semoun. Cependant les trailers sont souvent mensongers, ayant tendance à déformer l’histoire et la modeler afin de la rendre attrayante pour la masse. Malheureusement cette fois-ci mes appréhensions se seront avérées justifiées, le film étant tout sauf un bon film de banlieue.
Lila (Leïla Bekhti), une beurre, et Ely (Géraldine Nakache), une séfarade, sont des amies inséparables de Puteaux, et ont pour habitude de resquiller les taxis afin de se rendre au coeur de Paris, là où sont les discothèques branchées et où ont lieu les meilleures soirées. Réussissant à se faire passer pour des filles de Neuilly elles se feront vite des relations, et croyant faire partie de ce monde finiront par détourner le regard de ceux qui leurs sont proches. Lila, abandonnée par son père, franchira les limites en volant, servira de bouche-trou à Maxx (Simon Buret), un jeune bobo, faisant cocu par la même occasion Eric (Manu Payet), son petit ami, se fera virer de son taf, et se conduira si mal auprès d’Ely qu’elle finira par perdre celle qui était sa meilleure amie.

Convenu et manquant de mordant, on s’ennuie profondément devant cette caricature plate de deux milieux, nous dépeignant un monde composé soit de bobos opportunistes et mauvais, soit de banlieusards voleurs et s’insultant constamment, et finit par s’engluer misérablement dans la niaiserie la plus idiote. Rajoutons à cela Audrey Lamy, cabotinant dans le rôle de Carole, sportive débile wesh-wesh façon Toufik, donnant presque des envies de se mettre du pop-corn dans les oreilles à chacune de ses répliques; dommage quand on a pu voir ce dont elle était capable dans la série Scènes de ménages diffusée sur M6. On regrette également que nos deux protagonistes, qui malgré leur talent évident et reconnu, se retrouvent dans cette mélasse aussi savoureuse qu’un milk-shake aux mégots de clopes.

On sourit une ou deux fois, mais jamais on ne rit. Malgré tout vient une dernière demi-heure remontant un peu le niveau et sauvant in extremis le film d’un naufrage annoncé. On notera également une technique très aboutie, photographie, étalonnage colorimétrique et éclairage renforçant avec succès la beauté de nos deux héroïnes orientales.
Certains salueront l’absence de violence et trafics de drogue communs à ce genre de film, cependant on aurait préféré saluer ces bonnes intentions si quelque chose présentant un tant soit peu d’intérêt était venu le remplacer.
Bref Tout ce qui brille, malgré ses bonnes intentions, nous laisse sur notre faim, et force est de constater que nous sommes loin du film piquant, savoureux et culte qu’était Le Thé au harem d’Archimède, référence en la matière et jamais égalé depuis sa sortie en 1985.
Mention spéciale pour l’apparition du groupe décalé La chanson du dimanche, lors de la soirée Hard-Discount, event-bobo du samedi soir dans lequel une superette tient lieu de salle des festivités.


























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